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Les paris, l’autre Eldorado des médias

Les députés ont adopté mardi 13 octobre les principes d’ouverture du marché des jeux en ligne. Les sénateurs examineront en décembre ce texte de loi, qui n’a finalement pas sucité tant de débats. Et pour cause, aucune des parties prenantes du dossier et notamment les médias ne souhaitaient alimenter une polémique contre-productive.


En ces temps de crise, où l’argent se raréfie, la dérégulation d’un secteur d’activité est toujours une aubaine. L’ouverture du marché des jeux en ligne arrive donc à point nommé. Les chiffres du rapport publié par le MECN (Media & Entertainement Consulting Network) et le cabinet Ulys en attestent. Le marché français, qui génère actuellement moins d’1 Milliard d’euros de chiffre d’affaires, produira 15 milliards d’euros en 2015 ! Ces perspectives alléchantes attisent évidemment l’appetit des groupes médias.
Quelques soient leurs origines - Radio, télévision, presse écrite et pure player – ils profiteront de la libéralisation de ce secteur. Ils n’ont d’ailleurs pas attendu la mise en conformité du droit français pour négocier avec les opérateurs, et afficher les couleurs des Betclic, Bwin et Unibet (sur leurs sites Internet). L’illégalité de la situation ne les dérangent pas : les opérateurs préemptent le marché français et les médias renflouent leurs caisses.
L’avantage de cette ouverture, et de la cinquantaine de licences probablement délivrées (d’après les déclarations d’éric Woerth), est qu’elle ne laissera aucun média sur le touche. Qu’ils soient généralistes ou spécialisés, tous signeront un deal... Faut-il leur conseiller de provisionner ces futures ressources ? Assurément, car les ennuis naitront en 2011, lors des premières renégociations de contrat. Pas sûr que les opérateurs soient aussi généreux ; suivant un raisonnement basé sur le retour sur investissement, ils les classeront en trois catégories :
- 1) ceux qui génèrent de l’inscrits et donc des revenus = prorogation du contrat
- 2) ceux qui ne génèrent pas assez d’inscrits = rénégociation du deal à la baisse
- 3) ceux qui génèrent peu d’inscrits = interruption du contrat


Diffusion télé

Il est aussi probable que les opérateurs concurrencent les groupes dont la valeur repose sur l’utilisation des droits sportifs - on pense à Canal+ notamment. BWIN par exemple, le mastodonte autrichien des paris en ligne, diffusera la Liga (le championnat espagnol) sur internet pendant trois ans. Il a déboursé pour cela la somme de 8,5 millions d’euros. Rien ne l’empecherait à l’avenir d’acheter les droits de diffusion télé ou mobile. Dans un contexte où les détenteurs de droits d’exploitation (Fédérations & ligues) éprouvent les pires difficultés à trouver des diffuseurs, l’arrivée de nouveaux candidats est salutaire.
Pour autant, les groupes médias français ont anticipé ces changements et préparent leurs ripostes. Nombreux sont ceux qui présenteront un dossier à l’ARJEL (autorité de régulation des jeux en ligne) : Bouygues (TF1) et Pinault (Le point) avec Eurosportbet, Amaury (L’équipe) en association avec BWIN et Orange qui souhaite livrer bataille. Si ce dernier confirme son engagement, il faudra le surveiller de très près. De tous les groupes cités, il est le plus puissant. Seuls les groupes lagardère (Sportfive/team Lagardère) et Bolloré (la chaîne Direct8) ne se sont pas clairement manisfestés, mais compte tenu de leurs stratégies respectives dans le sport, on les imagine mal spectateurs de ce nouveau business. Les entreprises françaises ne sont donc pas prêtent à laisser le champ libre aux sociétés étrangères. Quelle que soit la mise de départ, elles ne se défausseront pas.



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