Mediapart : des scoops, mais pas que
Les 5.000 abonnés supplémentaires sur Mediapart en juin ne sont pas "que" la conséquence du traitement de l’affaire Bettencourt/Woerth/Sarkozy.
A ceux qui pensaient que Mediapart n’entrerait jamais dans la cour des grands de l’information en France, ces dernières 48 heures viennent d’apporter un cinglant démenti. Les premiers éléments de langage utilisés pour descendre les informations délivrées par le site font largement saisir le phénomène : non, ça n’est pas une rumeur née sur Twitter : ce sont des informations recueillies par une rédaction de journalistes et publiées sur un site internet. Elles auraient tout aussi bien pu l’être dans un journal, ou diffusée sur une antenne - mais voilà, ce n’est pas le cas...
Les résultats sont là : l’afflux d’internautes sur Mediapart a été tel, entre le 5 et le 6 juillet, qu’il a saturé les quatre serveurs du site. Une rançon du succès qui a conduit l’équipe à mettre en ligne gratuitement l’ensemble de l’interview de l’ex-comptable de Liliane Bettencourt.
30 000 abonnés
Il y a déjà beaucoup de leçons à tirer de cette nouvelle aventure de la presse en ligne. Les très bons résultats du site en terme d’abonnés (+ 5.000 en juin, bientôt 30.000 au total) ne s’expliquent pas seulement par le traitement de l’affaire Bettencourt, précise Vincent Truffy, un des journalistes de la rédaction : « Quand on lit les messages qu’ils nous envoient, on se rend compte que les lecteurs viennent grâce à ces affaires, mais ils restent aussi parce qu’ils découvrent l’ensemble de notre contenu, notre différence. Nous vivons une véritable construction de lectorat. »
Autres facteurs de fidélisation des lecteurs : la « simplification du processus d’abonnement » et « une habitude de lecture en ligne qui n’était pas aussi évidente il y a encore deux ans », ajoute Vincent Truffy.
Le retentissement de l’affaire Bettencourt ne doit pas faire oublier que le succès éditorial de Mediapart, ce sont des scoops, mais pas que des scoops.
