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Presstalis, le gouffre s’ouvre sous les pieds de François Hollande

Le 14 mai 2012, Old fashion media

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Facebook, l’AOL du Web

Le 29 Juin 2009 dans Web 1,2,3 par Emmanuel Torregano

Facebook domine de la tête et des épaules les usages du Web 2.0. Il est le site prodigue de cette nouvelle façon de vivre l’internet, mais il est aussi un géant au pieds d’argile, comme le fut à son époque le puissant American Online.

Nous parlons d’un temps que les moins de 10 ans ne peuvent connaître. A cette époque bénie, un géant américain écrasait le réseau de sa présence. Tout lui était promis, les plus belles conquêtes comme le contrôle entier et plein des données. Cet ogre s’appelait AOL, aujourd’hui il a quasiment disparu de la planète Web.
Aujourd’hui, un mastodonte règne sans partage sur son nouveau royaume. Facebook a appris aux internautes du monde entier ce qu’est le Web 2.0. Quel bonheur d’échanger son humeur du matin, ou bien sa dernière trouvaille musicale, les vidéos du moment, bref de participer au grand Buzz, ce bruit de fond du réseau, qui devient par-là même sujet de réflexion et de thèse, pour les plus casse-cous.
La montée en puissance de Facebook s’est faite en quelques mois, et déjà on s’inquiète en pensant à MySpace, l’ancien champion de la catégorie, qui vient d’annoncer un plan de réduction de ses effectifs drastique. Les fins analystes voient dans son incapacité à évoluer la cause de ce déclin, qui tirerait presque un regret de la face aride de Rupert Murdoch, le patron de News Corp, qui avait eu l’imprudence d’acheter le portail pour 580 millions de dollars en juillet 2005. Il est cependant difficile de lui jeter la pierre, lorsqu’on voit que Microsoft s’est payé une miette de Facebook, tout comme un investisseur russe, à coup de centaines de millions de dollars, au moment ou le portail entame son inexorable déclin.
Entre Facebook et AOL, les destinées sont partagées. Car, les deux entreprises ont cru que le modèle de l’intégré serait vainqueur. Or, si il y a bien une chose de sûre ici bas, c’est bien la défaite du couteau Suisse électronique...

Repas de famille

Reprenons au début de cette aventure. AOL voit dans l’internet une menace, une attitude de défiance qui est aussi celle de Microsoft, mais l’opportunisme de Redmond fera la différence en fin de compte. Le fournisseur d’accès avait entrepris depuis ses débuts une stratégie d’encerclement de l’internaute : le mail, le navigateur, et même les contenus doivent être proposés par AOL, il n’est pas vraiment question de le laisser aller sur la toile se balader, et utiliser telle ou telle application. La liberté existait, mais elle était encadrée. Il faut le reconnaître, cette façon de faire fut en fait une sorte de mal nécessaire, car elle avait des vertus pédagogiques indéniables. Avec AOL, les internautes américains ont appris internet. Ils ont compris que le mail était une révolution, comme le télégraphe le fut, et que le Web était un océan vide avec des îlots, des péninsules, des continents. AOL a parfaitement rempli son rôle d’éducateur des foules mais à raté la marche d’après, lorsque le disciple veut s’émanciper, que rien ne peut l’arrêter.
Facebook est l’AOL du Web 2.0, mais aura bien du mal, tout comme son aîné, à réfréner les désirs de liberté de ses utilisateurs. Pour un certain nombre d’entre eux, revenir sur une page Facebook est un peu une frustration, un peu comme lorsqu’il faut aller chez ses parents pour partager un bon plat dominical.
Dans les détails, que dire qui ne soit pas une évidence. Le statut Facebook est de loin la fonctionnalité la plus populaire, mais elle fait piètre figure face à Twitter, qui a élevé l’art de l’éclat de voix électronique au niveau d’un indispensable média individuel, parfait reflet de la vitesse de la conscience et de la connaissance de ce qui est là, à prendre, à voir, à lire sur le réseau. On peut ajouter aussi, que la fonction partage de musique sur son profil Facebook, ne pèse pas lourd face à une application comme Spotify qui semble être désormais le nouveau maître étalon. Et c’est sans compter sur le tchat. Si Facebook a intégré cette fonctionnalité avec une certaine difficulté, elle est encore très simpliste. Et elle devrait rapidement retomber dans l’oubli avec la généralisation des applications de tchat par notification sur smartphone, et surtout sur iPhone.
Bref, merci à Facebook. Elle fut l’icône d’un nouveau réseau plus partageur, totalement détenu par ceux qui le font, les internautes, mais maintenant, le roi se meurt...

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12 Commentaires

  1. Antoine le 29 juin 2009

    Je ne partage absolument pas votre analyse pour une fois.

    Vous voyez Facebook sur le déclin en train de mourir ?

    Je le vois plutôt habillé de vêtements trop court à cause d’une croissance continue. Pour moi sa masse d’utilisateurs ainsi que son coté beaucoup plus grand public que MySpace le sauveront. Il est très rassurant, comme un système intégré de communication pour tous les utilisateurs non "geek". C’est le but que Myspace avec son coté lent, brouillon et trop customisable n’a pas réussi à atteindre.

