Premier gouvernement Hollande, la culture du numérique

Le 16 mai 2012, Politique

Fleur Pellerin au numérique, Aurélie Filipetti à la culture et la communication, François Hollande a souhaité que soient représentés dans son premier ...

Facebook : Mauvaise publicité avant l’introduction en bourse

Le 16 mai 2012, Web 1,2,3

General Motors, troisième annonceur américain, va stopper toute publicité payante sur Facebook au motif que celle-ci est "inefficace". Une alerte ...

Free Mobile, la "passation" des 3 millions d’abonnés en vue

Le 15 mai 2012, Web 1,2,3

Premier point d’étape, Free Mobile a recruté 2,6 millions d’abonnés. Xavier Niel propose un rapprochement avec le réseau d’Orange. Iliad entend doubler ...

Presstalis, le gouffre s’ouvre sous les pieds de François Hollande

Le 14 mai 2012, Old fashion media

La prise de fonction du président François Hollande est très attendue par Presstalis et les éditeurs de presse. En jeu, un vaste plan de ...

Télévision connectée : Google branche, Apple patiente (épisode 1)

Le 06 Octobre 2010 dans Old fashion media par Emmanuel Torregano

Google, Apple, sont les leaders incontestables de l’innovation. Ils ont fait de l’internet pour l’un et de l’informatique pour l’autre des produits que le grands publics a apprivoisé. Pourtant, les deux sociétés sont restées aux portes de l’univers de la télévision. Apple a échoué jusqu’à présent avec Apple TV. Google ne veut pas subir le même affront avec sa Google TV. Avec autant d’épisodes qu’il en faudra nous allons analyser les conditions de ce nouveau paradigme. Le premier pose la question de l’environnement utilisateur, tandis que le prochain s’efforcera de comprendre les données économiques de la télévision connectée.

Google TV est le "next big thing". Pour beaucoup, cette alliance du Net et du poste dans le salon préfigure ce que sera le média dominant des années futures. Il apportera sur un même espace, convivial et rassurant, les programmes de la télévision classique, mais avec en plus tout ce qui fait la richesse de l’Internet. Bref, une sorte de vecteur médiatique universel qui projètera le consommateur dans un univers qui aura résolu la grande équation de l’horizontal et du vertical ; comprenez le monde du réseau et celui du diffuseur audiovisuel. En plus de ce miracle - Microsoft avait aussi invoqué les sorciers avec le projet Web TV à la fin des années 90, mais en vain -, Google lorgne fortement sur le marché publicitaire. La télévision draine en effet un chiffre d’affaires publicitaire bien supérieur à celui du Web. Alors que celui-ci approche péniblement les 70 milliards de dollars, la télévision culmine, dans le monde entier, bien sûr, à 280 milliards ! Une simple règle de trois, et Google se voit déjà empereur de la télévision, comme il l’est sur le Net. Encore faut-il pour cela réussir à percer un marché qui a ses habitudes, ses acteurs archi-installés, et dont le périmètre est jalousement gardé par tous.
Pour arriver à ses fins, Google a adopté une méthode qui ressemble fortement à celle employée par Microsoft au début des années 80, quand il s’agissait d’emporter, par tous les moyens nécessaires, le marché de l’informatique personnelle. La société, qui n’était pas encore l’ogre de Redmond, avait alors su noyauter les constructeurs de compatibles pour que Windows soit l’unique système d’exploitation installé sur les machines. Pour le consommateur, l’opération était indolore. Windows était perçu, et continue d’ailleurs d’être perçu, comme un système d’exploitation gratuit, que l’on peut utiliser dès l’achat de n’importe quel ordinateur - Windows a été longtemps très largement piraté, par les entreprises notamment. Dans les faits, la situation est quelque peu plus complexe, puisque Windows est vendu aux fabricants de PC sous forme de licence, dont le montant se répercute évidemment dans le prix. Google va plus loin encore, en proposant son système d’exploitation, aka Android, totalement gratuit aux fabricants de "set top box". Le premier à avoir mis les doigts dans l’engrenage est Logitech. Une société qui s’est faite connaître en fabricant essentiellement des claviers et des souris - ce qui, on le verra plus tard, ne manque pas de sel.

