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Exclusif - Tout sur le véritable feuilleton de l’amendement 138

Depuis les premières ébauches du texte, puis le vote par 88% des députés, jusqu’à la rocambolesque sortie du porte parole de Viviane Reding, voici racontée l’histoire de l’amendement 138. Celui qui fit chanceler la Commission européenne et crier victoire, mais un peu tôt, au député Guy Bono.


Le vote de l’amendement 138 restera dans les annales du Parlement européen comme un exemple de manipulation politique. Un coup, pour tout dire, aux conséquences encore mal perçues mais qui a réveillé tous les vieux démons de l’Internet comme de l’industrie de la musique. Des antagonismes profonds sont apparus au grand jour, opposant les militants auto-proclamés de la défense des libertés aux ayants droits de tous poils, en donnant l’impression de revenir trois ans en arrière, lors du débat à l’Assemblée nationale sur la loi Dadvsi...
Aujourd’hui que la confusion est totale ou presque sur ce dossier, il convient de faire la lumière sur plusieurs points précis. De ceux qui font que l’événement prend une teinte différente selon qu’on est partisan d’un camp ou de l’autre.
En premier lieu, il n’est pas exact de dire que les parlementaires européens ont voté en connaissance de cause l’amendement 138. Les négociations et discussions qui ont eu lieu dans les jours précédant le vote n’ont fait que rendre plus obscurs encore la portée juridique et l’intérêt de ce texte. Ainsi, lorsque le député Guy Bono le présente à la commission Culture des instances européennes, il est rejeté purement et simplement. Opiniâtre, le député dépose néanmoins le texte rédigé avec Daniel Cohn-Bendit (Verts) et un député Tchèque - Zuzana Roithová (PPE) - juste avant la clôture, soit le jeudi 18 septembre.


Volte face de Trautmann

Le texte embarrasse clairement les deux grands partis de l’hémicycle européen, le PPE et le PSE, car il apparaît comme largement hors sujet dans la discussion sur la révision du "Paquet Télécom". Catherine Trautmann, qui est chargée de ce dossier, ne veut pas déborder du cadre fixé, qui n’est pas de légiférer sur les contenus mais seulement sur les tuyaux et les règles de concurrence. Pourtant, après avoir répété plusieurs fois son hostilité à l’amendement 138, et affirmé aux représentants des ayants droits présents à Bruxelles que la position défendue par Guy Bono n’était pas partagée par les autres députés du PSE, Catherine Trautmann fait volte face est admet la recherche d’un compromis sur le texte.
Les tractations vont alors bon train entre les deux partis, via Catherine Trautmann, Guy Bono et Angelika Niebler, une député allemande qui fait le lien avec le PPE dans cette affaire - dans le langage de Bruxelles, elle est rapporteur Shadow. Vient se mêler à la discussion le député PPE français Jacques Toubon, qui défend avec d’autres membres du parti un amendement (le 132) prônant, lui, une coopération entre les prestataires d’accès à Internet et les ayants droits.
La gauche européenne fait savoir très tôt que cette fois, l’amendement Toubon est de trop. Le PSE va jusqu’à menacer de ne pas ratifier le rapport Del Castillo s’il n’est pas retiré. Jacques Toubon obtient 53 co-signataires pour défendre un texte qu’il dit "fondé sur l’idée que le fonctionnement de l’internet doit se faire dans la coopération entre toutes les parties prenantes et non pas dans la guerre entre les uns et les autres. Il avait pour objectif d’inciter les Etats membres à organiser des plateformes de dialogue tel que le Memorandum of understanding britannique". On est loin d’une quelconque escalade dans la répression, comme l’a dénoncée récemment la commissaire Viviane Reding...


Agenda caché du parlement

Les discussions s’intensifient à quelques jours du vote, et notamment lors du week-end précédent. Catherine Trautmann dépense une énergie considérable pour rendre l’amendement 138 acceptable par le PPE. Pour cela, elle répétera à chaque fois aux députés de droite qu’il n’est pas question de trancher la question du piratage mais simplement de faire un rappel aux grands principes européens sur la liberté de l’accès à l’information. Jamais elle n’évoquera devant les députés l’idée qu’il s’agit d’une charge contre la "riposte graduée". Les conséquences de ce texte sur le projet de loi français Internet et Création portent justement sur la mise en place de la riposte graduée. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’amendement est refusé d’emblée par le PPE, puis largement modifié pour qu’il ne prête plus à confusion lors de son application.
La veille du vote, le mardi 23 septembre, Jacques Toubon décide de retirer l’amendement 132 : "Avec mes 53 cosignataires, j’ai retiré l’amendement 132 dans la perspective d’un retrait réciproque des autres amendements sur ce sujet. Mais les auteurs de l’amendement 138 et de l’amendement oral n’ont pas eu la même volonté d’apaisement. Je le regrette", nous précise t-il.
Le jour du vote, le Parlement a un agenda chargé, comme souvent. Le vote concernant la révision du "Paquet Télécom" doit intervenir vers midi. Comme il se doit, la Commission s’exprime alors sur les amendements, et rejette le 138, ce qu’indique le procès verbal. Dans le même temps, Angelika Niebler adresse avec Catherine Trautmann un e-mail à l’ensemble des députés pour clarifier les choses. Cet e-mail, que nous nous sommes procuré, explique que "cette disposition, si elle était adoptée par notre assemblée aujourd’hui, montrerait que le Parlement n’a aucun agenda caché en matière de filtrage et de censure d’Internet. Un tel signal positif nous permettrait de nous recentrer sur le coeur des problèmes abordés dans ce paquet : les investissements, la croissance, la concurrence, le droit des consommateurs, etc." Afin de dissiper toute confusion, une fois encore, Catherine Trautmann répondra à Madame Hieronymi, lors de l’annonce du retrait du 132, que l’amendement 138 ne traite pas des contenus. Rassurés, et certainement aussi pressés d’en finir, les députés donneront une majorité écrasante à l’amendement, avec 573 voix pour et seulement 74 contre.


