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Travailler ensemble oui, mais pas à n’importe quel prix (Réponse à Axel Dauchez), par David El Sayegh

Le 08 Mars 2011 dans So_cult’ par TRIBUNE LIBRE

A la suite de la tribune d’Axel Dauchez, le président de Deezer, parue dans Le Monde, David El Sayegh, directeur général du SNEP (syndicat national de l’édition phonographique) a souhaité apporter sa contribution au débat dans une réponse que nous publions en exclusivité.

Dans une récente tribune publiée dans leMonde.fr, Axel Dauchez, Président de Deezer, nous propose une analyse des enjeux de l’industrie musicale pour les années à venir.

Nous ne pouvons que partager le point de vue du Président de Deezer lorsque celui-ci considère que 2010 a été une période de transition qui a permis l’avènement d’un nouveau mode d’exploitation, le streaming, lequel ringardise le piratage en offrant une qualité de service bien supérieure aux consommateurs, favorisant ainsi la création de nouveaux usages en matière de consommation de musique dématérialisée.

De même, il est incontestable que le maintien de notre indépendance culturelle face aux développements de géants américains constitue un enjeu fondamental dans un secteur d’activité qui, plus que tout autre, est confronté à un phénomène de mondialisation, lié au caractère immatériel des services en ligne, permettant à des acteurs internationaux d’opérer sur notre territoire à coût marginal tout en bénéficiant d’une optimisation fiscale (TVA acquittée au Luxembourg, impôt sur les bénéfices payé en Irlande).

Toutefois, comparaison n’est pas toujours raison et certaines analyses d’Axel suscitent notre étonnement, voire notre désaccord.

Ainsi, prétendre que le streaming gratuit, qui offre un très grand degré d’interactivité, a vocation à remplacer le rôle joué par les radios FM nous semble inexact pour deux raisons majeures :

D’une part, un service de streaming aussi performant soit-il n’est pas aussi prescripteur qu’une radio FM en raison d’un morcellement de son audience ;

D’autre part, l’interactivité liée au service de streaming cannibalise l’achat de musique. Sinon comment expliquer que ceux qui s’adonnaient au téléchargement illégal soient devenus des « deezernautes » ?

Mais surtout, considérer que la seule présence d’un service de streaming gratuit, financé par la publicité, permettrait une conversion massive des internautes à des modèles payants est un leurre.

En effet, si Deezer compte aujourd’hui plus de 600 000 abonnés à son service premium, ce dont nous nous félicitons, il ne le doit qu’à l’offre mise en place avec l’opérateur Orange, laquelle inclut le service de musique en ligne dans l’abonnement 3G ou à l’Internet fixe sans surcoût apparent pour l’abonné.

Pour s’en convaincre, il suffit de prendre en considération le nombre d’abonnés à l’offre payante de Deezer en juillet dernier avant le lancement de l’offre Orange, c’est-à-dire moins de 10 000 personnes, par rapport aux nombres de visiteurs uniques de ce même service dans sa version gratuite à cette même période, près de 5 millions, pour constater que le taux de conversion gratuit/payant de ce service ne dépassait pas 0, 2 %.

Quel « fabuleux outil de conversion » aux modèles payants !

Par ailleurs, lorsqu’Axel évoque la nécessité de préserver la diversité culturelle, préoccupation que nous partageons, ce dernier omet de préciser que le streaming gratuit ne repose pas sur un modèle économique pérenne qui garantirait une telle diversité.

En 2010, les services des streaming financés par la publicité (dont Deezer et Spotify mais aussi Youtube ou Dailymotion) ont généré pour l’ensemble des producteurs phonographiques un chiffre d’affaires de 9, 8 millions d’euros (contre 9 millions pour 2009), soit moins de 1, 8 % de leur chiffre d’affaires.

Ce chiffe n’a guère vocation à évoluer de manière significative dans un futur proche en raison de la configuration du marché publicitaire sur Internet dont 80 % des recettes sont confisquées par un seul acteur : Google.

Le prédécesseur d’Axel Dauchez ne reconnaissait-il pas, lors de son audition par la commission Zelnik, qu’un service gratuit de streaming ne pouvait générer guère plus que 2 euros par an et par visiteur unique ?

Parallèlement, les besoins de financement pour la production de nouveautés francophones sont estimés à hauteur de 154 millions d’euros pour 2010. Ainsi, le chiffre d’affaires généré aujourd’hui par le streaming gratuit ne couvre même pas 7 % des besoins de financement de la production locale…

Si le streaming devient, comme l’estime le Président de Deezer, le mode d’exploitation prépondérant, son incapacité à soutenir les investissements liés à la production locale conduira l’industrie musicale dans une impasse économique.

