Xavier Niel avait raison, mais c’est SFR qui va augmenter ses prix le premier
SFR prépare une augmentation de ses tarifs sur l’offre ADSL. Une offre de 34,50 euros serait dans les tuyaux avec une nouvelle boite haut de gamme à connecter à la télévision pour les clients.
SFR ne pense qu’à ça. Comment remettre de l’huile dans la machine ? Il n’y a pas trente six solutions, le plus efficace, le plus rapide mais aussi la plus "casse gueule" serait d’augmenter le tarif de l’offre de connexion à l’ADSL. Xavier Niel, le patron et actionnaire fondateur de Free l’avait prophétisé, il y a quelques jours, mais ce sera SFR qui devrait tirer le premier, suivi par Bouygues, très certainement ; tandis que Free retrouvera son avantage commercial, au moins pendant quelques temps.
Passer de 29,90 à 34,90 euros, voilà le défi des prochains mois pour les services marketing de SFR, la filiale de Vivendi. Le projet fait l’objet d’intenses discussions au plus haut sommet de l’organigramme. Il avait été porté par Jean-Marc Tassetto, le nouveau directeur général, mais celui-ci, tombé en disgrâce et parti entre Vodafone et CanalSat, c’est Olivier Du Besset, responsable marketing Triple Play, qui a repris le flambeau. Au tout début le nom de code était "Mars Attack", mais avec le temps, tout s’en va, et finalement, nous sommes en avril et rien n’est encore sorti de la tour Sequoia de la Défense, siège de l’opérateur. Depuis, il semble que la nouvelle offre, dite "premium" soit lancée en pleines vacances d’été, pour rebondir lors de la rentrée avec un campagne de communication massive - l’offre de base devrait rester cependant, mais l’intention est de faire migrer les abonnés. Et il est vrai qu’il s’agira pour SFR de ne pas mégoter sur l’investissement pour convaincre les consommateurs, encore très attachés au tarif hyper compétitif de la France dans l’accès à l’ADSL.
SFR réfléchit donc à mettre tous les atouts de son côté. Il faut pour cela des arguments marketing en acier à proposer aux clients en priant pour que l’entourloupe ne soit pas découverte. Une première annonce a été faite en septembre dernier, dans laquelle SFR indiquait travailler avec Wyplay pour concevoir sa nouvelle "Set Top BoxTv" : ce boitier qui permet de regarder les programmes télévisés sur un écran de télévision tout en étant connecté au modem ADSL. L’engin devrait être assez différent de la Box actuelle, et bénéficiera aussi des talents de NDS et de Cisco. Une première version a d’ailleurs été refusée en fin d’année dernière par Jean-Marc Tassetto.
280 euros sur 4 ans
Ce sont les nouveaux services proposés sur cette nouvelle Box qui devront faire la différence et convaincre le consommateur de payer plus cher. Des jeux pour toute la famille, une offre de vidéo à la demande supérieure avec de la télévision de rattrapage et des chaînes inédites, des fonctions de magnétoscope à distance, un accès au CPL (connexion par la ligne électrique), et un accès multi-pièces à la télévision, sans compter les services qui existent déjà depuis la Neuf Box, première du nom, et une nouvelle interface logiciel, voilà ce qui devra peser en faveur de SFR et son augmentation de tarif. A quelques détails près, cette offre de services permettra surtout de remettre SFR au niveau de ses concurrents directs. Certaines de ces innovations seront aussi proposées à partir de mai pour les possesseurs de l’ancienne Box.
De toutes les manières, il n’y a pas vraiment d’autres solutions pour les opérateurs comme SFR. L’équation économique est la suivante. Sur l’ensemble des activités de SFR, le mobile contribue très largement au résultat opérationnel. En revanche l’activité fixe est quasiment au point mort avec 500 millions d’euros de marge opérationnelle, contre 3,5 milliards pour le mobile. En gros, si l’on prend un revenu moyen par abonné de 34,5 euros hors taxes, SFR la marge est de 6 euros. Sur un amortissement de 48 mois, les coûts fixes comme le prix de la box, du DSLam (centrale locale qui regroupe les connexions ADSL entre particuliers) ou les frais de câblage jusqu’à l’abonné représentent un total de 280 euros environ. Bref, l’opération est très risquée et surtout elle ne permet aucun espoir dans les années à venir, bien au contraire, avec maintenant l’émergence des offres très haut débit. Si l’on ajoute, à cela les différentes taxes décrétées par le gouvernement actuel, pour le financement de la télévision publique ou l’Hadopi, le métier est voué à la ruine...
