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Deezer, ou les raisons d’un beau gâchis

Avec le limogeage de Jonathan Benassaya à la tête de Deezer, le rêve de voir émerger un champion du streaming en France s’envole, et avec lui celui de transformer l’essai du succès d’estime incontestable remporté l’an dernier par les acteurs de ce marché, par manque de vision et d’investissement, dans le marketing et l’innovation logicielle.


La nouvelle avait de quoi surprendre. Un confidentiel d’Electronlibre annonçait vendredi, à la veille de l’ouverture du Midemnet, le limogeage de Jonathan Benassaya à la tête de Deezer, fleuron de l’industrie du streaming en France. Un communiqué de presse sibyllin tentait de démentir l’information dans l’après-midi mais ne parvenait pas vraiment à lever le doute.


En fin de journée, Electronlibre, sûr de son fait, enfonçait le clou sur la foi d’autres sources, évoquant la déception des actionnaires de Deezer devant l’échec du lancement de la formule payante du service. Parmi eux, Xavier Niel, fondateur de Free, n’aurait pas été le dernier à pousser Jonathan Benassaya vers la sortie.


Dès le lendemain matin, la question était sur toutes les lèvres aux abords de l’auditorium Debussy du Palais des Festivals à Cannes. Le charismatique PDG de Deezer, dont le nom figurait en bonne place sur le programme officiel, honorerait-il de sa présence le panel de 14h30 consacré aux relations commerciales entre labels et plateformes de streaming, aux côtés de Steve Purdham, PDG de We7, de Paul Brown, responsable des partenariats stratégiques de Spotify, de deux responsables du digital chez Sony Music et Warner Music aux États-Unis, et d’un représentant de Beggars Group ?


Une source proche de Deezer, jointe par téléphone, confirmait encore son arrivée à Cannes le matin même. Mais le moment venu, le suspense fut de courte durée. Les participants au panel de 14h30 n’avaient pas encore tous pris place autour du modérateur Paul Brindley, directeur général de Music Ally, que ceux qui guettaient encore son arrivée sur le plateau se rendaient à l’évidence. Jonathan Benassaya ne viendrait pas. Son nom ne figurait même plus sur la liste des « panélistes » qui s’affichait sur l’écran géant de l’auditorium. Sans plus d’explications, le Midemnet entérinait son limogeage à la tête de Deezer, en même temps qu’il l’officialisait.


Les raisons d’un échec

Ce n’était plus vraiment une surprise pour grand monde. Déjà en fin de matinée, quelques langues se déliaient dans l’ambiance feutrée de la salle de presse, que très peu de journalistes, à la grande surprise des habitués, arpentaient déjà. Les prévisionnels soumis aux actionnaires, lors de la deuxième levée de fonds de 6,5 millions d’euros réalisée par Deezer en octobre 2009, leur auraient fait miroiter un taux de conversion en abonnés payant bien plus élevé que celui qu’a connu la formule Premium du service, selon un acteur du marché français manifestement dans la confidence.


Près de trois mois après le lancement de son offre Premium, Deezer n’avait en effet recruté que 10 000 abonnés à son offre payante et 4000 souscripteurs à sa formule de streaming en qualité hi-fi sur le PC, a révélé Electronlibre. Un résultat d’autant plus décevant qu’au mois de novembre dernier, le site engrangeait 400 nouveaux abonnés par jour. Mais ce démarrage prometteur ne fut pas suivi du succès qu’il laissait escompter. Et au rythme où allaient les choses, l’objectif de Jonathan Benassaya de recruter 100 000 abonnés avant fin la 2010 n’avait aucune chance d’être atteint.


Sur les raisons de cet échec, les commentaires allaient bon train dans les couloirs du Midemnet. S’il avait dû en faire état lors du panel auquel il devait participer, Jonathan Benassaya aurait certainement douché froid l’auditoire de l’auditorium Debussy : marketing inexistant, expérience utilisateur décevante, lourdeur de la technologie Flash et de l’interface Web, et très faible valeur ajoutée de ses formules payantes, surtout face à un concurrent comme Spotify.


L’avenir du streaming ne passe manifestement pas par le Web 2.0 mais, au contraire, par la fourniture d’un juke-box logiciel léger, puissant et ergonomique. Apple a déjà montré la voix avec iTunes. Spotify ne fait que confirmer cette tendance de fond. Jonathan Benassaya ne pouvait pas ne pas l’avoir perçu. Mais avait-il seulement les moyens de changer de stratégie ? La réponse est non.


Comment, en effet, consacrer des ressources financières importantes à du développement logiciel, seul vrai levier de création de valeur dans cette industrie du streaming, et au marketing d’offres Premium plus en phase avec les vraies attentes des consommateurs, quand l’essentiel des fonds levés sert à payer des avances sur royautés sans commune mesure avec la réalité du marché aux majors du disque ?


