Premier gouvernement Hollande, la culture du numérique

Le 16 mai 2012, Politique

Fleur Pellerin au numérique, Aurélie Filipetti à la culture et la communication, François Hollande a souhaité que soient représentés dans son premier ...

Facebook : Mauvaise publicité avant l’introduction en bourse

Le 16 mai 2012, Web 1,2,3

General Motors, troisième annonceur américain, va stopper toute publicité payante sur Facebook au motif que celle-ci est "inefficace". Une alerte ...

Free Mobile, la "passation" des 3 millions d’abonnés en vue

Le 15 mai 2012, Web 1,2,3

Premier point d’étape, Free Mobile a recruté 2,6 millions d’abonnés. Xavier Niel propose un rapprochement avec le réseau d’Orange. Iliad entend doubler ...

Presstalis, le gouffre s’ouvre sous les pieds de François Hollande

Le 14 mai 2012, Old fashion media

La prise de fonction du président François Hollande est très attendue par Presstalis et les éditeurs de presse. En jeu, un vaste plan de ...

Pourquoi Apple a raison d’avoir peur de Spotify

Le 12 Octobre 2010 dans So_cult’ par Philippe Astor

Les performances de Spotify en Europe ont de quoi inquiéter Apple, alors que se profile son lancement aux États-Unis. Le service de streaming suédois dispose en effet de nombreux atouts susceptibles de remettre en cause le leadership d’Apple à domicile. Au point que la firme américaine envisage sérieusement de lancer son propre service de streaming sur abonnement, histoire de prévenir une hémorragie de ses 100 millions de clients américains.

Apple serait en train de se convertir au modèle de l’abonnement. Selon des sources citées par le New York Post, Eddy Cue, le patron d’iTunes, multiplie depuis quelques semaines les contacts avec les exécutifs de l’industrie musicale aux États-Unis, pour parvenir à une entente avec eux. Le projet de la firme de Cupertino serait bien de lancer un service de streaming sur abonnement donnant accès, avec son logiciel iTunes et pour le prix d’un forfait mensuel, à un catalogue étendu de plusieurs millions de titres.
Steve Jobs, le PDG d’Apple, a toujours décrié ce modèle, mais deux contingences pourraient justifier une subite conversion de la Pomme : le tassement des ventes de musique en téléchargement aux États-Unis, principal marché d’iTunes, au premier semestre 2010 ; et la perspective de voir débarquer sur le marché américain, d’ici la fin de l’année, un concurrent redoutable en la personne du suédois Spotify.
La montée en puissance de Spotify est pour le moins phénoménale. Au mois de janvier dernier, le service de streaming freemium revendiquait 250 000 abonnés en Europe, essentiellement répartis entre Suède et Royaume-Uni. A l’époque, le ratio entre nombre d’abonnés et nombre d’utilisateurs de son service gratuit financé par la publicité n’était que de quelques pour cent, c’est-à-dire encore ridiculement bas aux yeux des maisons de disques américaines ; très en-deçà, en tout cas, des 10 % de taux de conversion en utilisateurs payants qu’elles exigeaient. Neuf mois plus tard, Spotify a passé la barre des 600 000 abonnés, avec un taux de conversion qui est désormais de 15 %, selon des statistiques internes auxquelles nous avons eu indirectement accès.

