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Presstalis, le gouffre s’ouvre sous les pieds de François Hollande

Le 14 mai 2012, Old fashion media

La prise de fonction du président François Hollande est très attendue par Presstalis et les éditeurs de presse. En jeu, un vaste plan de ...

Acta : la Commission à l’abordage des pirates

Le 24 Mars 2010 dans Web 1,2,3 par Sylvain Lapoix

En pleines négociations sur l’Acta, la formule liant « contrefaçon » et « piratage », initiée par la Commission européenne, tend à s’imposer dans les institutions européennes jusqu’au Parlement, par le rapport de l’eurodéputée sarkozyste Marielle Gallo. Dans un flou sémantique et légal complet, et sans preuve de l’impact économique du piratage, conservateurs et autorités européennes tentent d’intégrer la répression du téléchargement de fichiers dans la lutte contre la fraude.

Peut-être que des sommets du Berlaymont, où siège la commission européenne, les experts voient battre le pavillon noir des pilleurs de caravelle. Peut-être. Mais de la terre ferme et du web, où le droit maritime ne fait pas loi, la piraterie, légalement, n’existe pas.

Pourtant, face à la foule réunie à Bruxelles pour la première réunion publique d’information sur les négociations Acta, le mot était partout, mortel, infamant, dans la bouche de Luc-Pierre Devigne, membre de la direction générale du commerce, négociateur pour la Commission dans ces discussions internationales. Le Français a rappelé l’hécatombe des « 1,2 millions de chômeurs en Europe à l’horizon 2012 » que causerait l’inaction face à la piraterie numérique, chiffre tiréd’une étude douteuse du cabinet Tera pour la Chambre internationale de commerce.

Le duo contrefaçon-piratage s’impose... sans que la commission ne définisse le piratage !

Mais le plus douteux était l’usage systématique, systémique des termes « contrefaçon » et « piraterie » en duo. L’industrie européenne perdrait 250 milliards d’euros par an du fait des « counterfeiting and piracy ». Aucune ligne de démarcation entre les deux pratiques, assimilées à un seul acte par ce « and », laissant imaginer que faussaires et pirates sont les mêmes et méritent, à ce titre, les mêmes peines. Une position totalement cohérente puisqu’elle émane directement de la Commission et est désormais relayée jusqu’au Parlement européen par une eurodéputée.

Le 11 septembre 2009,la Commission européenne émettait une communication intitulée : « Renforcer l’application des droits de propriété intellectuelle sur le marché intérieur ». Bien que ne citant comme référence fiable que « les retenues douanières annuelles aux frontières de l’UE », la Commission y lie « contrefaçon et piratage » comme des faits inséparables portant atteinte à l’économie de l’Union (sans rien pouvoir définir ou chiffrer de la réalité du piratage). Répondant à cette communication, après le Conseil de l’UE, l’eurodéputée française PPE Marielle Gallo s’est emparé d’un rapport d’initiative portant sur le sujet. Présenté hier en commission justice (JURI),le texte est un vif plaidoyer contre les menaces de la contrefaçon... et du piratage !

« On ne peut pas laisser l’un sans l’autre », a argumenté la rapporteuse. Bien qu’elle s’était défendue de « vouloir imposer la riposte graduée », Marielle Gallo a ressorti la même panoplie que Pierre-Luc Devigne. Les « millions d’emplois menacés » du rapport Tera hantaient son discours, qui répartissait les amendements en trois catégories : les acceptables, « ceux où nous trouverons un compromis » et les « inadmissibles ». Dans le troisième cas, principalement, toutes les propositions (notamment issues des groupes Verts et libéraux) d’ôter le terme « piratage ». « Nous avons parfois proposé de le remplacer par « défense de la propriété intellectuelle, explique un assistant de Françoise Castex, socialiste engagée dans la transparence des négociations Acta. Ailleurs, nous avons demandé de le retirer purement et simplement ! » Dans les deux cas, non-lieu pour Marielle Gallo : le débat continuera le 19 avril à Strasbourg.

Liste UMP d’Île-de-France

Au delà de la controverse sémantique se dessinent les contours d’une intention bien précise, exposée presque nue dans la proposition de rapport de l’eurodéputé Gallo (point G) : combler les « lacunes [qui] persistent en ce qui concerne la lutte contre le piratage sur internet. » Le chemin législatif emprunté par ce mot de piratage relève lui-même de la plus grande cohérence stratégique : partant de la commission marché intérieure, il a reçu une réponse enthousiaste du Conseil (déjà acquis à sa cause) avant de stationner entre les mains bienveillantes de Marielle Gallo, membre du Parti populaire européen mais surtout parvenue sur la liste UMP d’Île-de-Francepar la seule intervention de Nicolas Sarkozy, VRP de la Hadopi en Europe. Une fois le débat clôt au printemps, le texte reposera l’été avant d’être saisi à la rentrée par la commission Marché intérieur. Commission présidée par Michel Barnier lui-même, premier de la liste de Marielle Gallo aux élections européennes de 2009.