    Twitter est (à mon sens) un épiphénomène over-buzzé actuellement par les événements en Iran et la mort du regretté MJ. ça ne durera pas, c’est un système aussi nombriliste que MySpace et la grande majorité des internautes n’a pas que ça à faire que regarder des messages en SMS défiler toute la journée, ça se saurait et les Télex auraient eu beaucoup plus de succès en leur temps.



  2. vinsant le 29 juin 2009

    Mr devin dit :facebook sera remplacé par un concurrent dans 2 ans si ils n’inventent rien de neuf, acceptons-le mais facebook a un seul intérêt : le partage des photos. Le reste c’est du vent, du futile (genre les applications).

    Twitter a inventé un média ce qui est bien différent d’un simple site communautaire. En france on est bien loin de se douter de la percée de twitter dans la vie courante, à la télévision, dans les séries ...



  3.  le 29 juin 2009

    Pas sur qu’AOL est totalement disparu de la planète Web. Gros réseau publicitaire aux US avec Platform A (concurrent crédible de Yahoo et de Google Ad Sense), un réseau social (certes encore déficitaire mais compétitif) avec Bebo. Et un portefeuille de sites thématiques ciblés (le réseau Mediaglow) articulés autour du média AOL. Mediaglow totalise 76 M de visiteurs. Pas si mal pour un dinosaure. Silicon Alley se fait d’ailleurs l’écho de ce positionnement "Content" possiblement positif pour AOL http://www.businessinsider.com/aol-...



  4. fred le 29 juin 2009

    @ Antoine Twitter n’est pas le remplaçant de Facebook mais apporte une nouvelle façon de concevoir le web et sa communauté comme on peu le voir pour les regrettables événements en Iran et la mort de MJ.

    @ Emmanuelje vous invite a regarder QQ du côté de la Chine, vous serez surpris du retard de Facebook en matière "d’ouverture" comme vous le décrivez si bien. Mais bon, en soyons pas trop caricaturaux, la machine Facebook est capable de s’adapter un peu non ?
    _ :-)



  5. casper le 29 juin 2009

    Bah, le problème d’AOL était de ne pas créer de valeur (en dehors de l’activité de pur FAI bien sûr) et de surtout coûter très cher en achat de contenus et en développement. Concernant Facebook, chaque fois qu’Emmanuel Torregano poste un nouveau statut ou une nouvelle photo, il crée de la valeur pour le site, pour un coût marginal nul (le coût du développement est déjà amorti, le coût de la mémoire utilisée sur le serveur est proche de zéro). Le débat n’est donc pas Facebook est mort, mais plutôt Facebook sera-t-il assez bien géré et suffisamment soutenu capitalistiquement pour pouvoir proposer de nouvelles fonctionnalités de création de valeur ayant un avantage comparatif suffisant par rapport à celles des autres réseaux sociaux ? Si facebook se repose sur sa base installée de fonctionnalités et d’utilisateurs, il y a fort à parier qu’Emmanuel Torregano aura prédit l’avenir. Mais pour l’instant nul ne le sait ...



  6. DarkyBen  le 30 juin 2009

    Je rejoins antoineTwitter c’est rien. Bien pour l’info instantanée. Facebook c’est du "live share" on partage des émotions mais un RESEAU riche en contenu...

    et je rejoins fred : AOL a perdu de sa superbe mais c’est la troisième régie pub en france (mediamétrie) et ...une rentabilité en France !!!

    @fred ....merci pour le barbecue de ce midi :) (sauf si c’est pas le fred auquel je pense he he )



  7. Jack le 1er juillet 2009

    Ca fait longtemps que je dis que je dis que facebook ne tiendra pas dans la longueur... Et tout le monde se marre quand je dis ca !.

    A mon avis, facebook est une construction hyper-buzée qui à un crucial défaut ; c’est que ca ne sert à rien ! Alors biensur, au début, on fait tous mumuse dessus, mais comme tout ce qui ne sert à rien, on s’en lasse très vite... un peu a la manière de 2nd lifeD’autant que les améliorations qui ont été apportées au niveau du respect de la vie privée (possibilité de masquer ses infos aux amis non avérés) vont un peu à l’encontre de schéma initial.

    Je pense que le web n’est sur un point pas différent du reste ; pour durer, il faut au moins présenter un interêt.Je fini sur une petite devinette : j’ai fabriqué une machine qui ne sert absolument à rien, mais la fabrication de cette machine m’a couté 100 000 euros. Je veux vous la vendre ; combien l’acheteriez vous ?



  8. DaRenCh le 1er juillet 2009

    Hello tout le monde,

    Je crois qu’une donnée fondamentale a été oubliée dans l’article (et ds les comments), c’est la fréquence d’utilisation de chaque user et le temps passé.