Enfin, faire du piratage le seul point de référence pour justifier la pertinence de service de streaming gratuit nous semble être un argument spécieux qui pourrait être résumé de la manière suivante : pour remplacer le peer-to-peer, Axel nous propose le pire, c’est-à-dire un service qui ne créerait pas de valeur ajoutée pour l’ensemble des acteurs de la filière musicale, tout en donnant l’illusion aux internautes de participer au développement de l’offre légale.

Car, n’en déplaise à certains donneurs de leçon de la blogosphère, la problématique des services gratuits financés par la publicité n’est pas qu’une obsession de majors rétrogrades.

Pour preuve, le témoignage de Romain Germa, cofondateur du label Makasound, qui dans une récente tribune publiée par Libération, intitulée « Deezer, Spotify, Youtube et les autres...m’ont tué », explique que 100 000 écoutes sur un service de streaming en ligne lui ont rapporté la somme de 150 euros, à partager royalement entre le producteur et les artistes.

Il nous apparaît donc indispensable d’envisager le streaming financé par la publicité pour ce qu’il est : une fenêtre d’exposition qui constitue une véritable alternative aux médias traditionnels, en exposant des artistes qui n’ont pas accès aux playlists des radios, mais certainement pas un mode d’exploitation qui contribue à l’écosystème de la musique en ligne.

Dans ces conditions, et conformément aux engagements pris par les plateformes dans le cadre de la médiation Hoog, il est plus qu’urgent que ces dernières s’engagent à mettre en œuvre des services payants à valeur ajoutée, qui se distingueront forcément, dans une logique de gamme, des services gratuits.

A défaut, la problématique pour l’ensemble des acteurs de la musique en ligne ne sera pas seulement, comme l’affirme Axel, celle « de notre indépendance culturelle face à la mondialisation de la distribution numérique », mais aussi celle de la capacité pour des entreprises culturelles implantées localement de continuer à produire.

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16 Commentaires

  1. Gérard qui doit éponger le 9 mars 2011

    "Parallèlement, les besoins de financement pour la production de nouveautés francophones sont estimés à hauteur de 154 millions d’euros pour 2010. Ainsi, le chiffre d’affaires généré aujourd’hui par le streaming gratuit ne couvre même pas 7 % des besoins de financement de la production locale…"

    Donc une licence globale de 0,65€/mois est suffisente pour financer toute la production Française d’une année. Et dire que la LG proposée serait de 5€/mois...



  2. Benjamin le 9 mars 2011

    @Gérard : La licence globale imposerait un prix qui progresserait à chaque introduction d’une nouvelle industrie dans la répartition de cette même licence globale. Au fur et à mesure, le prix de la licence globale serait beaucoup trop grande (et obligatoire), imposés aux abonnements ; ce qui induirait une stagnation des nouveaux abonnements voire une multiplication des désabonnements (surtout en cette période) ; donc réduction du pot commun ; et enfin, comment fait-on cette répartition ?



  3. Vive La Musique le 9 mars 2011

    Les majors sont extraordinaires : elles ont essayé de monter leur propres magasins en ligne, elles ont échoué, mais elles donnent des leçons à ceux qui sont en train de réussir. Elles voudraient sans doute qu’ils échouent eux aussi.

    Dans la même veine, elles donnent des leçons aux radios FM après les avoir perverties à coup de partenariats pub TV et autres petits cadeaux de fin d’année.

    Elles donnent également des leçons aux chaînes de TV alors qu’en tant qu’organisateurs des Victoires de la musique ou du Prix Constantin elles sont incapables de générer des audiences exceptionnelles avec leurs artistes.

    Les majors sont parfaites, ce sont les autres qui sont nuls.

    David El Sayeg, qui n’a jamais développé un artiste de sa vie, défend très mal un modèle qui ne fonctionne plus.



  4. Statler le 9 mars 2011

    "D’autre part, l’interactivité liée au service de streaming cannibalise l’achat de musique. Sinon comment expliquer que ceux qui s’adonnaient au téléchargement illégal soient devenus des « deezernautes » ?"

    Ce sophisme me semble fondé sur le fait que ceux qui piratent n’achètent pas de musique. Dur de lire la suite après ce genre de manichéisme (les gentils/les méchants qui piratent et qui n’achètent pas et qui n’achèteront plus jamais).



  5. BenjaminS le 9 mars 2011

    Finalement le constat est assez juste : le modèle numérique actuel ne génère pas de valeur ajoutée. Et ce même si, rêvons un peu, il n’y avait plus d’échanges illicites. C’est bien tout le problème, l’ultime espoir du passage d’un modèle physique vers un modèle numérique légal n’est même pas viable économiquement. Et Google music n’est toujours pas arrivé... ll faut donc trouver autre chose.