Réélection de Viviane Reding

C’est à partir de là que la machine s’emballe. Le député Guy Bono saute sur l’occasion pour annoncer que le 138 est une arme anti-Hadopi. Le cabinet de Christine Albanel n’est pas de cet avis, affirmant que la portée juridique du texte voté n’est pas suffisante pour faire reculer le projet de loi français. La ministre est par ailleurs persuadée que la Commission européenne va suivre son premier avis et qu’elle s’apprête à retoquer l’amendement. Elle se trompe. Car la commissaire responsable de la société de l’information et des médias, Viviane Reding est entrée en campagne électorale et ne fera donc rien qui aille contre l’avis des parlementaires. Or ils sont 88% à avoir voté pour l’amendement 138. Les relations se tendent entre la commissaire et la rue de Valois. Informé de la situation, et déjà passablement irrité par l’impact politique du vote des parlementaires européens, l’entourage de Nicolas Sarkozy décide alors d’intervenir en adressant une lettre signée du président à José Manuel Barroso. Celle-ci arrive par fax le vendredi soir au cabinet du président de la Commission, qui a bien d’autres chats à fouetter et n’en prend pas connaissance, occupé qu’il est à gérer la crise financière qui secoue l’Union européenne. En revanche, Viviane Reding voit dans cette initiative française, que l’on peut qualifier de cavalière, l’occasion de proclamer publiquement son attachement et son respect pour le vote du Parlement. Par l’intermédiaire de son fidèle porte parole, Martin Selmayr, elle fait circuler une ébauche de communiqué de presse à quelques journalistes et personnes de confiance. Le texte est immédiatement pris pour une réponse cachée de Barroso, alors qu’il n’en est rien - le communiqué fera d’ailleurs une brève apparition sur le site de la commission européenne avant d’être retiré à la demande du président Barroso...
Furieux d’avoir été tenu à l’écart et doublé par la commissaire, José Manuel Barroso la convoque hier et lui rappelle sans ménagement les règles de l’institution. Entre temps, le cabinet de Luc Chatel, en liaison avec l’Elysée et le cabinet de Christine Albanel, tente une médiation avec la Commission pour obtenir au mieux un retrait de l’amendement, au pire une modification dans le texte. Le président de la Commission s’est donné quelques jours pour arrêter sa position sur le cas du 138. La porte de sortie la plus probable serait certainement le retrait d’un amendement qui a démontré depuis quelques jours qu’il était source de confusion, alors que l’urgence est de boucler la révision du "Paquet Télécom". Dans le cas où l’amendement serait re-présenté en seconde lecture devant le Parlement européen, les députés seraient cette fois pleinement conscients de l’incidence de leur vote.

25 Commentaires. Ajoutez le votre +

l’espingouin 10 octobre 2008

Il faudrait préciser que la première fois que l’amendement a été déposé par Guy Bono en commission culture, le vote a été avancé d’une heure sans que Guy Bono et les partisans de l’amendement ne soient prévenus. C’est plus facile de rejeter un amendement dans ces conditions...



En fait ,il faudrait préciser beaucoup de choses dans cet article car visiblement le journaliste n’était pas sur place. Ainsi, cela faisait des mois que les eurodéputés recevaient des courriels et des lettres leur présentant la riposte graduée et leur demandant de réintroduire le juge.Tout personne sur place pouvait s’en rendre compte.



Les conservateurs des pays du nord, les libéraux italiens et hollandais, les pays de l’est (qui détestent le fichage par des autorités administratives because STASI encore en tête) ont clairement voté en conscience, tout comme les verts, les communistes, et les socialistes. PSE, ALDE, PPE ont eu des débats animés sur la riposte graduée et ont à un moment tranché. C’est la démocratie.



Des eurodéputés comme Cappato (ALDE, Italie), Int’veld(ALDE, Hollande), Cohn-Bendit(Verts, Allemagne), Fjellner (PPE, Suéde), Roithova (PPE, Tchèque) et des socialistes comme Bono, Hamon, Rocard ont eux même étaient expliqués à leur collègue pourquoi c’était important de voter le 138, sachant que lors des négociations inter-groupes, il n’a jamais été remis en cause le fait qu’il faut une décision judiciaire préalable pour couper l’accès. Le travail s’est fait sur les exceptions au principe, en aucune façon sur le principe qui est d’une clareté évidente.



Il est donc faux de dire que les eurodéputés n’étaient pas informés... il n’y a pas de hasard quand 88% du Parlement vote un texte aussi clair que : les autorités nationales de régulation veillent, dans l’intérêt des citoyens européens, à appliquer le principe selon lequel aucune restriction aux droits et libertés fondamentales ne peut être prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire sauf menaces pour la sécurité publique.



C’est parfaitement clair pour tout le monde. Et ça l’a toujours été pour le ministère de la culture... mais ils n’arrivent visiblement tjrs pas à l’admettre :)

Emmanuel Torregano 10 octobre 2008

De ces mails, malheureusement, je n’ai pas trouvé de traces. Aucun lors du vote du 138. Si vous en avez, faîtes passer. Sinon, que pensez-vous que les parlementaires PPE auraient-ils fait ? Entre un mail du rapporteur Shadow et celui d’organisations de Lobbies... Cela ne tient pas la route.
Je ne pense pas que les parlementaires n’étaient pas au courant du contenu du 138, d’ailleurs, cela est bien expliqué dans cet article. Mais il n’a jamais été question lors du débat d’entraver la riposte graduée à la française, sinon d’ailleurs, quel aurait été le résultat du vote ?

 10 octobre 2008

Votre article est intéressant mais en vérité il est loin d éclairer la totalité du feuilleton. On en reste d’après vos propre mots à des si. Quel aurait été le résultat du vote si, on en sait rien. Ce qui est certain c’est que le contenu de l’amendement est suffisamment clair en lui même. Si Trautmann a affirmé aux députés de droite qu’il n’était pas question de trancher la question du piratage je ne saisi pas en quoi ils auraient été trompés par le vote de l’amendement 138 puisque la question du piratage n’est pas tranché par ce vote (Que veut dire trancher ici ?)
De plus si les députés de droite de toute l’Europe soutiennent effectivement en majorité le principe du projet français de riposte graduée, il me semble que c’est faire insulte à leur intelligence que de penser qu’ils ne pouvaient pas saisir la contradiction manifeste entre l’amendement 138 et la riposte graduée. Donc je comprend bien ce que vous sous-entendez (que les parlementaires européens n’ont pas votés en connaissance de cause) mais les explications que vous donnez ne m’apparaissent pas très claires.

