Le gouvernement français plonge dans l’"open data", enfin...
Le gouvernement vient d’officialiser la nomination de Séverin Naudet à la direction d’Etalab. Il sera chargé de lancer avant la fin de l’année Data.gouv.fr, le portail de la transparence de l’Etat français.
Le gouvernement Fillon a enfin une feuille de route pour entrer dans l’ère de l’"open data". Un site sera lancé en version bêta pour la fin de l’année 2011, et son directeur a été nommé pour un mandat de trois ans. Il s’agit de Séverin Naudet qui était jusqu’à présent conseiller multimédia du Premier Ministre. Le nouveau site, qui sera accessible à l’adresse Data.gouv.fr, fait désormais partie du projet Etalab, dont l’existence est également officielle. Placé sous la tutelle du Premier Ministre, comme il se doit pour prendre toute l’envergure nécessaire à un projet interministériel, "Etalab" devra dans un premier temps fédérer les bonnes volontés au sein des administrations gouvernementales, pour organiser la collecte des données publiques. La tâche s’annonce colossale.
Le premier coup de collier avait été donné par le Président de la République qui, avant les premières affaires, avait voulu incarner l’idée de la république irréprochable dans un site internet orienté vers l’"open data". En moins jargonnant, il s’agit de proposer aux citoyens un portail unique par lequel ils auront accès à toutes les données des administrations publiques, cela sans la barrière du format ou d’une complexité trop importante et décourageante. Mieux, l’"open data" consistera aussi à laisser le champ libre aux développeurs de tout poil qui voudraient bâtir à partir de ce matériau des "applications" utiles, gratuites mais aussi payantes.
Transparence
Le premier à avoir ouvert la route à ce genre de service fut le président Barack Obama, qui dès son élection en 2008 avait souhaité répondre aux critiques des associations de défense des droits et des libertés, en ouvrant les données de son administration sur un site. Data.gov fut donc lancé sous la houlette de Vivek Kundra. Le principe était de faire converger toutes les informations des agences fédérales du pays vers ce site. L’initiative a été suivie par la Grande-Bretagne, qui a mis à la tête du projet l’éminent Tim Berners-Lee, entre autres inventeur du World wide web.
C’est donc au tour de la France de plonger dans l’aventure en faisant la preuve de sa transparence. Interrogé sur une éventuelle opération de communication de l’Etat, Séverin Naudet répond catégoriquement : "Le principe est de permettre un accès aux données brutes, il n’y a pas d’éditorialisation ou de communication du gouvernement sur ce portail. Il s’agit d’un site permettant l’accès et l’utilisation des informations publiques dans un souci de transparence.". Les formats utilisés sont d’ailleurs tous issus du domaine du libre : xml, csv, kml ou rdf, selon les usages.
Budget
Pas mal d’aspects sont cependant encore à définir. Ainsi, Séverin Naudet, ancien de la rue de Valois, où il s’est occupé des politiques des industries créatives, passé par Daily Motion, va devoir obtenir de chaque administration concernée que soit désignée une personne en charge d’y collecter les données. Son rôle sera aussi de s’assurer que les données soient mises à jour régulièrement, dans les délais prévus par le projet Etalab. Tous les types de données publiques sont visés a priori, depuis les informations de géolocalisation jusqu’aux budgets votés. Une mine d’or pour les développeurs, mais aussi un ferment pour l’Etat qui veut y faire pousser ses propres services à disposition des citoyens. "Le portail doit permettre d’encourager l’innovation grâce à la mise à disposition de données dans un format exploitable, permettant de créer des services applicatifs", précise Séverin Naudet. Encore faut-il que soit débloqué un budget, ce qui n’est pas d’actualité, l’évaluation financière n’étant pas encore terminée.