Cycle long

La stratégie de Google repose en fait sur un consensus faible entre la valeur du service et le consommateur. Autrement dit, Google ne cherche pas à convaincre le client que son service est au-dessus des autres par ses qualités, etc., mais que, puisqu’il est gratuit, autant le prendre ! Une sorte de pari pascalien... Encore faut-il que le client soit d’accord pour acheter le boitier nécessaire pour se connecter à Google TV ? Un produit indispensable dans la machinerie Google TV, car le cycle de vente des écrans de télévision est bien trop long. Il est en moyenne de 7 ans, ce qui signifie que parfois, un écran n’est pas renouvelé avant dix ans ! C’est un investissement important pour les foyers, qui n’achètent pas tous les quatre matins un produit nouveau pour suivre la mode ou les avancées technologiques, et cela malgré le battage marketing. Pour court-circuiter ce cycle long, Google a besoin d’installer un parc de set-top box qui pourront suivre par leur renouvellement les progrès des fonctionnalités proposées par Google TV.
Si l’envie ne l’emporte pas encore chez les consommateurs, qui pour la plupart n’ont jamais entendu parlé de télévision connectée, n’en ont jamais vu, et Google ne veut pas prendre le risque de se lancer dans une campagne coûteuse et incertaine. Ce seront donc les autres, soit les partenaires, qui parleront le plus de Google TV.
Et il y a biens d’autres raisons à ce particularisme. Tout d’abord, si la télévision connectée n’est pas encore au centre des préoccupations dépensières des foyers, elle est aussi un vrai casse-tête pour les fabricants de set-top box. Sans aller trop dans les détails, il existe un premier mur dans l’univers de la télévision : la télécommande. Celle-ci refuse obstinément de se laisser transformer en clavier... Allez savoir pourquoi, toutes les tentatives du genre ont échoué. Voilà qui rend plus compliqué l’utilisation d’un service de navigation internet sur un écran, ou encore une simple recherche dans un moteur. De multiples fabricants ont tenté l’aventure, mais les ventes sont restées indigentes, et chaque fois bien en dessous des objectifs. Le clavier et la télévision, ça ne marche pas, on court au divorce avant même de consommer l’union. Le deuxième mur contre lequel les promoteurs de la télévision connectée se heurtent tient à la nature même de la consommation de la télévision. Elle est bien connue, et malgré les années, elle reste inchangée... La télévision est un média de flux pré-machés, pré-emballés, et que le téléspectateur sélectionne, mais il refuse d’en faire plus. On l’allume, et on attend que ça passe, avec plus ou moins de chance, mais rarement avec la volonté d’en prendre les commandes.
Si l’on fait l’addition de toutes ces petites tracasseries, Google TV, et plus largement la télévision connectée, semble un lointain fantasme, et pour tout dire une incongruité pour les consommateurs. On comprend mieux la prudence de la société basée à Mountain View, qui sait bien, elle, que ce pari n’a rien de gagné, et qu’il est plus prudent de ne pas se mettre en première ligne.

iPad, écran prioritaire

Et Apple dans tout cela ? Pour quelles raisons, cette société qui a fait la preuve de sa capacité à innover en proposant au grand public une adaptation correcte de concepts technologiques de pointe, s’est-elle fait griller la politesse par Google ? Difficile d’expliquer ce retard à l’allumage. La technologie, Apple la possède. C’est à peu de choses près celle qui lui a permis de réinventer le smartphone avec l’iPhone. Pour une bonne partie, elle est aussi présente dans la nouvelle Apple TV, qui fonctionne en effet avec un iOS. Est-ce à dire qu’Apple a refusé de passer au niveau supérieur car la firme de Cupertino, grande spécialiste de l’expérience client, a su déceler dans le paradigme de la télévision connectée une complexité encore trop élevé ? Et que finalement, l’écran prioritaire d’Apple est maintenant iPad. C’est bien ce qu’on pourrait comprendre des réponses distillées par Steve Jobs, le Pdg d’Apple, qui expliquait dernièrement qu’il consommait plus souvent les films sur son iPad que sur la télévision du salon. Voilà donc le pari d’Apple : un écran onanistique capable d’afficher les contenus de la télévision mais apportant une ergonomie radicalement différente.
Cette variation sur le thème des écrans connectés se comprend aisément, car Apple a patiemment mis en place une chaîne de valeur nouvelle - verticalisée - dont elle maîtrise chaque élément. Depuis le store en ligne, avec sa politique éditoriale, tarifaire, et les licences qui vont avec, jusqu’à l’écran, qui peut être autant un ordinateur qu’un mobile. Chacun des maillons est indispensable à l’architecture globale, surtout parce que chacun contribue à la marge financière de la société. Voilà bien le caractère étonnant de cette entreprise, qui a pris soin de gagner à tous les étages. On ne peut pas en dire autant de Google, pour l’instant...