FT 10 octobre 2008

Compte tenu des vifs débats qui se déroulent depuis avril - et le vote d’un rapport de Guy Bono sur les industries culturelles et condamnant le principe de la riposte graduée - je doute que les eurodéputés, ceux du PPE compris, n’aient eu aucune idée des conséquences de leur vote sur le projet du gouvernement français (la formulation dans rapport est similaire à celle de l’amendement. Or en avril, le rapport avait été analysé comme un camouflet pour la réponse graduée).



Et d’ailleurs si tel était le cas, comment expliquer l’attitude de la Commissaire Reding et sa fin de non recevoir adressée au Président français ? Encore une fois, si la réponse graduée n’est pas explicitement mentionnée, tout le monde comprend bien de quoi il s’agit.



Reste à voir l’attitude qu’adopteront la Commission, le Parlement en deuxième lecture et surtout les autres Etats membres (qui auront leur mot à dire lors de l’examen du paquet télecom au Conseil - retireront-ils l’amendement ?).



Enfin, je ne suis pas d’accord avec l’analyse selon laquelle cet amendement n’aurait pas sa place dans le paquet télécom. Si je me souviens bien, celui-ci protège les droits des internautes dans leur rapport avec leur fournisseurs d’accès (respect de la vie privée par exemple), et c’est bien de cela dont il s’agit ici. Trautmann a raison dans sa défense de l’amendement en ce que celui-ci ne se prononce pas sur le téléchargement illégal (les "contenus"), mais simplement sur la méthode choisie pour l’enrayer.

 10 octobre 2008

Le beau monde de la politique !
Le véritable problème reste en suspens par contre à savoir comment lutter contre le téléchargement illégal ?
La riposte graduée présentait ses atouts, et ses faiblesses notamment concernant la coupure de l’accès Internet prise sans passage devant un juge, pourtant raisonnable comparée aux fortes amendes et peines de prison encourues.
L’aspect pédagogique imaginé avec la mise en garde par avertissement était fort intéressant et beaucoup de pays européens envisageaient d’appliquer également ce système.
Vient aussi la licence globale pour le peu qu’elle soit généraliste et pas optionnelle, mais encore une fois beaucoup contre ce système refusant de payer une dizaine d’euros supplémentaire pour télécharger.
Donc avec ou non l’amendement 138, il faudra trouver une solution pour que la création ne soit plus menacée.

Liberté. Égalité. Fraternité. • http://laquadrature.net10 octobre 2008

Prétendre qu’un parlement puisse voter une disposition à 88% sans savoir ce qu’elle contient revient à dire qu’il peut voter absolument n’importe quoi. Si c’était vrai sur le 138, pourquoi ne serait-ce pas vrai de tout le reste du texte, de tous les autres textes ?



Faut-il mettre le Parlement Européen à la poubelle et s’asseoir sur la représentation démocratique ? Ou bien les gens que vous avez interrogé, dans votre grande impartialité, ne pensent-ils cela que de cet amendement ?



Très curieuses assertions, qui servent farouchement la soupe des pro-riposte-graduée.... au point que l’on se questionne sur la Liberté de l’électron.



Cet amendement rappelle un principe fondamental du droit Européen. Si le projet français n’est pas compatible avec ce principe, comme l’affirmait notre Président dans sa lettre à Barroso, c’est peut-être que l’HADOPI est à revoir...



En tout cas, même si vous essayez tant bien que mal de recoller les morceaux, le projet semble avoir du plomb dans l’aile...



Vivement la seconde lecture !

Philippe Astor 10 octobre 2008

Je crois qu’on n’a aucune illusion à se faire quant aux manoeuvres en coulisse qui précèdent ce genre de vote, d’un bord comme de l’autre. A-t-on réellement besoin de rappeler dans le paquet télécom un principe fondamental en matière de libertés individuelles. Si on le rappelle, c’est qu’il existe déjà, et on aura donc tout loisir d’attaquer la loi française devant une juridiction européenne si jamais elle est votée. D’une certaine manière, il y a eu tentative, manifestement, de confisquer le débat européen sur le paquet télécom au profit d’un débat franco-français, de la part des pro-hadopi, qui ont tout fait pour mettre la question du respect de la propriété intellectuelle sur la table, comme des anti-hadopi qui, c’est probablement de bonne guerre, ont tenté de leur faire échec à Bruxelles.



Les FAI et les ayant droit français ont laissé passé l’occasion de ne pas envenimer le débat. C’est le constat d’échec que je fais de la mission Olivennes. Ils auraient pu s’entendre, par exemple, pour introduire une clause de rupture de contrat dans la charte d’utilisation des premiers, avec procédure d’avertissement en trois étapes. A charge pour les ayant droit, et non pas pour les FAI, d’essayer de détecter les actes de téléchargement illégaux et de les signaler, comme il le font déjà.



C’est plus ou moins la procédure suivie par les britanniques, qui veulent éviter à tout prix de légiférer, et ce que préconisait Toubon, mais qu’est-ce que ça venait faire dans le paquet telecom, svp ?



Ceux qui nient qu’il est nécessaire d’assénir un minimum les conditions de marché pour les industries culturelles ou que la question laisse indifférents sont soit irresponsables, soit de mauvaise foi. Ceux qui veulent le faire en instaurant une usine à gaz comme Hadopi aussi.



Il y a trois pistes à suivre à mon avis. Un clause de rupture, basée sur la détection des 10 ou 15 000 titres que les ayant droit surveillent sur le P2P (nouveautés), le développement de nouveaux services alternatifs à valeur ajoutée type Deezer et autres qui sont susceptibles de favoriser un accès très large du public aux répertoires et de le détourner du téléchargement illégal. Et une reconsidération du périmètre de la copie privée qui doit être adapté aux nouveaux usages (comment en élargir l’exception, par ex., aux échanges portant sur le back catalogue dont l’investissement est déjà amorti ?). Sur le P2P, il existe également des solutions commerciales (cf. Playlouder en UK). Entre gens responsables et intelligents, on devrait parvenir à restaurer la confiance en l’avenir pour tout le monde (les FAI, les ayant droit, les consommateurs et les citoyens).