La question aurait valu d’être posée lors du panel du Midemnet consacré aux relations commerciales entre labels et plateformes de streaming. Au moins n’aurions-nous pas eu à essuyer une nouvelle fois ce sabir marketing consensuel, désincarné et sans saveur qui devient trop souvent le lot commun de certains panels. Le caractère démesuré des exigences des majors, déconnectées des réalités du marché, de ses besoins et de ses attentes les plus fortes, aurait dû venir nourrir la polémique.


Un manque de vision et de discernement

Aux États-Unis, la stratégie commerciale des majors a conduit Imeem et iLike au bord de la faillite. En France, elle aura largement participé à compromettre l’avenir de Deezer. Le site représentait jusqu’à aujourd’hui la plus grande part de l’audience et des revenus générés par le streaming, quand la montée en puissance de Spotify, incontestable, se traduit pour l’instant par un niveau de rémunération des acteurs de la filière extrêmement faible ; très inférieur, en tout cas, sauf peut-être pour les majors, à celui constaté pour Deezer.


Le rêve de voir émerger un champion français du streaming est venu s’échouer hier matin sur la Croisette. Jonathan Benassaya, qui avait sans conteste les qualités pour l’incarner, a été privé des moyens de ses ambitions. A cause de la frilosité de certains, de leur manque de vision et de discernement, et probablement aussi, de leur avidité et de leur empressement à capter toute la valeur d’une bulle qui n’aura même pas eu le temps d’éclater, tout juste celui de se dégonfler, dans une indifférence presque générale.


Finalement, Spotify a eu bien raison de donner la priorité à l’innovation logicielle avant de lancer son service, quand d’autres s’évertuaient à mettre la charrue avant les bœufs. Le buzz marketing qui en a découlé l’illustre à merveille. La langue pendue des américains qui n’en peuvent plus d’attendre son arrivée sur leur territoire aussi. « Nous sommes encore parmi les pays les plus pauvres », s’en est ému Ted Cohen hier matin dans son keynote d’ouverture du Midemnet.


La start-up suédoise, qui s’apprêterait à lever 100 M€ en Asie, selon des sources bien informées, se tourne désormais vers les marchés émergents. Demain encore, c’est probablement à l’Est que se lèvera le soleil. A l’Ouest, rien de nouveau. Nous n’avons pas encore fini d’en payer le prix.


32 Commentaires. Ajoutez le votre +

Sand 24 janvier 2010

J’étais une adepte de Deezer quand c’était gratuit et que je pouvais faire tout ce que je voulais sans difficultés. C’était beau, rapide et en + " deezer " me plaisait bien car désert s’associait bien avec mon pseudo Sand et mon blog, tout collait pile poil, le nirvana !



Et pof, tout a changé ! Les boules avant même que je puisse mettre un prénom et un nom sur ce que j’avais aimé dans Deezer, une personne physique !



Je m’explique, sur iTunes par exemple, on sait que c’est Apple, on sait que c’est Steve, on sait que c’est une pomme, on s’attache, on, donc, si on aime, devient fidèle, adepte, on poursuit, car, il y a un lien entre la réalité et la musique.



Vous comprenez ce que j’essaie d’expliquer même si je n’y comprends pas grand chose ?



On ne peut pas passer de la gratuité à du payant si aucune personne physique ne s’identifie derrière, je pense qu’elle est là l’erreur de deezer !
Si au départ, celui qui représente l’Homme d’action, le patron, ne se fidélise pas physiquement sur son projet numérique, comment voulez-vous que le client le fasse si il ne montre pas l’exemple d’investissement par son image et son nom et prénom au départ ? ça ne tient pas la route, c’est du genre le film Telma et Louise, mer ou montagne, tout ça au gré du vent ! Et le vent, si personne ne mène la barque, et bien ce n’est que du vent.

Sylvain 24 janvier 2010

J’crois que je voyais juste quand je disais il y a un an "“Spotify m’a tuer” (Jonathan Benassaya, Deezer, dans quelques mois)". Au-delà de ça, blamer les majors est oublier que ces services les draguent (en disant qu’ils vont les sauver), parce que tout simplement ils ne peuvent (veulent ?) pas vivre sans eux. Dès lors, je suis une major, je n’ai pas de raison d’avoir un attachement à un service particulier, et j’en profite sur chacun d’entre eux. Il n’y a pas d’illusion à se faire, les actionnaires qui mettent de l’argent dans une start-up liée à la musique ont quasiment aucune chance de rentrer dans leurs frais, d’autant quand c’est sur un bien largement disponible comme le catalogue des majors. Last.FM est l’exception qui confirme la règle.

