Etats généraux de la presse : un mystère présidé par Bernard Spitz ?
Le 27 mai 2008, Nicolas Sarkozy exprimait sa volonté de réunir des Etats généraux de la presse écrite, radio et audiovisuelle pour résoudre les graves problèmes économiques de la presse. Bernard Spitz devrait présider ces Etats généraux dont on sait encore très peu de choses.
Bernard Spitz, est pressenti pour présider les Etats généraux de la presse qui devraient se tenir à l’automne. Une initiative encore très floue dont Nicolas Sarkozy a lancé l’idée lors d’une interview sur RTL le 27 mai dernier. Il a estimé nécessaire de réunir propriétaires et patrons de journaux pour trouver des solutions aux nombreux problèmes économiques de la presse, soulignant notamment les problèmes de distribution et la concurrence d’internet. Nicolas Sarkozy vient donc au chevet de la presse peu de temps après avoir lancé plusieurs attaques à l’encontre des journalistes.
Economie des médias
Bernard Spitz, fondateur des Gracques, groupe de réflexion formé par des intellectuels de gauche et maître des requêtes auprès du Conseil d’Etat, est notamment l’auteur d’un rapport sur Les jeunes et la lecture de la presse quotidienne d’information politique et générale remis en 2004 à Renaud Donnedieu de Vabre, alors ministre de la Culture. Le spécialiste de l’économie des médias suggérait notamment un abonnement gratuit de deux mois aux jeunes de 18 ans pour les intéresser à la lecture des quotidiens.
Mystère
Bernard Spitz devrait donc présider des Etats généraux dont l’organisation reste encore un mystère. Il est trop tôt pour avoir plus de détails, a-t-on pu apprendre auprès du ministère de la Culture. Une mission avait en revanche été confiée à Danièle Giazzi la veille de l’annonce sur RTL. Sur son blog, la secrétaire nationale de l’UMP et conseillère de Paris, déclare qu’elle devra "analyser le défi de la migration vers le numérique des entreprises de médias, et formuler des propositions de mesures d’accompagnement pour faciliter cette mutation. Je recevrai la plupart des grands experts, professionnels et dirigeants de ce secteur afin de formuler des propositions concrètes et d’apporter une solution viable à nos principales entreprises de médias". On ne sait pas encore qui seront ces grands experts, professionnels et dirigeants.
Méfiance et enthousiasme
L’incertitude qui entoure ces Etats généraux n’a pas empêché les patrons de différents quotidiens de réagir avec enthousiasme à l’annonce présidentielle. Ainsi, Laurent Joffrin, directeur de la publication et de la rédaction de Libération et Jean Hornain, directeur général de Aujourd’hui en France/Le Parisien, qui en attend un "véritable électrochoc", révèle CB News. A l’inverse, Denis Jeambar, ex-patron de l’Express, estime dans Libération, "incroyable" que la profession s’en remette au chef de l’Etat "pour régler politiquement un problème économique".