David D 10 octobre 2008

Je pense que l’Espinguoin oublie des élements dans sa présentation, à dessein ou non.



L’Amendement de Bono dans son rapport sur les industries culturelles adopté le 10 avril en plénière était très clair, il s’opposait à la coupure de l’accès à internet. Mais il n’a été adopté que par 17 voix et à la surprise générale.



Mme Trautmann a affirmé en conférence de presse suite au vote du PE le 24 septembre que son amendement oral au paquet télécom basé sur l’amendement BONO ne concernait pas la proprièté intellectuelle. Elle a précisé entre autre : "- elle s’est dite satisfaite d’avoir trouvé une "sortie par le haut" du débat sur les droits d’auteurs, précisant qu’"il ne fallait pas se prononcer sur les politiques nationales".



Par ailleurs, sur son paragraphe : "Les conservateurs des pays du nord, les libéraux italiens et hollandais, les pays de l’est (qui détestent le fichage par des autorités administratives because STASI encore en tête) ont clairement voté en conscience, tout comme les verts, les communistes, et les socialistes. "



Il aurait pu également précisé que l’extrème droite du Parlement : IN/DEM et les non inscrits soutiennent à chaque fois Mr Bono.



Quand à l’aversion des conservateurs elle s’explique également par des débats au niveau national :



"Surveillance sweep
Jul 22nd 2008
From the Economist Intelligence Unit ViewsWire
A new surveillance law causes a rumpus in Sweden



Recently approved legislation in Sweden that allows for increased surveillance of crossborder telecommunications traffic has triggered the country’s most heated political debate in years and sparked widespread protests from the public, media and business. The government appears determined to ride out the criticism, claiming the measures are a necessary response to the threat from global terrorism, but the affair could do lasting damage to its already fading re-election prospects.
The extent to which wiretapping and surveillance measures are used in Sweden has become an increasingly divisive issue in recent years. Those advocating the need for increased surveillance point to the threat from international terrorism and organised crime and claim that additional measures are necessary to keep pace with changing technology, with communications increasingly transmitted through fibre-optic cable rather than via radio waves.
Opponents, however, claim that the measures extending the scope of surveillance pose a threat to civil liberties, are so vague as to be open to wide interpretation, and blur the distinction between the work of the police and that of the intelligence agencies."

zoobab 10 octobre 2008

Le lien vers le proces verbal est casse :



http://www.europarl.europa.eu/sides...

ornithorynque 13 octobre 2008

Messieurs les "journalistes" Astor et Torregano,



Au lieu de dépenser votre énergie à présenter la vérité sous le jour partiel qui vous arrange, et dénigrer systématiquement les initiatives citoyennes qui n’abondent pas dans le sens du conservatisme arriéré et des intérêts très privés que vous défendez, vous pourriez l’employer à faire un peu plus attention à votre orthographe !!!



Autre chose : déjà quand vous utilisez des pseudos ailleurs qu’ici - par exemple sur Numerama - ça se voit, alors sur votre propre blog vous imaginez, c’est le nez au milieu de la figure... Non, décidément, les pseudos ça ne vous réussit pas.



Enfin, juste parce que j’en ai un peu marre de lire des âneries et des mensonges, je vous ferai remarquer que l’amendement Bono/Cohn-Bendit & co ne s’applique pas aux questions relatives au droit d’auteur, mais bien à toute restriction des libertés et droits fondamentaux des citoyens européens.



Avec vos cours d’orthographe, vous reprendrez bien quelques leçons de droit ?

Emmanuel Torregano 13 octobre 2008

Ah... Voilà un grand redresseur de tort.
1) Merci pour les cours d’orthographe. Où faut il s’inscrire ?
2) Relisez donc, ce qu’on dit les députés sur les droits fondamentaux du citoyen européen, et leur implication avec Hadopi. C’est un conseil.
3) Les pseudos de Philippe et moi sont bien connus. Pour ma part je n’en ai qu’un seul, et je ne l’utilise pas sur EL. On ne peut pas en dire autant de vous ... Qui êtes-vous d’ailleurs ?
A bientôt, et surtout ne changez pas de colère, on ne sait jamais, elle cache peut-être un ennui abyssal.

ornithorynque 13 octobre 2008

Cher Emmanuel,



Ce n’est pas de la colère mais de l’exaspération.



1/ Pour les cours d’orthographe, je vous suggère le CM1 de l’école primaire de votre quartier. N’oubliez pas la conjugaison non plus. Et puis apprenez à vous relire, ça vous évitera d’écrire "on dit" quand il faudrait écrire "ont dit".



2/ Il ne faut pas confondre la résolution Bono passée au printemps et l’amendement 138 qui vient d’être adopté. Certes, l’Hadopi est depuis le départ incompatible avec le droit européen, mais le 138 vise bien plus largement à réaffirmer le droit de tout citoyen de l’UE à un procès équitable. Cela vous semble-t-il si incroyable que les eurodéputés manifestent leur attachement à ce principe lorsque celui-ci est menacé ?



3/ Je ne suis qu’une simple lectrice qui constate depuis trop longtemps l’imposture de ce blog où l’incompétence (multiples approximations et erreurs, pas que sur le paquet télécom) le dispute à la mauvaise foi (ça, ce n’est plus à démontrer), et qui a eu envie pour une fois de contribuer à faire grimper le nombre de commentaires au lieu de rester spectatrice.



Ce n’est en rien de l’ennui, car le spectacle de vous voir vous faire mettre le nez dans votre caca à longueur de temps est en réalité assez réjouissant. À défaut d’avoir de l’info, heureusement qu’on rigole :)

Philippe Astor 13 octobre 2008

Chère Ornithorynque,



Il y a beaucoup de procès d’intention dans votre diatribe qui sont très peu étayés. Pour votre gouverne, je ne signe jamais aucun article ni commentaire d’un pseudo, que ce soit ici ou ailleurs, c’est une règle que je me suis fixée à laquelle je ne déroge jamais. Je n’avance donc jamais masqué, contrairement à vous.