Mais face à cette mécanique, le traité de Lisbonne donne désormais des outils d’obstruction : si la négociation venait à ne pas aboutir, la procédure voudrait qu’un contre-rapport soit avancé par les socialistes ou les écologistes. Si Marielle Gallo a trouvé dans la britannique Arlene McCarthy une alliée fidèle à gauche, la petite campagnedes quatre parlementaires auteurs d’une déclaration pour la transparence sur Acta, et celle des députés Verts soucieux des libertés numériques risquent plutôt de faire pencher la balance vers une autre impasse : un texte repoussant toute mention de cette piraterie mortifère inacceptable en l’état par les conservateurs. Loin de résoudre les débats internes au Parlement européen, le rapport Gallo ouvre donc un autre front entre ceux qui veulent se défendre un délit qui n’existe pas et ceux qui craignent la mise en place d’une répression du téléchargement dont ils ignorent la forme.

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5 Commentaires

  1. Sand le 24 mars 2010

    Marielle Gallo est l’épouse de Max n’es-ce pas ?

    Je trouve que ce n’est pas si bête que d’associer la loi sur la contre-façon à la piraterie pour tenter une approche moins barbare dans l’intention d’étudier un système jurice-prudence.

    Je n’ai pas cliquer sur vos liens car il y en a beaucoup et je ne sais pas lequel m’interresse le plus, j’y reviendrai !

    On ne peut pas, je crois, déterminer vraiment où commence la piraterie, c’est là où la complexité du sujet prend sa source ( l’oeuf ou la poule ???!!!), mais, par contre, on peut déterminer la fin, ce qu’on fait d’un vol, je pense que c’est là où c’est condamnable, lorsqu’on fait du commerce de quelque chose qui ne nous appartient pas : la contre-façon donc ! Lorsque qu’un bien immatèriel comme le numérique se transforme en matière "première" puis se produit et se distribue sans aucune taxe ou redevance à son créateur numérique d’origine.



  2.  le 24 mars 2010

    ils n’ont qu’a respecter les lois du marché, l’offre et la demande, plutot que de gaspiller le fric du contribuable dans de ces vastes conneries de lobbyistes a 2 balles.

    nous payons pour nous tirer une balle dans le pied uniquement pour satisfaire l’incompétence et l’autisme de manager du dimanche.

    l’argument du chomage dans un contexte de crise est enorme de ridicule, les secteurs de l’economie bien plus en difficultés eux ne mérite pas autant d’attention.

    l’obscénité de cette industrie n’a pas de limite, la monstruosité des politiciens collabos non plus d’ailleurs.



  3. Messaline  le 25 mars 2010

    Curieuse évolution de la sémantique ...Au départ il y a ,et les textes européens les plus réçents sont dans ce sens ,une propriété intellectuelle laquelle recouvre aussi bien le droit des marques que la propriété littéraire et artistique ;la violation de l’ensemble de ses droits se nomme contrefaçon .S’agissant de sous qualifier la contrefaçon des bien culturels par la voie numérique dans l’optique de suggérer un sous traitement de celle ci ,on la qualifiera de "piratage" ...parce peut être un pirate quand il a les traits de J Deep fait plus sympathique qu’un faussaire ....Un parti se constitue sous ce label pour mieux marquer soit disant la différence entre les deux domaines.Désormais, et par un curieux revirement, ceux là même qui prônent cette dualité de traitement ,et en fait l’explosion du concept de propriété intellectuelle ,souhaitent faire supprimer toute référence au terme piratage .La conséquence ,elle ,c’est que tout ceci se nomme juridiquement contrefaçon et pour les 27 Etats de l’UE et n’a jamais cessé de constituer une atteinte à la propriété intelectuelle qu’il est urgent et responsable pour les Etats partis à ACTA de traiter .Bravo à Madame Gallo ,il faut du courage pour se frotter à ce dossier dans un tel contexte où la désinformation brillament orchestrée par la quadrature (non les sanctions pénales ne sont pas envisagées dans ACTA autrement que sous l’angle de la sitgmatisation des contrefaçons en réseau !!) est pour l’heure la seule voix qui fait bruit sur le net !



  4.  le 25 mars 2010

    ACTA veut la mort du web 2.0, le web participatif, on le sait de source sur maintenant il est nécessaire de lutter contre ce texte liberticide et tous les textes qui essaieraient de contourner le débat démocratique tel que le rapport Gallo ou IPRED 2.

    Ces textes se servent de chiffres inventés par des lobbies pour exiger des lois de plus en plus liberticide. Tout en essayant d’entretenir une désinformation en mêlant pell-mell contrefaçon, vol et piratage alors que les Internautes ne font que partager, acte aussi nuisible qu’allumer plusieurs bougies avec une première bougie (personne n’a jamais pensé a appeler les dites flammes de contrefaçon) et qui en plus aurait des effet plus que positif non seulement sur l’économie des industries des loisirs mais sur l’économie en général, de nombreuses études INDÉPENDANTE le prouve régulièrement.

    Merci à la Quadrature du Net (je regrette pas mes dons) de défendre nos Libertés contre les censeurs et défendre la verité contre les lobbies et leurs agents haut-placés.



  5. KK le 2 août 2010

    Très intéressant.

    Sinon j ai vu une bande dessinée qui touche un peu à ce sujet.

    http://www.hardabud.com/alabordage



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