Rififi. 24 janvier 2010

http://www.demonoid.com/ en accès libre !



Du développement logiciel en France ? Davsi, Hodapi, loppsi…



Et quoi d’autres ? Dead zone ? Affirmatif.



Love on the bits !!!



Rififi

Sand 24 janvier 2010

@Sylvain : Bonjour !



T’es qui ? T’es où ? T’écris ? Tu blogues ?



Je veux bien ta photo :) !



Je veux bien ton adresse, si toutefois elle te représente, toi, et ce que tu écris, en image, en mots, en photos, en pensées :) !



Ce n’est pas trop demandé... !?!!!!



Parce que sinon, et bien ça ne me fait ni chaud ni froid, et loin de moi l’aspect " d’attachement " mais effectivement, la liberté, le choix de m’y attacher si ça me dit !



NUANCE.

Sand 24 janvier 2010

Quand je lis rififi, je pense à un artiste, une chanson, un label " tôt ou tard ", je pense...



J’aime penser aux autres, j’aime me servir de moi pour penser aux autres, en vérité, moi, j’ai fini par m’en foutre, ce que je veux dire, ce que je constate, c’est toujours cette séparation entre " le " riche et " le " pauvre, Majors et les " autres ".



Personnellement, tous ces gens sont égaux face à moi, avec des préférences, pour les uns, pour les autres, en ce qui me concerne, c’est très souvent l’intelligence qui fait le reste...et qui m’anime et fait que j’oublie de m’en foutre de moi et d’y penser un peu ( plaisir, bonheur ).



Mais il y a une chose qui ne change jamais, lorsque me vient le désir d’aider ( plaisir bonheur ) , je le fais autant avec un riche qu’avec un pauvre : j’aime les deux aspects " humains " de " la " chose.



Les souffrances, les difficultés, sont incomparables : on ne peut pas mesurer ou dire que l’un mérite mieux que l’autre, seul l’individu lui-même peut évaluer où il en est et vers où il doit aller pour mieux faire, mieux se relever, mais sans jamais oublier les considérations et les mots des autres pour lui servir, et ainsi de suite !



Et voir des mirages au milieu du désert, ça n’a rien de religieux ou quoi que se soit d’autres, c’est Humain, comme les erreurs, les illusions sont aussi objets d’expèriences à tirer pour puiser vers l’oasis... !Tôt, ou tard ;) !

Sand 24 janvier 2010

Bon, je continue, puisque je suis " con ", en partant donc de là, en simple ménagère de la quarantaine :



Ca me saoule ces inscriptions pour acheter la musique à 9,99.. par mois, spofity, etc..., moi ce que je préfèrerai, c’est rajouter sur mon prélèvement bancaire ADSL SFR au 39,99... même 15 euros de + par mois et que SFR se démerde pour ventiler le reste. Voilà ce que je préfèrerai, que celui qui offre l’accés au net s’occupe de tout.

Alex 24 janvier 2010

Je serais bien triste que cette belle histoire entrepreneuriale française s’arrête si brusquement pour Jonathan et pour l’entreprise.



J’ai eu une position privilégiée qui m’a permis durant quelques mois d’observer la stratégie de Deezer et le déploiement de leur offre premium.



S’il est certain que l’entreprise n’a pas fait les bons choix et ne s’est pas bien entourée pour faire de cette offre un succès commercial, je suis totalement d’accord avec votre analyse et les rôles de fossoyeurs tenus par Universal, EMI, Sony, Warner et les autres.



Allez merci Pascal, continuez comme ça on est sur la bonne voie pour fermer toutes les taules et la votre pour finir.

julien 24 janvier 2010

Bravo pour votre article, très clairvoyant quant à la politique de l’autruche poursuivit par l’industrie du disque depuis 10 ans.
Car une fois qu’elles auront fini de saigner les acteurs du streaming sans vouloir tenir compte de l’évolution du monde autour d’elles, à qui ces majors vont-elles demander de l’argent ?



A la réflexion, j’ai l’impression que le rapport Zelnik est à cet égard visionnaire : pourquoi ne pas demander aux contribuables et aux "régies publicitaires américaines" de payer pour leur absence de vision ? cela n’a pas l’air de déranger notre gouvernement en tout cas.



"jusqu’ici tout va bien" comme disait l’autre..

Eban 24 janvier 2010

@Sand : "moi ce que je préfèrerai, c’est rajouter sur mon prélèvement bancaire ADSL SFR au 39,99... même 15 euros de + par mois "



C’est ce que toi tu préférerais, mais pas la majorité des gens, surtout quand il n’y a pas papa/maman derrière pour payer la facture. Personnellement je préfère avoir la liberté, comme pour Spotify par exemple de prendre un compte premium sur un mois, le résilier si je sais que le mois d’après je n’aurais pas 10€ à mettre pour de la musique. Ca donne une plus grande liberté.