500 000 nouveaux abonnés en l’espace d’un an

Spotify est bien parti pour atteindre son objectif de 770 000 abonnés en Europe à fin 2010, et pour avoir plus que triplé leur nombre en un an. A titre de comparaison, le pic d’abonnés à des services de streaming aux Etats-Unis, depuis quatre ou cinq ans, n’a jamais dépassé le million et demi. Un record que Spotify pourrait avoir battu à lui tout seul en Europe d’ici la fin 2011. Le lancement de la version mobile de Spotify, en septembre 2009, a été un premier facteur déclencheur. Puis, la progression du taux de conversion s’est accélérée avec l’intégration de fonctions de partage de playlists via Facebook et Twitter, en avril dernier. Mais aussi avec le lancement du player permettant d’écouter sa bibliothèque de fichiers MP3 personnelle avec le logiciel de la start-up, qui s’est ainsi transformé en véritable jukebox universel digne de rivaliser avec celui d’Apple.
La marge de progression de Spotify reste en outre très importante, notamment sur les cinq marchés européens où sa pénétration reste encore faible et est promise à une forte progression (France, Espagne, Finlande, Norvège et bientôt Pays-Bas). D’autant que plus les internautes utilisent le service gratuit depuis longtemps, plus leur taux de conversion en abonnés est élevé. Au mois de juillet dernier, il était supérieur à 17 % pour les utilisateurs ayant rejoint le service en février 2009, de 12 % pour ceux l’ayant rejoint en avril 2009, de 8 % pour ceux l’ayant rejoint entre juillet et octobre 2009, et inférieur à 5 % pour ceux qui ne l’avaient adopté qu’en janvier 2010. L’objectif de Spotify est de doubler son taux moyen de conversion des « free users » en abonnés dans les 12 mois qui viennent, pour atteindre les 30 %.
Afin de s’assurer d’atteindre cet objectif, Spotify permet depuis le mois de mai dernier d’ouvrir un compte gratuit directement, et non plus uniquement sur invitation. Une offre limitée à 20 heures d’écoute par mois, qui vise à répondre à une demande en très forte progression, tout en contrôlant la croissance des usagers. Le pari est le suivant : les non-abonnés investissent beaucoup de temps dans la construction d’une librairie musicale personnelle sur Spotify (elle est en moyenne de 100 titres au bout de trois mois d’utilisation du service, et de 500 titres au bout de 17 mois) ; ce qui augmente leur fidélité et leur propension à s’abonner. D’autant que la tranche d’âge la mois assidue (les 45-54 ans) écoute en moyenne 300 titres par mois. La limite des 20 heures d’écoute est donc très vite franchie par la plupart des utilisateurs.

63 % des abonnés premium ont moins de 33 ans

Le lancement concomitant d’une offre Spotify illimitée sur le PC à 4,99 € par mois (sans accès au service sur les mobiles ni possibilité d’écoute hors connexion) a contribué à augmenter le taux de conversion en abonnés sans affecter la progression du nombre d’abonnés au service premium complet. En l’espace de quatre mois, Spotify avait recruté 56 000 abonnés à cette nouvelle offre de base et, dans le même temps, le nombre d’abonnés premium était passé de 404 000 à 516 000. La start-up envisage par ailleurs de multiplier les accords de bundle avec les opérateurs de télécommunications, tel celui passé avec Telia en Suède et en Finlande, qui a eu un effet direct sur la hausse du nombre d’abonnés.
Une fois qu’il est abonné, le nombre de titres écoutés par chaque utilisateur tous les mois augmente considérablement. Il franchit la barre des 500 titres par mois pour les 45-54 ans, et passe de 500 à 600 titres par mois à plus de 800 pour les tranches d’âge les plus assidues (les 9-14 ans et les 15-17 ans). Spotify a par ailleurs pour vertu de séduire dans des proportions remarquables les jeunes générations, qui sont les moins enclines à payer pour accéder à la musique sur Internet. Ainsi 28 % des utilisateurs premium ont-ils moins de 24 ans. Et les 18-33 ans représentent 63 % des abonnés premium.
Enfin, une autre vertu de Spotify est de favoriser la vente de musique en téléchargement. Aucune statistique n’est disponible sur les ventes générées sur We7 depuis la mise en place d’un partenariat avec la plateforme britannique, mais c’est un aspect que le service de streaming compte nettement améliorer dans les mois qui viennent, en proposant notamment des bundles. L’ambition de Spotify est clairement de devenir à la fois une plateforme de découverte, à travers son offre de streaming, et une plateforme de téléchargement.