    Je m’explique :- ok il y a 200 M de membres- Mais combien utilisent FB plus de 5 min / jour ?- moins de 20%- on pourrait descendre plus dans le détail et dire que sur ces 200 M, seul 10% sont des contributeurs réguliers. Et oui sur FB si j’ai 200 amis en règle générale il y en a 20 qui parlent/postent/pokent...et le reste regarde.- tout ceci pose problème pour monétiser FB, d’ailleurs les rentrées pub sont loin, très loin de couvrir les quelques 22M (! !) de dollars de coûts fixes de FB par mois.....

    Rebondissons enfin sur 1 remarque hyper pertinente : "FB a permis de vulgariser le web 2.0". C’est très exact et c’est ce qui le tuera, en regard de l’argument précédent qui mentionne qu’en fait les moins geeks des users (soit 90%) ne contribuent pas ou peu et vont se lasser peu à peu.

    Rappelons nous tous que chacun d’entre nous n’a pas forcément toujours (même un truc débile) qq chose à dire/faire/montrer.

    Dernière remarque : Non Twitter n’est pas hyper buzzé, Twitter est peuplé (en ce moment) de gens influents sur le net, d’où le fait qu’il devienne 1 puissant relais. Vulgariser Twitter reviendrait à lui faire subir ce que FB connaît actuellement. Le pb s’est déjà posé avec Myspace....

    Pour faire un parallèle un peu trivial, si tout le monde avait une Ferrari, elle n’aurait plus de saveur ni valeur...

    Allez Ciao a tutti



  9. Arnaud le 4 juillet 2009

    "j’ai fabriqué une machine qui ne sert absolument à rien, mais la fabrication de cette machine m’a couté 100 000 euros. Je veux vous la vendre ; combien l’acheteriez vous ?"

    Quand une entreprise est petite, on la rachète pour sa technologie. Quand cette entreprise devient grande, on la rachète uniquement pour sa base de données, alors Facebook, même si le site a coûté 100 000 euros, je pense qu’il a une valeur bien supérieure.

    Merci pour ce post.



  10. Badak le 6 juillet 2009

    Le problème de Facebook, et de tout site web en général, c’est son business model. Le tout publicitaire ne fonctionnent pas très bien (hors mastodonte), et les utilisateurs ne veulent pas payer.Facebook a une vraie utilité, celle de pouvoir partager efficacemment et facilement du contenu avec les autres internautes que l’on connait. Pas besoin d’envoyer un email à x personnes ! Je partage par exemple beaucoup d’articles que je trouve intéressants sur la toile. Maintenant, deux chemins s’offrent à ce site : soit une croissance quantitative, et comme le disait un commentateur plus haut, le site perdra son intérêt (avez-vous remarqué le nombre de quizz exponentiels depuis la francisation du site web ?), ou qualitativement vers une facilité toujours accrue de partage de contenus toujours plus variés, voire une intégration dans le navigateur.Le vrai souci, c’est de vouloir le beurre et l’argent du beurre, la quantité d’utilisateurs et la qualité pour monétiser.



  11. AL le 10 juillet 2009

    Si l’on compare avec la courbe de diffusion de Rogers et les statistiques de croissance de FB, ce lien explique qualitativement ce que je démontrais quantitativement tantôt. Mais votre image est superbe. Rappelons-nous AOL et Yahoo. Facebook est au milieu de sa vie(3-5 ans de croissance). Avec le plateau de croissance, une ou deux année de domination où de nombreux signaux concurrentiels le mettra très fortement à mal (Vous avez raison ils sont déjà là)...Avec soit un décrochage brutal soit une mutation profonde (AOL ou Yahoo ! quoi...)



  12. solo1 le 26 décembre 2010

    Je pense aussi que Facebook va décliner. Les internautes ne sont pas encore mûrs pour ce genre de communication, comment la gérer, que dire, qu’en penser réellement, et surtout comment l’intégrer sainement dans leur vie. Mais ils sont en train d’écrire l’histoire... Et le jour où nous tous seront prêts, il y a fort à parier que nous souhaiterons quelque chose de bien différent. Par exemple, comment alimenter son newsfeed à l’intention de certains amis uniquement ? (pas toujours facile d’avoir ses enfants en tant qu’amis dans Facebook). Et aussi, comment publier quelque chose de construit, de bien présenté ?

    Perso, j’ai ouvert un compte Facebook avec des données bidon pour divulguer le moins de choses . J’ai pu constater l’inanité des "informations" qui y circulent. Il y a de bonnes choses en ce qui concerne le partage de photos et le maintien du contact avec des personnes éloignées. Mais finalement un bête email apporte plus de possibilités techniques (si on en a l’habitude), et une "sécurité" (rien que le mot fait rire...) max sur la protection des données personnelles. Donc pour moi, Fessedebouc est plutôt une mode comme souligné par l’auteur de ce blog et j’ai fermé ce compte depuis... oui, enfin la trace est indélébile, hein ?

    Plus globalement, je ne crois pas en l’avenir du big brother informatique que l’on connait, incarné par la sempiternelle centralisation des données dans des serveurs. C’est très réducteur en terme de créativité et de dynamisme. On se croirait presque revenu au temps des mainframes :-)



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