Pour Deezer (copié collé de mon commentaire dans l’article d’il y a 2 jours) :
Deezer a commencé dans l’illégalité, avant de se faire appeler Deezer, et personnellement je n’ai jamais aimé ce service, que se soit la version légale ou illégale, même si j’ai presque envie de dire que la version illégale était plus pratique. Mais Deezer c’est une usine à publicité, yen a partout, le site est mal foutu, bordélique, les titres pas forcément en bonne qualité, 3 titres d’un album par ci, 2 par là, ça fait longtemps que je dis que le site fermera s’il reste comme il est actuellement.
Au contraire de Spotify qui a su être ingénieux, s’inspirer fortement de l’interface iTunes qui est LA plateforme qui vend le plus de musiques dans le monde, avoir un catalogue énormément fourni, se lancer en béta pour régler les différents problèmes avant d’ouvrir pour tout le monde, sortir une option premium qui permet et une qualité d’écoute excellente, possibilité d’écouter les albums en hors ligne, une application iPhone, Android dignee de ce nom ...



C’est con pour les personnes employées par Deezer mais pour autant je ne regretterait pas ce site s’il doit fermer ....

 24 janvier 2010

Je pense que Deezer est plus victime de la mauvaise conception de son logiciel et de sa politique publicitaire que des majors. J’ai été abonné aux deux, et il n’y a pas photo.



Le site de Deezer est lourd et moche, et ils m’ont spammé pendant des mois avant que j’arrive à me désinscrire.



Inversement l’appli de Spotify, même si elle est loin d’être parfaitement satisfaisante, est beaucoup plus légère et souple. Et je n’ai jamais reçu un mail de leur part.



Bref, vraiment pas photo...

 24 janvier 2010

@Eban :



Oui Eban, je comprends ton fonctionnement en ce qui concerne la gestion de ton argent et comment tu l’adaptes à ton plaisir. Et c’est certain que lorsqu’on commente sous la forme de "préférences", comme le mot l’indique, ce sont les miennes !



Pourquoi ne m’abordes-tu pas directement avec une question d’intérêt général puisque c’est bien ça qui te chiffonnes finalement dans ce que je préfèrerai plutôt que de sous-entendre des milliers de questions qui n’auront de réponses que de tourner en rond entre ton égo et le mien s’étalant sur des lignes et des lignes sur un terrain vague qui ne sera à la fin du compte utile à personne ?



Ce que je vois c’est la chute de Deezer ou presque d’après ce que j’ai compris, mais ce que je vois au delà de ça, c’est la chute de ce concept dans sa globalité avec les " spofity " ou les autres qui feront mieux au niveau présenta tion ou tout ce que vous voulez d’autres : voir plus loin !



Donc, de part mon point de vue " large ", je fais machine arrière ( avec mon paiement en + sur l’ADSL ) pour ne pas non plus perdre ou pénaliser les gens qui croient encore, qui bossent sur tous ces sites ( mais qui pour moi n’est pas le bon concept mais que je respecte quand même car après "moi" qui ne suis qu’une simple mortelle, y en a d’autres ! ), pour penser aussi à tous les artistes et leur rémunération.



En ce qui concerne mon budget ( je suis orpheline ! ), ma liberté et comment je la mène, je peux te dire que c’est le plus souvent quand elle se place en état de survie qu’elle est le plus productive et qu’elle s’élargit jusqu’à la plus profonde des gestions qu’elle est capable de libérer outre mesure !



Ce n’est pas une question de 10 euros, déjà, il suffit de brancher ta radio et la musique est là.



Mais, si jamais tu es dans la mouise, et que la banque n’honore pas ton prélèvement " imposée " pour l’accés au net, le net ne s’arrète pas de suite, tu économises le rejet global, bien plus que 10 euros, mais surtout, tu te prends un shoot avec des agios par la banque, ça te réveille ( ta liberté ) et là, après la "petite chute ", la " petite mort ", tu ressources ta réflexion, tes préférences, tu retrouves des valeurs, les tiennes, et tu vois devant, beaucoup plus clairement que de l’à peu prés pour un petit 10 euros en ne pensant qu’à toi au coup par coup sans te préoccuper de tout ce qui se passe derrière, avant, dessus, dessous, le bout de ton nez !

Rififi 24 janvier 2010

@Sand



Nous apprenons tous de se connaître à travers l’autre, et personne ne te traite de "con”.



@tous



Le sujet "Deezer” ou "Dead zone”, aux choix, ne surprend personne dans le contexte actuel. Jamendo a aussi ses problèmes.



Indés et majors sont-ils des acteurs des réseaux ?



- Non.