Je veux bien que des fautes d’orthographe se glissent ici ou là dans mes articles, mais je vous mets au défi d’en relever plus que dans Le Monde ou dans Libé, où elles doivent vous sauter aux yeux comme à moi, y compris sur EL, qui ne bénéficie pas à cet heure d’un secrétariat de rédaction digne de ce nom. Enfin, passons...



Votre insinuation selon laquelle je participerais à défendre des intérêts privés et un conservatisme arriéré dans mes articles me fait franchement sourire, comme elle doit bien faire rigoler certains défenseurs attitrés de ces intérêts et de ce conservatisme qui me rangent généralement, sans aucune hésitation, dans le camp de leurs ennemis idéologiques. Je doute de pouvoir vous compter parmi mes lectrices, tant vous semblez ignorer complètement ce que sont mes prises de position dans ce débat par ailleurs.



Pour finir, lorsque vous lancez des accusations d’imposture, d’incompétence et de mauvaise foi, merci d’argumenter et de nous apporter des exemples concrets, ce qui nous permettrait de nous défendre (vous êtes pour défendre certaines libertés mais pas pour nous accorder celle-là). La seule chose dont vous vous montrez capable dans votre commentaire, c’est de diffamer grossièrement et gratuitement.

Emmanuel Torregano 13 octobre 2008

Et ça continue... Bref, voilà une simple lectrice qui en sait plus que les autres. Mais qui est elle ? Mystère, toujours, et je crains encore bien longtemps. Cela me fait pensé à d’autres posts déjà lus ailleurs, et qui fleuraient bon aussi ce ton de professeur...
Je me rappelle pas avoir écrit que le 138 s’appliquait au droit d’auteurs. Alors même que Monsieur Bono le proclamait déjà partout, juste à la sortie du vote. Vous devez confondre ou bien être quelque peu confuse. L’amendement tiré du texte voté en avril dernier a été rejeté par la commission culture, et ne figure pas dans la révision du paquet Télécom. Sur ces deux points, je ne comprends pas bien où vous voulez en venir.
Pour le reste, si l’on peut vous distraire, alors nous voilà comblés.



ps : où est la faute cette fois ?

ornithorynque 13 octobre 2008

Cher Philippe,



C’est tout votre dossier "peer-to-peer" qui est plein d’approximations, et l’ensemble de vos articles sur le paquet télécom qui regorge de mauvaise foi. D’ailleurs rien que le titre du présent article en dit long sur votre état d’esprit.



Prenons quelques exemples de ci-de là dans cet article justement.



- "militants auto-proclamés des libertés" -> y a-t-il une accréditation à recevoir pour défendre les libertés ? ou bien est-ce là gratuitement pour discréditer des gens qui ne partagent pas votre vision des choses ?



- vous prétendez que les députés n’ont pas voté en connaissance de cause ; je vous rappellerai donc la réponse de Michel Rocard à Christine Albanel : "nous savons lire et cela suffit". À défaut de mauvaise foi, c’est d’un certain manque de respect que vous faites preuve ici.



- « Catherine Trautmann, qui est chargée de ce dossier, ne veut pas déborder du cadre fixé, qui n’est pas de légiférer sur les contenus mais seulement sur les tuyaux et les règles de concurrence. » Vous n’avez à l’évidence pas pris connaissance de son rapport, bourré de références à "lawful content". Si volte-face de sa part il y a eu, c’est plutôt sur le choix du camp à défendre : les ayants-droit ou les citoyens. Et la représentante du peuple qu’elle est a eu le bon goût de choisir, in fine, les seconds. Il faut croire qu’il lui fallait le temps de la réflexion.



- vous dites que Guy Bono a crié victoire un peu trop tôt, mais la simple démonstration que la riposte graduée est contraire aux droits fondamentaux des citoyens européens est en soi une victoire. Or vous ne présentez les faits que sous l’angle "l’amendement 138 empêche la riposte graduée" (ce que, selon vous, les eurodéputés ignoraient, c’est vrai après tout ils sont tellement incompétents) et non "l’Hadopi est contraire aux fondements de notre ordre juridique". Cela me dérange profondément.



- vous vous dites vous-même (dans votre commentaire n°7) partisan d’une riposte graduée totalement privée, avec clause de rupture de contrat pour les FAI et police privée de l’internet assurée par les ayants droit. C’est ce que j’appelle défendre des intérêts privés. Quant au conservatisme arriéré... j’y suis peut-être allée un peu fort, "arriéré" n’est pas totalement adapté à votre vision révolutionnaire de la privatisation des missions de police et de justice. Mais ça sonnait bien :)



Je ne me considère pas plus intelligente ou plus sachante que vous, simplement je n’aime pas qu’on prenne les lecteurs pour des imbéciles.



Une dernière question : dois-je reprendre vos billets un par un pour étayer un peu plus mes propos ou cela vous convient-il ainsi ?



— -



Cher Emmanuel,



Encore un petit effort, et vous écrirez "tout cela me fait penser (...)" et "droit d’auteur" :)

ornithorynque 13 octobre 2008

Ah, juste une précision : la réponse de Rocard à Albanel c’était sur la résolution Bono en avril dernier, mais la réponse est trop belle et elle fait aussi suite à des déclarations de type "les députés n’ont pas voté en connaissance de cause".



Je l’avoue, j’aime les petites phrases des grands hommes politiques et celle-là me plaît particulièrement :)

Emmanuel Torregano 13 octobre 2008

En fait, vous rêvez d’être prise au sérieux. Mais pour cela, il faudrait que votre démonstration s’appuie sur des éléments plus sérieux. Que savez-vous exactement des intentions de Trautmann, avant et après, la rédaction de son rapport ? Vous pensez qu’elle a changé d’avis... Je ne pense pas, après avoir longuement discuté avec son cabinet. Elle a voulu extraire les points qui pouvaient prêter à confusion dans la révision du paquet télécom - d’ailleurs l’ajout du mot "fondamentaux", devait éviter toutes les interprétations tendancieuses.
Et vous avez bien évité de répondre à ce que je vous ai dit plus haut : l’accès à internet n’est pas un droit fondamental - le PPE et le PSE (si l’on en croît les députés invités à Dijon ce week-end) sont du même avis sur ce sujet - tout comme l’électricité, ou l’eau. Guy Bono est plus qu’isolé. Et "oui", je réitère les députés n’ont pas voté contre Hadopi. Voilà, c’est ainsi, je ne vous dis pas que je ne le regrette pas, mais c’est la vérité des débats.