Un redoutable concurrent pour la Pomme

Dans ce domaine, le cercle vertueux que parviennent à créer les services de streaming, dont on craignait qu’ils ne cannibalisent les ventes en téléchargement, ne fait plus aucun doute, à l’image des performances de Deezer, premier affilié d’iTunes en France et troisième en Europe. Tous ces éléments tendent à valider la pertinence du modèle freemium que Spotify cherche à exporter aux Etats-Unis, face auquel les majors américaines ont jusque-là fait de la résistance ; ce qui explique le retard pris par le lancement du service outre-Atlantique.
Quel que soit le partenaire que se choisira Spotify pour se lancer aux Etats-Unis – Google ? Microsoft ? Amazon ? - Apple a du souci à se faire. D’abord, et avant tout, parce que c’est le seul concurrent sérieux d’iTunes à disposer d’un jukebox logiciel digne de ce nom. De nombreuses améliorations devront encore lui être apportées, dans la gestion des playlists, notamment, s’il souhaite faire totalement de l’ombre au logiciel d’Apple. Mais contrairement à iTunes, qui reste une véritable usine à gaz dans l’environnent PC, le logiciel de Spotify est redoutablement optimisé.
Ce dernier est en outre présent sur toutes les plateformes mobiles, d’Android à iOS (iPhone), en passant par Symbian ou Windows Mobile 6 et bientôt 7. Un formidable atout face à la plateforme d’Apple, qui se cantonne à l’iPhone. Or, le mobile est aujourd’hui le principal levier de croissance du marché du téléchargement, au point qu’iTunes réalise désormais un tiers de ses ventes sur iPhone en Europe,- et de celui de l’abonnement. Si elle veut prévenir une hémorragie de ses 100 millions de clients américains en direction de Spotify, la firme de Cupertino n’a d’autre choix que de leur proposer à son tour une offre de streaming. A défaut, Spotify, qu’un buzz de dix-huit mois a déjà précédé aux Etats-Unis, pourrait très bien venir croquer goulûment les parts de la Pomme sur le marché américain de la musique...

Partager cette information

9 Commentaires

  1. vivamusica le 12 octobre 2010

    "à plus de 800 pour les tranches d’âge les plus assidues (les 9-14 ans et les 15-17 ans)."" Y a pas un âge limite pour s’abonner à ce service ? 9-14 c’est pas un peu jeune pour avoir une carte bleue ? Je reste dubitatif sur cette donnée. PSuper intéressant par contre les données d’écoute par tranche d’âge. en moyenne, c’est quasiment 20 fois plus qu’un utilisateur Deezer

    "le cercle vertueux que parviennent à créer les services de streaming, dont on craignait qu’ils ne cannibalisent les ventes en téléchargement, ne fait plus aucun doute" On a aucune data cohérente et qualitative sur le sujet mais oui, le streaming cannibalise les vente et oui le streaming génère des revenus et favorise les download. reste à connaître les ratios et les proportions et là, bizarrement, personne ne veut mettre la main à la poche pour financer l’étude. Excellent article, félicitation



  2. abc le 12 octobre 2010

    Je suis un utilisateur de Spotify de la première heure et abonné Premium depuis un an, et je dois dire que ce service est la chose la plus excitante qui soit arrivé à la musique depuis longtemps ! C’est une chance que ce service soit né en Europe, voire même une anomalie :) Mais quand on voir la domination d’iTunes aux Etats-Unis je me dis que finalement l’Europe est le seul endroit où son plus sérieux concurrent pouvait voir le jour.Ces chiffres sont très encourageants, mais il faut reconnaitre que Apple dispose d’une puissance de feu autrement supérieure à Spotify sur le marché américain, le succès du suédois passe aussi par la bonne volonté des majors qui ont là l’opportunité (unique) de voir une concurrent émerger face à la firme à la pomme.

    "iTunes réalise désormais un tiers de ses ventes sur iPhone en Europe" : ça me parait beaucoup : cela concerne-t-il aussi les ventes de l’AppStore ou seulement la musique ?

    A-t-on une idée des intentions de Spotify en matière de capitalisation ? Ont-ils déjà refusé des offres de rachat de la part d’autres firmes tech ? Est-il envisageable qu’ils entrent en bourse ?



  3. Philippe Astor le 12 octobre 2010

    @abc, je suis abonné à Spotify depuis décembre 2008 (voir mon profil @ http://ow.ly/2SbE8 et ce que j’écrivais sur ce nouveau service à l’époque @ http://ow.ly/2Sc97 ) et je fais le même constat que vous en terme d’expérience musicale. J’ai été auparavant abonné à Rhapsody, Yahoo Music Unlimited, Napster et MusicMe et aucun de ces services n’égalait Spotify de ce point de vue.