Ont-ils une quelconque légitimité sur le fonctionnement des réseaux ?



- Non



Doivent-ils s’adapter ?



- Oui



Quelqu’un les empêche ?



- Non



Leurs plus gros problèmes et ils ne sont hélas pas les seuls dans ce cas, c’est de ne pas comprendre (ou accepter) l’évolution et la philosophie des réseaux.



Cela fait plus de 15 ans, que j’explique à qui veut bien entendre (mais beaucoup trop d’acteurs, de préjuger et de sourds dans cette profession) qu’il est incontournable de revoir le droit d’auteur, de repenser offres, services, valeurs ajoutées…



Dadvsi n’a servi qu’à une seule chose : conforter les Sacem, majors et consorts que les gouvernements régleraient leurs petits soucis.
Résultats : Ils n’ont aucunement investi les réseaux que pour se faire détester.



Faut dire que leurs pratiques sont haïssables. Ce sont eux qui brident les artistes, et encore nous ne savons pas tout…



Le MP3 n’est en rien concurrent aux CD. La copie privée (et même publique) existe et existera quoiqu’il advienne. Le P2P est un formidable vecteur de diffusion. La propriété intellectuelle est depuis toujours virtuelle.…,…,…



Arts, techniques, argents sont, et depuis toujours, liés.



L’informatique fait parti de la palette d’outils d’un artiste contemporains.



Et puis, il y a les autres, ceux qui courent derrière, qui copient, qui pataugent.



Vous souhaitez rendre service à l’Art et aux artistes ? Téléchargez, partagez, je vous assure que les retombées leur seront plus que profitables.



N’écoutez plus ces escrocs à la petite semaine vous polluer la vie.



L’heure est venue de faire des choix et de déclarer une guerre ouverte à tous ceux qui s’opposent à la libre expression, la neutralité du net, condition première pour protéger vos artistes, donc votre propre condition humaine si vous y réfléchissez.



Mais attention, neutralité du net ce n’est pas politique, économique, c’est philosophique et technique.



Ne demandez pas à des "Has Been” des réseaux de légiférer sur son fonctionnement. Hodapi est pitoyable de bêtises tellement énormes qu’ils ne s’en rendent même plus compte les pauvres !



Et la Loppsi arrive déjà avec la même approche stupide. Et ils sont fiers ! Ils sont contents ! Leur nullité n’a pas d’égale, ils sont les premiers des derniers vendus et ça leurs va comme un gant sur une chaussure ! la classe…



N’inversons plus les rôles, c’est un peu trop facile. Pirates, terroristes, pédophiles et demain ?



Transformer la Planète en prison ???? ça l’est déjà, non ?

Pierre Col - Kizz TV 24 janvier 2010

Oui, les majors ne peuvent pas faire supporter intégralement aux start-up Internet le risque financier lié à la recherche de nouveaux business models, en continuant à engranger quoi qu’il arrive de grosses avances.



Mais Spotify comme Deezer démontrent que le freemium ne marche pas pour la musique, avec un taux de conversion gratuit -> payant bien trop faible pour pérenniser ces services.

Alex 24 janvier 2010

Le freemium pourrait fonctionner si les exigences des majors n’étaient pas sans commune mesure avec les réalité : tickets d’entrée pharaonique et minimum garantis titanesque pour faire survivre ces dinosaures qui nous abreuvent de merde du lundi au dimanche par tous les canaux et media possibles

 24 janvier 2010

@Rififi, merci.

Seb Ottokar 25 janvier 2010

Bonjour a tous !
Je comprends vos points de vue sur l’evolution du marché de la musique et du streaming...mais tout ceci est quand même basé sur une volonté de pouvoir créer sa propre radio, on en est le programmateur et pour 10€ euros par mois on écoutes ce qu’on veut ok....pour developer cela il faut énormément d’argent donc toutes ces structures sont financées par de plus grosses qui diffusent, produisent, engrangent les benefices, et prétendent reverser equitablement aux artistes oui peut etre...mais ceux diffusés par eux même !! quid des labels indépendants qui ne veulent pas se compromettre avec ces majors et leurs réseaux de distribution. Comment dans le futur les artistes indé dont les idées valent a être entendu, se feront une place dans cette jungle ou personne ne veut plus payer + de 10 euros pour écouter "sa" musique pendant un mois....Alors que beaucoup de radio fm et numériquee font déjà gratuitement ;) !!.....a méditer.



En tant que religieux sonique pratiquant ;) je voudrais lancer un autre débat qui se rattache a celui ci : quid de la qualité du son !!! A l’heure du hdmi ou tout le monde en veut toujours plus, plus beau plus précis, on écoute la musique comme si on regardait un tableau 2x2m a travers un cadre de 1x1m : le mp3 n’est pas du wav !!!!