Philippe Astor 13 octobre 2008

Ornithorynque,



Je ne suis pas l’auteur de cet article. Donc acte. Pour ce qui est de ma proposition de riposte graduée contractuelle, vous montez sur de bien grands chevaux : police privée, intérêts privés, etc.



Est-ce que selon vous, le fait de couper l’accès à Internet à celui qui omet de payer à plusieurs reprises sa facture est une forme de police privée ? C’est juste une question comme ça... pour savoir d’où vous causez.



Contrairement à vous, je cherche des solutions, et je fais des propositions, que je soumets à la discussion, sur mon blog, par ex. (digitaljukebox.fr). Et je ne crains pas d’affronter la critique, ni de m’amender, de reconnaître mes torts, voire même de changer d’avis (il n’y a que les imbéciles, n’est-ce pas, etc...)



Voyez-vous, dans ce débat, je finis par redouter autant les cris d’orffraie des ayant droit que les votres. Vous proposez quoi au juste ? Je veux dire, pour que 800 ou 900 labels indés français ne mettent pas la clé sous la porte dans les 18 mois, pour que les artistes (la grande majorité des artistes, pas ceux du Top 50) ne soient pas plus précarisés qu’ils ne sont ? Pour que le fait d’investir 10, 20 ou 30 000 € dans la production d’un album, ou alors 100, 200 ou 300 000 € dans la production d’un film indépendant ne revienne pas à jeter une bouteille à la mer, en terme de perspective de retour sur investissement (terme barbare qui désigne un juste retour de haricots dans la gamelle).



Est-ce que vous travaillez ? Est-ce que vous êtes rémunérée pour travailler ? Est-ce que vous accepteriez que l’on prélève 1 %, 2 %, 5 % de votre salaire pour financer la création et la production de tous les contenus que vous téléchargez sur le P2P ? Oui ? Non ?



C’est juste pour savoir si on peut s’entendre sur une solution plus collectiviste, qui reposerait sur l’impôt, par ex., pourquoi pas après tout ? Elle n’a pas ma préférence, mais bon...



Si vous lisez plus en détail ma proposition sur mon blog, vous constaterez que je ne propose de faire la police, comme vous dîtes, que sur 10 à 15 000 nouveautés, le temps qu’elles puissent être amorties, et que je suggère également de revoir le périmètre de la copie privée de manière à "légaliser" les échanges de tout le back catalogue (+ de 18 mois), avec une rémunération équitable à la clé, reversée par les FAI. Remarquez que je ne propose ni de blacklister les contrevenants, ni de les empêcher de se réabonner dans la foulée, ni de court-cicuiter l’autorité judiciaire, puisqu’il s’agit juste d’un contrat rompu sur la base d’un accord a priori tacite. L’idée ne vous plait pas non plus ?



Après tout ce n’est qu’une idée. Mais en avez vous seulement une à proposer ?



Dois-je vous précisez par ailleurs que je suis farouchement opposé au projet de loi Hadopi, contre lequel j’ai déjà développé de nombreux arguments ? Pas des vindictes où je tire sur tout ce qui bouge, des arguments... En avez-vous seulement développé un seul ici ?

ornithorynque 13 octobre 2008

Cher Emmanuel,



Je ne cherche pas à être prise au sérieux (pourquoi voudrais-je que vous me preniez au sérieux ? qu’est-ce que ça m’apporte ?). Comme je l’ai déjà dit, c’est juste que je n’aime pas qu’on prenne les lecteurs pour des imbéciles - je vous le fais donc savoir.



Pour Trautmann, je suis certainement trop charitable car je ne fais qu’essayer de vous donner raison quand vous dites qu’elle a fait volte-face. Relisez bien, je dis "si volte-face de sa part il y a eu". Mais bon, je ne vais pas tout de même pas vous faire des cours de lecture en plus de corriger votre orthographe.



Pour ma part je ne sais pas si Madame Trautmann a souhaité défendre les droits des citoyens ou bien si c’était un repli stratégique de sa part, mais je sais en revanche qu’elle a eu considéré que les questions de droit d’auteur avaient leur place dans le paquet télécom - cf son rapport - avant de se rétracter lors des débats en hémicycle.



Sur la question "l’accès à Internet est-il ou non un droit fondamental ?", je crains de vous décevoir mais il l’est, dans la mesure où il est aujourd’hui consubstantiel de la liberté d’expression et d’information mise en avant par les députés dans l’amendement 138.



En clair, interdire des citoyens d’accès à internet c’est comme les interdire de kiosque à journaux, et les obliger à aller dans des bibliothèques lointaines et aux horaires contraignants, ou à faire appel à des amis/voisins compatissants, pour consulter les journaux et magazines en leur possession.



Cela revient également à leur interdire d’utiliser directement les services postaux pour communiquer avec leurs proches (ou moins proches), de participer à des réunions pour partager leurs opinions, d’utiliser les panneaux de libre expression pour les exprimer publiquement...



Là aussi, faut-il que je continue ou bien est-ce que cela vous suffit ?



PS : bravo pour l’effort de relecture, vous avez fait un sans faute cette fois ! Vous voyez, quand vous voulez, vous pouvez.



— -



Pour répondre à Philippe, il y a une différence entre suspendre l’abonnement d’une personne qui n’a pas payé et interdire d’abonnement une personne soupçonnée d’avoir téléchargé sans autorisation des œuvres protégées par le droit d’auteur.



