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Presstalis, le gouffre s’ouvre sous les pieds de François Hollande

Le 14 mai 2012, Old fashion media

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Une étude démontre que "oui", le P2P représente un gros manque à gagner !

Le 15 Mars 2011 dans Peer2peer par Emmanuel Torregano

Une étude canadienne conclut à un rapport étroit entre P2P et crise du disque. Selon le Conseil canadien de la propriété intellectuelle, les adeptes du P2P représentent un vrai manque à gagner pour l’industrie de la musique.

Petit à petit, les études se succèdent pour tenter de mieux cerner ce phénomène, pourtant déjà ancien, qu’est l’échange de fichiers sur les réseaux P2P. Et petit à petit, l’image qui s’en dégage paraît chaque fois plus contrastée, au mieux, ou carrément illisible car contradictoire. Cette fois, c’est une étude conduite au nom du Conseil canadien de la propriété intellectuelle qui vient semer le doute dans l’esprit des observateurs - la même qui récemment était mise en doute par TorrentFreak.
L’objet de cette enquête est de définir quelles sont les relations entre le P2P et l’achat de musique chez les internautes qui s’adonnent à cette pratique du réseau. Une démarche très intéressante, car elle tente de répondre à une question qui empoisonne depuis longtemps les relations entre les défenseurs des ayants droit et les pro-P2P : le téléchargement illicite est-il une perte sèche pour l’industrie de la musique, sous la forme d’un manque à gagner ? Si tel est le cas, alors les producteurs et les artistes ont tout intérêt à pousser les états à adopter des législations coercitives pour remettre dans le "droit chemin" l’internaute égaré et faire qu’il paie enfin la musique qu’il consomme ! Au contraire, si l’étude montre que le P2Piste est un acharné de la gratuité, pour lequel jamais un sou ne devrait être dépensé dans la musique en ligne, alors que ceux qui entrent dans cette industrie perdent instamment tout espoir...

Méthodologie inédite

La réponse apportée à la fin de l’étude par le Conseil canadien de la propriété intellectuelle est sans équivoque sur ce point : le P2P est bien une sorte de manque à gagner pour l’industrie de la musique. Bien évidemment, le commanditaire de cette étude ne peut que jeter la suspicion sur une telle conclusion. Cependant, il convient de s’y attarder car, même si l’on émet des réserves, la démarche permet d’en apprendre sur la nature des arguments qui seront invoqués par les ayants droit. Il est évident que ces conclusions, plus que favorables aux thèses des producteurs de musique, seront réutilisées dans d’autres contextes. Sans que l’on trouve à y redire d’ailleurs, puisque le camp d’en face fourbit également ses armes.
Pour revenir au détail de cette étude, sa méthodologie est des plus inédites. Le Conseil canadien de la propriété intellectuelle s’est permis de reprendre les données collectées en 2007 pour une autre enquête menée sous l’égide du ministère de l’Industrie canadien. Cette dernière avait conclu à une totale étanchéité entre le P2P et la vente de musique, allant jusqu’à déculpabiliser le P2P de tout effet négatif sur les ventes de disques. Une position radicale qui n’est pas si courante que cela, même chez les pro-P2P qui, bien souvent, revendiquent le fait que les gros téléchargeurs dépensent aussi beaucoup en musique "légale". Ce que corrobore d’ailleurs la récente enquête menée par l’Hadopi sur les comportements des téléchargeurs.

Manque à gagner

Les données ont donc été retravaillées par le professeur George Barker, directeur du Centre sur la loi et l’économie à l’université nationale australienne. Tout son travail s’est articulé dans cette affaire autour d’une question posée aux internautes : si vous n’aviez pas la possibilité d’obtenir sur le P2P la musique que vous voulez, iriez-vous l’acheter sur l’Internet ? La réponse est oui dans 75% des cas - 25% restent totalement hermétiques à l’achat de musique sous quelque forme que ce soit ! Autrement dit, interdisez l’accès au P2P et vous sauverez l’industrie de la musique, semble nous dire ce bon professeur. Bien évidemment, la composante "prix" a son importance. Et pour cela rien ne vaut un schéma :