    La vraie force de Spotify est à mon avis de fournir un excellent jukebox logiciel (un retour aux fondamentaux ?). L’intégration de nouvelles fonctions sociales au printemps dernier, même si elle mériterait encore de nombreuses améliorations, apporte une réelle valeur ajoutée, la principale étant que l’expérience fournie peut désormais être largement partagée. Le player MP3, qui permet d’intégrer sa propre librairie musicale au service (et donc tous les albums de Led Zeppelin, des Beatles ou d’AC/DC, par exemple, qui ne sont disponibles nulle part, ni en streaming, ni en téléchargement) en fait une alternative de choix à iTunes, en particulier dans l’environnement PC, où le logiciel d’Apple est une plaie.

    Vous avez raison de souligner la puissance de feu d’Apple aux Etats-Unis, cela dit, imaginez le levier que pourrait constituer un partenariat de Spotify avec Amazon, par exemple, pour le téléchargement et la vente de CD par correspondance. Je reste convaincu, comme je l’écris dans cet article, qu’Apple se fait du mouron à bon escient. D’ailleurs, la Pomme fait pression sur les majors américaines pour qu’elles rejètent le modèle freemium de Spotify (cf. http://ow.ly/2ScEn).

    Sur la capitalisation de Spotify, le dernier investisseur accueilli parmi ses actionnaires est Sean Parker, co-fondateur du premier réseau peer-to-peer Napster et ancien patron de Facebook. Selon des documents du Registre du Commerce du Luxembourg diffusés il y a quelques mois, Sean Parker a investi 11,6 millions de dollars dans la start-up suédoise, et détient désormais 5 % de son capital, ce qui valorise Spotify à hauteur de 300 millions de dollars (230 millions d’euros).

    J’ignore si des propositions de rachat leur ont été faites, mais à leur place, j’attendrais encore avant de leur donner suite, à moins qu’elles ne proviennent d’un Google ou d’un Microsoft en amont d’un lancement aux US, et qu’elles se situent très au delà de cette valorisation. Lors du dernier Midem, le bruit a couru que Spotify cherchait à lever 100 millions de dollars en Asie, mais j’ignore si c’était vérifié.



  4. Philippe Astor le 12 octobre 2010

    @abc (bis), sur la proportion de ventes qu’iTunes réalise sur iPhone, l’information, qu’Apple ne confirme pas, m’a été communiquée à deux reprises par Denis Ladegaillerie, PDG de Believe et désormais Pdt du SNEP, la première fois lors d’un entretien pour un article publié sur EL, cf. http://ow.ly/2SdS1



  5. soulsista le 12 octobre 2010

    Merci beaucoup pour ces informations très intéressantes sur Spotify !

    @vivamusica de même je suis un peu sceptique sur les chiffres de l’utilisation de Spotify par les mineurs (cf. "à plus de 800 pour les tranches d’âge les plus assidues (les 9-14 ans et les 15-17 ans)")

    est-ce que ces chiffres proviennent de l’intégration facebook ?



  6. Philippe Astor le 12 octobre 2010

    @vivamusica, soulsista, je confirme les chiffres d’écoute des 9-14 ans et des 15-17 ans, cela dit, ils ne représentent que 2% des utilisateurs et 1 % des abonnés pour les premiers, et 6 % des utilisateurs et 2 % des abonnés pour les seconds. Les 18-24 ans représentent la + forte proportion d’utilisateurs (40 %) et d’abonnés (25 %), avec près de 800 titres écoutés chaque mois pour ces derniers lorsqu’ils sont abonnés.



  7. Philippe Astor le 12 octobre 2010

    @vivamusica, soulsista (bis), au demeurant, il est + exact de parler de nombre de streams que de nombre de titres, un même titre pouvant être écouté plusieurs fois.



  8. gabyu le 12 octobre 2010

    J’avais également apprécié la conception du player, mais l’avait mis davantage en concurrence sur des webradios, comme Deezer qui était dominant à ce moment la.

    Des le debut on retrouve les qualités qui font encore son succes, comme sa rapidé a se lancer.

    le test :http://www.gabyu.com/2009/01/12/let...



  9. chrisrock92100 le 23 novembre 2010

    D’après l’article et mes calculs, en se basant sue les abonnés "premium", on arrive à une moyenne de 800 titres écoutés ("streams") par mois, ce qui fait 27 par jour soit environ 1h30 de musique consommée chaque jour.Connait-on les taux de reversement aux producteurs par Spotify pour chaque écoute ?



Ajouter un commentaire


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)