De plus, ce n’est pas en menaçant les gens qu’on les ramène dans les magasins, ce n’est pas en leur mettant un flingue sur la tempe qu’ils dépensent des sommes qu’ils n’ont pas (vous avez entendu parler de la crise du pouvoir d’achat ?) et ce n’est pas en faisant de la répression qu’on résout la question de la rémunération des auteurs et des ayants-droit.



S’il faut chercher des coupables, il faudrait commencer par s’intéresser aux sociétés de gestion collective et à leur manière d’utiliser l’argent des artistes, plutôt que de s’en prendre à des citoyens qui agissent sans intention de nuire et sans recherche du profit.



Quant aux arguments contre Hadopi, je viens d’en développer quelques-uns, mais le simple fait qu’une autorité administrative puisse limiter les libertés des citoyens, sans contradictoire et sans preuve valable, est en soi inacceptable. Est-il vraiment nécessaire de développer d’autres arguments ?

Emmanuel Torregano 13 octobre 2008

"Sur la question "l’accès à Internet est-il ou non un droit fondamental ?", je crains de vous décevoir mais il l’est, dans la mesure où il est aujourd’hui consubstantiel de la liberté d’expression et d’information mise en avant par les députés dans l’amendement 138".
Non. Voilà. C’est un moyen d’accès et il y en a d’autres. Cette question n’intéresse que les fervents défenseurs de Bono. Les autres l’ont déjà résolus depuis longtemps.
"En clair, interdire des citoyens d’accès à internet c’est comme les interdire de kiosque à journaux, et les obliger à aller dans des bibliothèques lointaines et aux horaires contraignants, ou à faire appel à des amis/voisins compatissants, pour consulter les journaux et magazines en leur possession."
Ca ne tient pas la route. Quel rapport avec ce concept très élevé de "droits fondamentaux" ? Hadopi n’est pas le seul dans son genre. Ne le prenez pas contre vous, mais, vous ne faites que répéter les mêmes arguments entendus déjà trop souvent en avril dernier. Ils ne tiennent pas la route d’une analyse juridique poussée.
"De plus, ce n’est pas en menaçant les gens qu’on les ramène dans les magasins, ce n’est pas en leur mettant un flingue sur la tempe qu’ils dépensent des sommes qu’ils n’ont pas (vous avez entendu parler de la crise du pouvoir d’achat ?) et ce n’est pas en faisant de la répression qu’on résout la question de la rémunération des auteurs et des ayants-droit."
Tout à fait d’accord avec vous. J’ai d’ailleurs été l’un des premiers a publier des articles du Figaro qui dénonçaient cette montée de ce que j’avais qualifié à l’époque de "marketing coercitif".
"S’il faut chercher des coupables, il faudrait commencer par s’intéresser aux sociétés de gestion collective et à leur manière d’utiliser l’argent des artistes, plutôt que de s’en prendre à des citoyens qui agissent sans intention de nuire et sans recherche du profit"
Moins d’accord. Là vous retombez dans les travers faciles. Les sociétés civiles ne sont plus "les nids de mafieux" et de profiteurs d’avant - regardez plutôt du côté de l’Adami (pourtant grands défenseurs de la licence globale, comme par hasard)... Pour le reste de l’argumentaire, il me semble bien trop subjectif, et relever d’une interprétation angélique du monde et des profils psychologiques des internautes.

ornithorynque 13 octobre 2008

Cher Emmanuel,



Je ne suis pas là pour défendre Bono ni qui que ce soit d’ailleurs parmi la cinquantaine d’eurodéputés de tous bords qui ont déposé cet amendement. Et j’aimerais que vous m’expliquiez en quoi je fais de l’angélisme quand je dis que les internautes qui téléchargent le font sans intention de nuire (ils ne volent personne, les fichiers sont toujours là, faut-il vous rappeler que ce ne sont pas des biens physiques ?) et sans rechercher le profit (vous en connaissez beaucoup qui vendent les fichiers qu’ils téléchargent ?).



Quant aux sociétés de gestion collective, vous en parlerez à Philippe Séguin, il vous donnera à coup sûr quelques scoops et autres exclusivités que vous pourrez réutiliser sur EL :)



Enfin, Hadopi est bien la seule autorité administrative à limiter les libertés des citoyens. Cela n’existe pas encore en France, et Hadopi serait la première du genre. En terme d’analyse juridique poussée (enfin il n’y a pas besoin de pousser beaucoup...), c’est cette autorité administrative qui ne tient pas la route.



Une dernière chose : sur le fait qu’il y ait différents moyens d’accéder à l’information, vous noterez que ces moyens ne sont pas interchangeables, et que de surcroît la pluralité des moyens ne justifie en aucun cas qu’on interdise à des citoyens d’en utiliser un en particulier (à moins que la sécurité publique ne soit en question, mais là je ne vois pas... à moins que vous ne parliez des artistes qui meurent sous les clics sauvages des internautes ? XD ).



Sur ce, chers amis, je vous laisse disserter entre vous, ma vie sociale ne me permettant pas de rester derrière mon écran à vous faire la causette toute la soirée.



Bon troll :)

George Kearsley Shaw 13 octobre 2008

"Quant aux sociétés de gestion collective, vous en parlerez à Philippe Séguin, il vous donnera à coup sûr quelques scoops et autres exclusivités que vous pourrez réutiliser sur EL :)"



"calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose" ! (dixit F. Bacon)



Je ne connais point P. Séguin, mais j’épluche consciencieusement les rapports de la Commission de contrôle des SPRD (Commission ad’hoc dépendant de l’institution que préside M. Seguin) et je n’y ai rien lu qui permette d’étayer les sous-entendus que vous avancez.



Quels sont vos arguments pour soutenir que la crise que traverse actuellement les industries culturelles trouve une part de sa cause dans la gestion mise en oeuvre par ces organismes ?



Je ne goutte pas l’angélisme, mais je n’apprécie pas davantage l’acharnement aveugle.