Il s’agit ici de montrer quels seraient les comportements des P2Pistes si la musique n’était pas accessible sur les réseaux d’échange gratuits. Seuls les internautes qui ont répondu "oui" à la question "Achèteriez-vous de la musique ?" sont représentés. L’étude va plus loin, en proposant de faire un état des lieux du fameux manque à gagner généré par le P2P. La réponse ne s’entend que sur le territoire canadien, qui ne fait pas partie des gros marchés du disque, cependant le résultat est édifiant. Selon les lobbyistes du droit d’auteur, le marché canadien a perdu, entre 2005 et 2007, près de 1,2 milliard de dollars.
De quoi donc apporter de l’eau au moulin de ceux qui luttent contre le P2P et le piratage numérique au sens large, et pour qui un monde débarrassé de ces pratiques serait forcément un paradis économique. Ce qui ne ferait pas oublier, cependant, les erreurs de communication de certains dirigeants de maisons de disques, qui ont stigmatisé, voire accusé, le consommateur de musique mis soudain au ban car il ne payait plus pour son plaisir. Or, comme le montre très bien cette étude, le P2Piste est aussi un acheteur de musique, qui a basculé dans le Net gratuit par opportunisme économique.



Télécharger l’étude



PDF - 552.1 ko

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11 Commentaires

  1. Luk le 15 mars 2011

    "Les membres initiaux sont : Cisco Systems Canada Co. ; Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada ; L’association de l’industrie canadienne de l’enregistrement ; Pfizer Canada ; L’Association canadienne des distributeurs de films ; Sanofi- Aventis Canada Inc. ; Microsoft Canada Co. ; Imperial Tobacco Canada ; Osler, Hoskin & Harcourt LLP ; GE Canada ; Louis Vuitton ; l’Association des distillateurs canadiens"

    Heuuuuuuu, le parti pirate dit que non, le piratage ne nuit pas à la création. Qui croire ;)



  2. Romain le 15 mars 2011

    useless article, once again…

    « a démontré » « montre très bien » On comprend que vous soyez opposé à l’échange non marchand de musique sur internet, mais pourquoi le laisser tant transparaître dans vos articles, au point de travestir les résultats de cette étude ?Cette étude ne « démontre » rien, ne prouve rien encore une fois. Ok une partie de la musique échangée sur internet gratuitement serait acquise légalement si le P2P n’existait pas. Sérieusement, vous en doutiez ? Je ne peux pas y croire. Tout le monde est d’accord sur ce point, c’est incroyablement naïf de faire croire que c’est une nouvelle !

    Je ne vais pas lire l’étude, mais m’en tenir à ce que vous avez cité (une fois n’est pas coutume je vais faire confiance à ce que vous dites). Donc, même si dans ce cas il y aurait un report de quelques P2Pistes sur le payant, où est comptabilisée la part de dépenses dans la musique que les utilisateurs de P2P&sites payants par exemple, ont découvert grâce au P2P ? Quelle est la part des utilisateurs de P2P only qui sont allés voir des concerts qu’ils ne seraient jamais allés voir si ils n’avaient jamais téléchargé ?

    Encore une fois, vos arguments ne tiennent pas la route, et cette étude ne démontre rien, elle ne fait que regarder les étoiles avec un microscope. La réalité est bien plus complexe, bien plus riche, et heureusement les comportements humains ne sont pas prédictibles par une étude quelle qu’elle soit. De plus, c’est une évolution inarrêtable, donc arrêtons de nous focaliser là-dessus. On n’arrête pas la mer avec les mains !



  3. Cathleen le 15 mars 2011

    Une étude démontre que "oui", le P2P représente un gros manque à gagner !*

    *une étude faite par et pour les lobbies

    Niveau crédibilité c’est zéro.



  4. Ali Baba le 16 mars 2011

    Or, comme le montre très bien cette étude, le P2Piste est aussi un acheteur de musique, qui a basculé dans la musique payante par découverte musicale.