Episode 2 "TV connectée : le temps de cerveau disponible pour Angry Birds (épisode 2)"

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4 Commentaires

  1. Gilles Pezet (@gip89) le 6 octobre 2010

    Toute tentative de synthèse sur cette nouvelle alliance web et TV est méritoire tant le sujet semble encore confus (multiplication des acteurs, intérêts divergents et opposés tout au long de la chaîne de valeur, modèles économiques incertains, standards techniques etc).Bravo donc. Quelques commentaires sur le texte lui même.

    # Sur l’incompatibilité, clavier, télécommande, télévision.Le smartphone peut être une alternative intéressante ; des applications existent déjà. Autre horizon, l’absence d’interface physique. Le téléspectateur internaute est l’interface (commandes vocales, gestuelles etc). Microsoft Kinect pourrait en être une préfiguration intéressante.

    # Sur la passivité du téléspectateur inhérente au média télévisuel.Vaste sujet. Passivité de fait puisque qu’aucune interactivité n’était tout simplement proposée. Quand l’offre existe (prenons les SMS de C dans l’air) elle est utilisée. Marginalement certes. Mais cette forme, même améliorée de participation directe à un programme n’est en effet sans doute pas le plus important. Le vrai changement avec la TV connectée sera sans-doute l’interactivité disons indirecte. Le programme devient le support, le centre d’une circumnavigation du téléspectateur internaute. Avec bien sur un rôle clé pour les médias sociaux. Rôle de recommandation en amont et support de commentaires en aval, avec cette fois participation directe des acteurs du programme (journalistes, acteurs, programmateurs...).

    #Sur Apple.Je penche de votre côté mais les jeux ne sont pas faits. Je ne crois pas en revanche à l’idée du choix volontaire de privilégier l’iPad. La consommation des programmes audiovisuelles sera bien entendu multi-supports, de la grande TV au smartphone en passant par la tablette, PC etc. Je pense plutôt que Apple n’a pas les mêmes rapports ni les mêmes audaces avec les ayants droits de l’écosystème audiovisuel. Quand Google veut agréger de l’information ou d’autres contenus il le fait puis discute ou plus souvent fait semblant de discuter après. Apple est très proche des grands studios et des networks US. Ces derniers étant plutôt hostile à l’idée de subir le sort de l’industrie musicale après iTunes, Apple à limité son modèle.Enfin, il ne faut pas perdre de vue que Google TV et Apple TV sont deux produits très différents. Pour Apple une set-top-Box axée VoD avec films et séries en produits d’appel. Pour Google c’est un poste ouvert sur le web complet. La notion d’applications est évidemment présente mais le coeur du système reste le "search".

    Vivement la suite.



  2. Fabrice le 6 octobre 2010

    Un bel article sur un sujet passionnant que nous avons également adressé : http://blog.talan.fr/2010/07/05/la-...

    Vous y trouverez peut être quelques idées pour épisode 2 que nous attendons déjà avec impatience ;p)



  3.  le 7 octobre 2010

    Pascalien en effet .... Surtout que la connect tv risque de rester dans les cartons en particulier en France Orange, Free, sfr et BYTEL ont reussi a construire des offres efficaces. Bonne chance a google et Apple.



  4. Gilbert le 7 octobre 2010

    Le systeme Boxee (boxee.tv) existe depuis bien plus longtemps, et apporte des avantages nettement supérieurs au projet Google TVSans compter qu’il s’installe sur pratiquement toutes les plateformes/media servers.



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