  6. Damien le 9 mars 2011

    @Vive la musiqueDavid El Sayegh a raison de défendre la valeur de la musique. C’est un combat commun à tous ceux qui participent à la création musicale.Il est vain de chercher à stigmatiser les majors alors que Makasound, No Format, tous les indés et, plus généralement, tous ceux qui consacrent réellement leur énergie à faire vivre la musique sont sur cette même ligne.Tu ferais bien mieux de mettre ta rancœur et tes idées préconçues de côté pour réfléchir au fond du débat : comment assurer le financement et la diversité de la production locale ?On ne peut pas dire « vive la musique » quand on affiche une telle ignorance de la réalité de la situation économique de la production locale…



  7. Valery le 9 mars 2011

    La diversité culturelle ne s’est jamais si bien portée.Pour le meilleur et pour le pire.

    Mais plutôt que parler de diversité culturelle il faudrait parler de "diversité culturelle pour des artistes qui veulent être payés avant de jouer".Parce que cette diversité culturelle là elle en prend plein la gueule et c’est pas fini.

    Mais "la diversité culturelle venant des artistes pour qui jouer est une question de vie ou de mort", cette diversité là se porte très bien merci*.

    Vous allez me dire "ah ben d’accord tu veux pas que les artistes soient payés". Oh ben si je veux, je veux mille fois. Mais je ne parle pas de ce que je veux mais de ce que je vois.

    Pour la première diversité on a : "les besoins de financement pour la production de nouveautés francophones sont estimés à hauteur de 154 millions d’euros pour 2010" .Et deezer ne les paiera pas c’est clair. Ni spotify, ni aucun autre (enfin pas tant que ça reste comme ça**).

    Pour la seconde on a des milliers et des milliers d’artistes qui financent leur production avec des bout de ficelles et l’aide de quelques fans (comptez 1000 euros à 3000 euros par production). Allez écouter ça http://dorianwood.bandcamp.com/albu...Et dites-moi que c’est un enregistrement de crotte.

    Donc je suis assez d’accord sur le fait que le streaming tel qu’il existe aujourd’hui ne permet pas de financer la diversité.

    Et je suis 100% d’accord avec moi-même pour dire que la diversité ne s’en porte pas plus mal.

    Alors diversification ou déprofessionnalisation ? Vaste débat.

    Et pour les artistes ? Eh bien pour les artistes c’est comme d’habitude : à part pour les 10 premiers du TOP 50, à peu près tout le monde s’en fout...

    * et il n’y a pas de jugement de valeur sur la musique que produise les uns et les autres hein...** on pourrait au passage parler des majors qui siphonnent les revenus des Spoteezer avec les MG mais c’est un autre débat



  8. Vive La Musique le 9 mars 2011

    @Damien David El Sayeg ne défend pas la valeur de la musique mais les revenus des distributeurs. N’oublions pas que les majors sont opposées à la gestion collective qui permettrait aux artistes d’avoir des revenu plus transparents issus de la musique en ligne.

    Evidemment que je défend la valeur de la musique - mais la majorité des revenus générés ne doivent pas forcément être captés par les majors.

    Je ne stigmatise pas les majors et il est vrai que les producteurs indépendants ont aussi des problèmes liés à la crise du disque. Reste que les majors sont avant tout des distributeurs tandis que les labels indépendants que tu cites sont des producteurs. Ce n’est pas tout à fait la même économie - pour ne pas dire pas du tout.

    Je ne suis pas certain que les producteurs indépendants soient sur la même ligne que les majors concernant les problématiques de la distribution de la musique en ligne.

    J’affirme "Vive la musique" et je crois qu’en effet il faut trouver des solutions pour financer la diversité et le développement des artistes et répertoires locaux. Je ne suis cependant pas certain que les majors ait cette priorité. Elles ont ce discours, mais pas cette priorité.

    On ne résoudra pas ces questions en accédant aux demandes des majors - C’est tout une politique culturelle qu’il faut reconstruire... avec tous les interlocuteurs y compris les plateformes comme Deezer ou les opérateurs comme Orange qu’il faut cesser d’exclure de la filière musicale.



  9. Damien le 9 mars 2011

    @Vive la musiqueDe quoi tu parles VLM ?! =)Les indés ne seraient que producteurs et les majors que distributeurs ? Si tu regardes d’un peu plus près les activités de Wagram, Naïve, Pias and so on, tu verras que tu es loin du compte.Et quand bien même… les revenus des producteurs découlent de ceux des distributeurs. Tenter de les opposer n’a aucun sens, c’est sans doute un vieux réflexe post soixante-huitard mais je doute que cela soit constructif. Il me semble au contraire que la filière musicale a tout intérêt à jouer collectif et c’est bien l’impression qu’elle donne avec cette tribune.Quant à la gestion collective, ce n’est malheureusement pas la panacée, pour qui que ce soit. Les artistes ont attendu 25 ans une revalorisation des barèmes de la SPRE. Je doute qu’ils puissent se payer un tel luxe pour les exploitations numériques.Encore un qui a trop lu numerama…



  10. Vive La Musique le 9 mars 2011

    @DamienQuoi que vous écriviez, les indépendants sont essentiellement des producteurs, les majors sont toujours des distributeurs. Il est vrai que les gros indés sont aussi distributeurs... La production reste un métier artisanal...