L’ouie serait plus indulgente que la vue ....bien au contraire, et maintenant que les débits le permettent, que les acteurs diffusent en format non compressé !! Pas de grande différence si écouté sur son téléphone mais pourquoi priver le monde de fréquences, le son est très important dans notre vie alors éduquons et entretenons ce sens trop souvent négligé...Je suis musicien électronique indépendant et organisateur ,après 10ans de salariat dans limprimerie je me lance on verra. Tout ce que j’ai produit est sorti sous license libre de manière indépendante mais pour faire cela j’ai du emprunter 25000€ a une banque que je rembourse encore, j’achete les morceaux que je joue en temps que dj en wav et ne joue que les morceaux achetés la plupart du temps directement sur les sites des labels quand c’est possible... Et je crois que l’avenir et là et en tout cas qu’il sera plus respectueux envers tous les acteurs : au lieu de vouloir centraliser la musique pour faciliter son accès, cliquons directement sur les pages des artistes qui stream souvent leurs prods et nos clique leur donneront une plus grande visibilité sur le marché...merci a tous.... Sebastien 
www.myspace.com/djottokar
Tweeter ID : djottokar www.wuala.com/ottokar
Peace !!

fabien 25 janvier 2010

asphyxie des pur player par les producteurs (majors), pourquoi ? Laisser le public s’habituer à se servir de ces nouveaux outils/services/modèles économiques, pour ensuite sortir le leur (et donc sans avances sur royautés) ?



Limogeage de Jonathan Benassaya, pourquoi ? Faire dire que la licence légale sur le streaming est inévitable ?

 25 janvier 2010

Merci pour cet article. Mais qu’est-ce qui vous dit que Spotify va gagner ?



J’ai lu quelque part que le taux de conversion : utilisateur gratuit / abonné payant chez Spotify était aussi très faible et très en deçà des attentes du management. Je ne crois pas que la chute de Deezer tienne à la seule problématique ’Flash’ mais à la petite taille du marché du jukebox payant.

jmax 25 janvier 2010

j’ai voulu essayer spotifiy mais désolé ni windows, ni mac donc terminé. Dommage qu’ils ne soinet pas foutus de faire tourner leur truc dans un navigateur. Il va encore falloir que Google s’occupe du problème et fasse un truc qui enterre tout le monde

Sand 25 janvier 2010

@Seb !
Bonjour !
J’irai cliquer et " voir " ta musique plus tard :)) pour ne pas être influencée par le son et rester donc sur le plan " commentaire ", histoire de faire un échange équitable, car, l’oreille est bien plus puissante sur la balance côté fréquence !



D’après ce que ton expèrience révèle ici, ce que j’en déduis c’est que c’est une histoire de publicité voilà tout.



Alors voilà ce que je ferai si j’étais une musicienne après avoir emprunté de l’argent, j’irai directe m’entretenir avec une Agence de Pub.



Je créerai des affiches avec eux, irai ensuite me choisir une marque de fringues que j’aime pour un sponsor et placarder mes affiches dans leur magasin en échanges je porterai donc leur marque par exemple, etc, etc, blablabla. J’irai ensuite faire des annonces radio dans les grands magasins de temps en temps avec bien évidemment toujours mon site web bien en vue, je mettrai des affiches dans des restos, en échanges j’irai bouffer chez eux, etc, blablabla, en bref, je ferai une démarche commerciale accompagnée par mon Agence de Pub pendant au moins un an, et ensuite : CONCERT, un méga concert là où il faut.



Et ensuite, je verrai voir venir :) !

Paul 25 janvier 2010

On est vraiment dans la m* !rde, en france...



Deezer est (simple avis par contre) le site le plus en avance sur le plan d’un compromis technologie/design (même si flash, pense pas que ce soit un pb), bref, un bon ensemble, très bien fait ; simplement le mieux fait, je ne vois absolument aucun équivalents.



On a même eu droit presque à un webservice (solution juste inexistante sur notre territoire ; restons en aux marques blanches, c’est bien suffisant, pas vrai ? ou honte a moi si je me trompes ; mais non, je vois pas, même pas une tentative hésitante... ah si, orange ? lol).



Bref, une bizarre impression de volonté négative générale ; inquiétante. C’est le genre d’exemple qui me donnes à penser que le web, en france et par rapport aux possibilités qu’il offre, n’est finalement pas le bienvenu.

Paul 25 janvier 2010

Ce commentaire et les avis qualitatifs etant bien sûr à replacer dans un contexte national bien sur.

julien 25 janvier 2010

Le mieux c’est que pascal nègre a renouvelé son mandat à la tête d’universal music france jusqu’en 2011 ou 2012. Son dernier mandat date de sa nomination à la fin des années 90.