    Le succès d’iTunes montre bien que quand on offre une solution simple et bon marché les gens se ruent dessus.

    Honnêtement, combien de fois n’ai-je pas été poussé au P2P parce que les solutions légales n’existaient tout simplement pas ? Je n’ai pas envie d’attendre 1 an pour voir une série américaine dont je suis fan. Si on avait pu les acheter en VOSTFR dès le lendemain de la diffusion aux USA, je n’aurais jamais téléchargé µTorrent, et j’aurais déjà dépensé une ou deux centaine d’euros en achat de cette série. Le voilà le manque à gagner : il est dans l’inadéquation de l’offre.

    Le bâton de Ben Ali n’a plus suffi quand le désir de liberté est devenu trop grand. De même (à une autre échelle de gravité, mais le mécanisme est le même) tous les bâtons de l’industrie musicale ne pourront rien si elle ne répond pas aux désirs de ses clients. Car il ne faudrait quand même pas oublier que ce sont ses propres clients qu’elle combat !!



  5. Emmanuel Torregano le 16 mars 2011

    @romain, merci encore du temps que vous prenez à venir ici dire tout le mal que vous en pensez, cependant, ne faites pas preuve toujours d’autant de certitudes. Votre opinion est certainement respectable, mais ici il ne s’agit pas des miennes ou de celles de EL. Nous relayons. La critique n’était pas le sujet. Elle a sa place aussi sur EL. Pas cette fois. Relisez la fin, vous y verrez une pic acerbe des majors, certainement la plus aiguë possible sur leur rôle dans cette histoire.

    @luk et les autres sur l’origine de cette étude : pourquoi ne pas débattre du contenu ? Le procès que vous faites est trop facile. Ce prof australien est peut être très bien. Et qu’importe d’ailleurs, nous vous avons fourni l’étude. Essayez de la démonter de l’intérieur si cela vous chante. Sinon, ce que vous dites n’a pas de portée. N’oubliez pas que les autres aussi sont des lobbyistes, et que des études il en sort sans arrêt aussi financée par les pro-p2p. Celle ci nous ait apparu intéressante car elle parle très précisément du "manque à gagner" un argument que les ayant droit ont utilisé sans jamais le démontrer autrement que par l’affirmation.

    Merci



  6. Luk le 16 mars 2011

    @Emmanuel Torregano : je te rassure, je fais la même critique si l’étude est financée par le camp d’en face :)

    J’ai un énorme blocage sur le résultat qui est que seulement 25% de la musique téléchargée illégalement n’aurait pas fait l’effet d’un achat. Ce nombre me paraît aberrant compte tenu de l’énorme effet d’aubaine de la gratuité. Les expérience de "pay wall" de la presse en ligne montrent qu’une infime fraction des visiteurs passent à l’acte de payer (même s’il y a une énorme différence, mais pas assez, au doigt mouillé, pour expliquer cette différence de comportement). De plus, l’étude se base sur des chiffres d’il y a 5 ans, ce que je trouve plus qu’étonnant.

    D’ailleurs, penser qu’en moyenne, une personne consacrerait 15$ supplémentaires par mois à l’achat de musique s’il n y avait pas de P2P, me paraît assez énorme pour qu’on s’y arrête.

    The Bullshit metter is off the roof :)

    PS : en passant, je ne pense pas que le rapport Australien dont parle TorrentFreak soit lié à celui là. C’est l’étude TERA (qui est européenne, de tête)



  7. plop le 16 mars 2011

    le retravail des données évoqué dans l’article me choquequ’est ce que cela veut dire ??? une transformé de fourrier avant analyse on applique un polynome ??ca fait tres bidouilleur qui s’arrange les données à sa sauce



  8. vik le 19 mars 2011

    C’est marrant, je dois être un grand naïf, je pensais qu’EL faisait du contenu de qualité. En fait, c’est vrai que le site est propre sur lui comme ça, au premier coup d’oeil, mais derrière ça publie juste une sélection d’infos (qui disent ce que nos amis de la presse ont envie d’entendre) avec zéro analyse.