    Il ne s’agit pas bien sûr d’opposer majors et indépendants mais d’affirmer que sur certains dossiers les enjeux ne sont pas forcément convergents ; et qu’en tous cas il existe deux métiers bien distincts (et complémentaires), celui de producteur et celui de distributeur.

    Dans le numérique, le distributeur de CD n’a plus la même utilité...

    Evidemment que la filière a intérêt à jouer collectif, comme vous dites, d’où justement l’intérêt de la gestion collective.... Les auteurs, les compositeurs et les éditeurs la pratiquent depuis 150 ans. Vous verrez, les artistes et les producteurs y viendront.

    Pour le reste, j’aime bien vos réflexions sur Numérama et sur Mai 68. Hypra constructif :-)



  11. Cathleen le 9 mars 2011

    @Benjamin qui répond @Gérard qui doit éponger

    Arguments trop facile

    1/ la licence globale n’est pas là pour remplacer les autres méthodes de financement, elle ne doit couvrir que la partie échange hors commerce entre particuliers. La vente de CD n’est pas incompatible avec (encore faut-il adapter la vente de CD elle aussi).

    2/La licence globale n’a pas a être obligatoire, moi par exemple je m’en tape totalement de la musique je vois pas pourquoi je devrais payer pour vous. Par contre je veux bien payer une LG séries US/UK et Japanimation, le reste je m’en tape. Il est très facile de faire de faire des LG optionnelle mais obligatoire si on échange un type particulier de loisirs audiovisuel. Les personnes qui téléchargent rien n’auront rien à payer, et on peut toujours faire une LG sociale pour les plus pauvre.

    3/Pour la répartition c’est facile, légaliser des sites et labelliser les, suffira plus qu’à prendre les relevés de chaque sites (streaming, P2P, newgroup, DDL) et voile vous pourrez savoir ce qui a été vu et combien de fois.

    En plus la musique devrait être beaucoup plus modeste elle qui ne représente plus que 3% des échanges/téléchargements.



  12. Fred le 9 mars 2011

    "En plus la musique devrait être beaucoup plus modeste elle qui ne représente plus que 3% des échanges/téléchargements."

    D’après la même étude c’est le porno qui serait le plus téléchargé. Donc avec une LG globale et obligatoire "argument" des ayants droit il faudrait payer en priorité l’industrie du porno, toujours d’accord Ben ?



  13. FabienM le 11 mars 2011

    Bonjour David, j’aime bien votre article, même si je ne suis pas d’accord sur tout. Je trouve qu’il raconte bien le dilemme des maisons de disque face à Deezer. Il est bien écrit et intelligent. Je comprends votre crainte de perdre votre place dans la chaîne de valeur. J’ai beaucoup aimé aussi la tribune libre de Romain dans Libé. Il est resté très nuancé malgré le titre choc.

    J’ai une question + J’aimerais vous dire une chose.Ma question : pourquoi faut-il 154 millions par an à la prod française ? Les coûts de prod ne baissent-ils pas eux aussi ?Ma remarque courtoise : svp, ne faites pas d’amalgame sur le streaming, comme Pascal Nègre. Le streaming, c’est une technologie de diffusion de fichiers numériques, c’est tout. On peut l’utiliser pour en faire des services rentables et bénéfiques (ce que je soutiens absolument) ou bien pour piller vos catalogues (ce que je réfute absolument, notamment sur mon blog www.macarieweb.com).Merci pour votre lecture.



  14. sigh le 11 mars 2011

    "Par contre je veux bien payer une LG séries US/UK et Japanimation, le reste je m’en tape."

    Et on fait quoi de la production Française si tous les internautes ne veulent plus payer pour elle ?



  15. Cathleen le 13 mars 2011

    "Et on fait quoi de la production Française si tous les internautes ne veulent plus payer pour elle ?"

    La fameuse production audio-visuelle Française si vantée peut aussi gagner des parts de marchés chez les moins de 50 ans sans nous "taxer" pour continuer a produire, non ?



  16. nothing le 21 mars 2011

    Franchement la "production Française", elle touche pas déjà avec la taxe pour copie privée, les HADOPI, les crédits d’impots aux producteurs, la future taxe sur les abonnement internet ? vous ne voulez pas aussi une CSG culturel pour les futurs Sardoux/Johnny ?



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