Cela veut donc dire que Vivendi est satisfait du travail et de la rentabilité de sa filiale musique depuis plus de 10 ans.



Qu’est-ce qui pousse donc les majors à réclamer toujours plus d’argent à tout le monde alors ?



Sur son maintient je vois deux choses :

- soit Mr Nègre est un excellent gestionnaire

- soit Mr Nègre est un visionnaire sur le futur du marché de la musique.

- soit Mr Nègre est un excellent gestionnaire doublé d’un visionnaire digne des plus grands griots africains.



Je vous laisse choisir..

Sand 25 janvier 2010

Mr Nègre !



Ministre de la Culture, ça vous dit pas ?



Mister France culture, une élection Miss France pour concurrencer qui vous savez, on pourrait gagner gros si ça se joue aux Textos Haut 2 Forme ;) !



Chapeau à tous et salutations distinguées, merci vos infos El !

Rififi 25 janvier 2010

@Julien.



Objectif : Récupérer la poule aux yeux d’or, c’est un pari !



@Paul



Ne désespère pas, nous sommes les générations sacrifiées… plus pour très longtemps !

Sand 25 janvier 2010

@Seb :
Je viens d’aller faire un tour sur ton http://www.myspace.com/djottokar et je viens d’écouter Progress, je trouve que l’intro est trop longue,après c’est bon, mais pour attendre le bon, la progression est trop lente, on a tendance à laisser tomber si on n’est pas curieux ou courageux pour voir plus loin et tu sais, les gens , en général, ils ne sont pas patients, et le but quand on démarre c’est que ce soit au top pour tous..., après, une fois ça fait, tu peux faire tes caprices de stars :) !



Bon, je retourne écouter les autres morceaux !



Après, je te fais de la pub si c’est top !

Sand 25 janvier 2010

@Seb : Ok, j’ai compris !



En fait, à mon goût, je trouve que chacun de tes morceaux est une partie de l’autre, il faut les mettre ensemble.



Par exemple Progress et Loud and Clear ensemble ça irait super bien !



Bye Seb ! Bon courage !



J’espère que tu nous diras le lieu où on peut t’entendre en live dès que tu te sens au top de ta " forme " :) !Je viendrai si ce n’est pas trop loin de chez moi !

Aboulafia 25 janvier 2010

C’est triste que Deezer ferme. je suis abonné à l’offre à 5 euros par mois qui répond parfaitement à mes besoins. je ne comprends pas d’ailleurs pourquoi on ne parle que de l’offre premium à 10 euros ! tout le monde n’a pas un smartphone avec l’abonnement idoine pour écouter la musique en streaming.
Sur l’interface, le mode web est plus léger qu’une application, flexible, rapide, accessible partout, sans avoir à retélécharger et installer en permanence la dernière version du client (plusieurs versions par mois à plusieurs Mo, admin du poste, à faire sur autant de poste qui utilise le service).
Le seul reproche concerne les "radios" et la mise en avant de musique : il faut savoir ce que l’on veut écouter en allant sur le service.



J’ai l’impression que le public est resté sur l’idée de l’ancienne version de Deezer, lourde, et a zappé sur Spotify. Depuis, Deezer avait copié Spotify mais n’avait pas fait beaucoup de pub dessus. Dommage ...

Viviane 25 janvier 2010

J’utilise Spotify depuis plus d’un an, que ce soit sur mon PC (windows) ou mon PC portable (Linux). Deezer, je n’ai jamais aimé, ne pas avoir d’application spécifique m’a posé problème dès le départ. Spotify, je lance l’appli et je l’oublie, je peux fermer mon navigateur, controler l’application via les boutons "multimedia" de mon clavier, etc... A côté, Deezer est tout sauf ergonomique.



Concernant les formules premium, j’avoue ne pas en avoir l’utilité. Je ne suis pas mélomane. Je n’ai pas d’équipement hi-fi justifiant 10€ par mois pour un "son de qualité", la qualité standard me suffit. Il faut dire que la musique je ne "l’écoute pas", elle m’accompagne juste dans mes activités du quotidien. Spotify a remplacé la radio, j’ai une programmation de choix sans les blablas à deux balles des animateurs.



Quant à la pub, elle ne me dérange pas. Surtout qu’elle n’est intrusive qu’en cas d’écoute de nouveaux morceaux. Pour ceux qui, comme moi, écoute souvent la même playlist, la pub est plus discrète.



Alors, au final, pourquoi payer ? Que ce soit la télé ou la radio, le contenu diffusé est gratuit pour l’auditeur via la pub qu’on lui propose. Je ne vois pas pourquoi il devrait en être autrement sur le net. En quoi la pub c’est bien à la télé, à la radio, mais pas sur le net ?