    Le p2p comme sujet d’une étude en 2011 avec des chiffres de 2007 ? Génial comme pertinence pour les fonctionnaires qui rament avec Hadopi, mais ça fait un moment que le p2p est marginalisé dans "l’acte de consommer gratuitement sur internet".

    Faire une étude en parallèle sur la musique, les films, les logiciels et les jeux vidéos, ça ne serait peut-être pas du luxe, hein ? Non, la musique c’est bien, c’est représentatif d’après mon coiffeur.

    Et sur la méthodologie du sondage ? Y aurait peut-être des trucs à dire ou c’est juste une "démarche très intéressante" et "inédite" ?

    En tout cas c’est pas pour ce genre de contenu que les gens vont acheter du papier ou un abonnement iPad. Déjà que le lire gratuitement...Electron libre ou neurone en perdition ?



  9. Emmanuel Torregano le 19 mars 2011

    Bonjour, cette étude, comme vous l’avez compris, se base sur les travaux menés de 2005 à 2007, et qui démontraient exactement le contraire, mais cela n’ayant pas plu au lobby canadien des ayant droit, ils en ont repris les données pour les retraiter de façon "inédite". Relisez exactement ce qui est dit. Ce qui nous a paru intéressant est de montrer qu’avec cette étude, et d’autres qui suivront, les ayant droit vont reprendre le débat sur le "manque à gagner" et ce fait est pour nous du plus haut intérêt.Regardez ce qu’il se passe depuis quelques temps, les études qui se multiplient, les lois coercitives qui naissent un peu partout, de la suède à la Corée, et les US. Cela ne vous interpelle pas ? Vous feriez une lourde erreur à vouloir les rejeter si facilement. Nous vous donnons accès à ces études, donc, vous avez à loisir la possibilité d’en critiquer la méthodologie, mais s’il vous plait, pas les conclusion en fonction de votre croyance, ou constat subjectif.Merci



  10. fury le 21 mars 2011

    bonsoirAu lieu d’interdire compètement le téléchargement , pourquoi ne pas l’autoriser pour les œuvres introuvables dans le commerce ? Il suffirait de mettre à disposition de l’internaute la liste des œuvres "protégées"où seraient mentionnés les points de vente pour chaque article , et son prix . Il appartiendrait alors aux éditeurs ou artistes de protéger ou non leurs produits en les mentionnant dans la liste ... et de faire en sorte que les articles protégés soient disponibles en permanance . Ainsi , l’internaute désirant se procurer une œuvre commencera par consulter la liste . Si l’article y figure , il aura à sa disposition tous les points de vente et pourra commander à sa guise , en pouvant comparer les prix . Si son article n’y est pas référencé , il pourra essayer de le trouver en téléchargement , en toute légalité. (ce serait vraiment injuste de punir quelqu’un qui télécharge des œuvres qui sont introuvables ailleurs ) . Devra t ’il passer le reste de sa vie à attendre une éventuelle réédidion (incertaine) de l’œuvre tant désirée ?



  11. Tom le 23 mars 2011

    Ouais sauf qu’encore une fois cela ne veut ABSOLUMENT rien dire. Quand on pose la question iriez vous acheter en magasin si vous ne pouviez télécharger en P2P de un on ne s’occupe pas des alternatives au P2P, de deux on ne prend pas en compte la quantité... Un type qui télécharge 10 albums gratuitement en magasin il en achètera peut être 1. Pourquoi ? Tout simplement parce que quand c’est gratuit on a beaucoup plus tendance à télécharger tout est n’importe quoi (hop je télécharge tout l’album de X alors que j’aime que le single, hop je prend l’album de Y j’aime pas trop mais c’est un classique ça fera bien dans ma collec, ect...) alors que quand c’est payant on fait des choix. Bref tout ce que prouve cette étude c’est encore une fois que le constat repris à cor et à cris par les majeurs comme quoi un téléchargement = une vente perdu est faux.



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