Quant aux « leçons de droit », peut être devriez-vous contacter la Faculté la plus proche.
Vous écrivez : « les internautes qui téléchargent le font sans intention de nuire (ils ne volent personne, les fichiers sont toujours là, faut-il vous rappeler que ce ne sont pas des biens physiques ?) et sans rechercher le profit (vous en connaissez beaucoup qui vendent les fichiers qu’ils téléchargent ?). »



Bravo, vous venez de comprendre que la propriété intellectuelle est par essence immatérielle, et ce depuis les lois révolutionnaires de 1791 et 1793. Sur l’indifférence de la bonne foi ou de la recherche de lucre dans l’appréciation de la contrefaçon, je vous renvoie au Code de la propriété intellectuelle (il est en accès libre sur le site internet legifrance).

Ben 13 octobre 2008

Le beau monde de la politique !
Le véritable problème reste en suspens par contre à savoir comment lutter contre le téléchargement illégal ?
La riposte graduée présentait ses atouts, et ses faiblesses notamment concernant la coupure de l’accès Internet prise sans passage devant un juge, pourtant raisonnable comparée aux fortes amendes et peines de prison encourues.
L’aspect pédagogique imaginé avec la mise en garde par avertissement était fort intéressant et beaucoup de pays européens envisageaient d’appliquer également ce système.
Vient aussi la licence globale pour le peu qu’elle soit généraliste et pas optionnelle, mais encore une fois beaucoup contre ce système refusant de payer une dizaine d’euros supplémentaire pour télécharger.
Donc avec ou non l’amendement 138, il faudra trouver une solution pour que la création ne soit plus menacée.



Je me permet de citer votre commentaire pour y répondre.



Le gros problème de HADOPI c’est que le passage devant la commission ne permet pas de se défendre. D’ailleurs avez vous du WIFI ? Savez vous que si l’on pirate votre wi fi pour telecharger et que votre IP est captée par HADOPI ils ne chercheront pas à comprendre : vous devrez prouvé que vous n’êtes pas coupable et démontrer que votre wifi a été piraté. Inversion de la charge de la preuve.



En plus même si la procédure pénal est assez lourde, elle le mérite de laisser les gens se défendre. Se baser sur la seule données IP est une folie car celle -ci est facilement manipulable. Des études americaines montrent que l’adresse IP ne peut être considérer comme seul données fiable pour accuser quelqu’un. En effet un groupe de chercheur américain à reussi avec une manipulation d’ip à faire en sorte que la RIA (société d’auteur) porte plainte pour téléchargement illégal contre une imprimante réseau.



Je ne crois pas spécialement au mythe de la creation en danger. Certains films au cinéma font un carton (les chtis ). Je vais même jusqu’a dire qu’un film qui se télécharge bien sur p2p aura de trés bon score en salle de cinéma.



Quand à la musique c’est à mon avis le système actuel de radio, télé et major qui tue la création. Ces médias montrent toujours les mêmes artistes, les mêmes style de musique et ce sont ces personnes qui ralent contre le téléchargement illégal alors que ces personnes gagnent en un an ce que la plupart gagnent en une vie.



Ce qui tue la création ce sont les médias de masse.

Blackstone 14 octobre 2008

Voici un article sur la révolution numérique plutôt intéressant écrit par Paul Krugman, qui n’est qu’un modeste petit prix Nobel d’économie. Rien à voir, donc, avec nos visionnaires géniaux de l’industrie culturelle :



http://www.nytimes.com/2008/06/06/opinion/06krugman.html?_r=1&oref=slogin



Ce n’est pas avec une riposte graduée, contractuelle ou riposte-tout-court que les ayants-droits sortiront vainqueurs de la révolution numérique. Le terme riposte en lui-même est d’ailleurs révélateur de la situation délétère qui s’est établie entre les consommateurs et les ayants-droits. Le divorce est prononcé. Pire, là où auparavant n’existait pour seul argument au téléchargement illicite que ’la gratuité’, nous voyons maintenant de nombreux consommateurs qui boycottent les produits de l’industrie musicale sans pour autant télécharger illicitement. Juste par principe.



Partant de ce constat, comment peut-on espérer rétablir une relation de confiance entre ayants-droits et consommateurs si on forçe ces derniers à consommer selon un modèle qui n’est pas adapté à l’économie numérique ? Ce n’est pas parceque les ayants-droits ont la loi de leur côté que leur combat est légitime et vertueux. Je croyais naïvement que dans une économie de marché équitable et non faussée, les entreprises s’adaptaient à la demande de leur clients, afin de répondre à leurs attentes et maximiser ainsi leurs profits. Pourquoi dans le cadre de la révolution numérique observe-t-on l’inverse ? C’est à dire que les entreprises fournissant du contenu culturel forcent la main à leurs (ex-)clients pour que ces derniers consomment selon la volonté des premiers ?



10 ans sont passés depuis Napster et aucun signe sérieux d’adaptation de la part des ayants-droits n’a vu le jour, alors que la demande des clients est maintenant clairement identifiée, PowerPoints et graphiques-camemberts multicolores à l’appui.
Toute la puissance de feu de l’industrie culturelle est investie dans le département « Service Juridique & Répression ». Comme s’il s’agissait d’un nouveau marché à conquérir ...
De toute façon, cette stratégie pourrait éventuellement fonctionner sur la génération des trentenaires et plus, c’est-à-dire celle qui a connu le support physique (CDs et vinyles). Cela sera déjà plus difficile à faire comprendre à la génération des 12-15 ans. Quant à la dernière génération, celle des plus jeunes, celle qui ne connaitra que le support numérique, c’est d’ores et déjà voué à un échec humiliant.



Combien de temps va-t-il encore falloir à l’industrie culturelle pour renouer avec ses clients ? 5ans ? 10 ans ? 30 ans ? Faudra-t-il étendre leurs droits sur une oeuvre culturelle pendant 203 ans afin de leur laisser le temps de réfléchir à un nouveau business model ? Peu importe, car en réalité, il ne s’agit pas d’un combat pour la défense des artistes et de la création, il s’agit ni plus ni moins que du contrôle de la distribution des contenus culturels. Ce qui est déjà beaucoup moins avouable et donne tout son sens à l’hypocrisie des ayants-droits.

jean the competition lawyer 13 mai 2009

comment arrive-t-on depuis la page d’accueil à cet article périmé et pour le coup vraiment source de confusion ?



pour la dernière épopée du 138 : http://jeancattan.wordpress.com/


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