Fabien 25 janvier 2010

Juste deux petits mots :



1/ Benassaya n’a jamais vraiment impliqué les majors du disque dans son entreprise. Elles veulent sa peau depuis le début (contrairement à Spotify).



2/ Spotify est bien à l’Ouest et n’est pas californien. Pas de cocoricco, mais vive l’Europe !



Alors, je repose la question (avec un lien sur mon blog en prime ;o] :



Spotify va-til sauver l’industrie du disque ?

bill 28 janvier 2010

J’aimais bien Deezer d’un point de vue pratique, meme si je ne m’en servais que rarement. Des défauts techniques ici ou là, mais franchement, aucune incidence grave sur le service. Ceci dit..



Le PDG d’une boite, c’est nommé par les actionnaires...
Sur le fond, les actionnaires ont jeté un PdG qui ne leur semblaient pas être capable de ramener un x4 ou x5 sur leur investissement. Rien de si extraordinaire, ce ne sont pas des ONG non plus.



Ils sont cupides, avides, et exigeants. Des actionnaires normaux quoi.



Là où ça sent le roussi pour eux, c’est qu’il semble que de toute manière ce "modèle" soit non rentable puisque dépendant de gens qui n’ont pas Intérêt à le voir se répandre.



Vouloir pactiser avec les majors c’est vraiment mais vraiment un truc qu’il faut faire quand elles sont dos au mur. Pas quand elles sont en position de force. si la redevance de la major ou de la SACEM est exorbitante c’est impossible à tenir. Si pour se développer il faut commencer, en étant petit, par négocier avec des majors , c’est mort d’avance.



Ils sont prêts à détruire les libertés individuelles pour obtenir gain de cause, alors, le sort d’une startup, pensez bien qu’ils s’en fouttent.



En tant que client de Deezer, j’aurai bien payé des morceaux en streaming, mais alors sous certaines conditions :
a) vraiment pas chers (mais vraiment, genre 5 cents le morceau)
b) qualité CD
c) pas de profiling de mes écoutes , et non conservation des données pour les revendre.
d) que 50% du montant aille directement aux ayant droits.



Les conditions n’étaient pas réunies.



Les DRM & le copyright, c’est super, mais ca va faire crever tout. Tant pis. Ca provoque même des lois lobby, (hadopi). On m’aurait dit, à 20 ans, qu’un jour, en France, les industriels légifereraient, qu’on restreindrait ma liberté pour protéger les intérêts financiers privés, j’aurais ris. Aujourd’hui, je suis plutôt fâché ;)



Et être fâché amène à des actions :

- budget CD/DVD divisé par 10.

- certaines marques sont supprimées des achats potentiels (application zelée des protections anti-copie m’empêchant de profiter de choses que j’ACHETE, participation active et importantes pour defendre tel ou tel verrouillage, non application des lois sur la copie privée etc).



j’écoute ce que j’ai, ou je regarde la TV ou la radio, basta.
Avant j’utilisais un peu Deezer pour tester / écouter un morceau à l’avance et surtout pas me planter quand j’allais acheter un CD (avec un budget /10 faut faire gaffe ! :-) ), et aussi pour faire des play lists (pratique pour les soirées). Quand un groupe ou un artiste me plaisait bcp, j’allais acheter son CD.



Attention, uniquement dans la limite du budget drastique, et uniquement Si le groupe/artiste ne défendait pas hadopi. Sinon : rayé de la liste.



Car son fric ne justifie pas la privation de MA liberté, surtout quand je ne l’ai JAMAIS truandé (c’est "guerrier" et des fois douloureux, mais il faut savoir ce qu’on veut). Il est bien beau de parler, agir est plus utile. Avec les taxes sur les supports de stockage, les DRMs, l’interdiction d’étudier des systèmes anti-copie, Hadopi etc, l’industrie de la Musique & les defenseurs de ces mesures se sont faits des amis pour la vie ;-).



Trop prendre les gens pour des idiots ne permet jamais de remporter un grand succès sur le long terme. Et quand bien même, ca ne sera pas avec mon fric.



Ils voulaient faire la guerre aux pirates, c’est sur les gens honnêtes qu’ils envoient leurs bombes. Et moi, je m’assoie au bord de la rivière en attendant de voir leur cadavre passer (proverbe Chinois). Deezer, ou plus précisement, son PdG n’est qu’une victime de Guerre, un soldat de surcroit, ce n’est pas comme le génocide des libertés qu’on a subit, en tant que citoyen, dans cet histoire de musique.

Loïc 29 janvier 2010

Deezer est mort, vive Deezer... heu Spotify plutôt. D’ailleurs je l’essaierai bien, quelqu’un aurait une invit’ ? (il paraîtrait qu’il en faut une)



Loïc :
cleden(arobaz)free.fr


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