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Presse : l’exclusion des publications invendues déchaîne les passions

Le 20 Décembre 2010 dans Old fashion media par Emmanuel Schwartzenberg


Le Conseil Supérieur des Messageries de Presse, l’équivalent pour la presse de ce qu’est le CSA pour l’audiovisuel, autorise un marchand de journaux à retirer de la vente les publications qui ne se vendent pas du tout ou réalisent moins de 3% de son chiffre d’affaires. Concurrent de Presstalis, les MLP s’opposent à cette réforme. Tout comme le syndicat de l’association des éditeurs de presse qui représente les petits éditeurs. Gérard Proust, président de l’UNDP, le patron des diffuseurs de presse, nous donne les raisons qui le conduisent à soutenir cette réforme.

La grève de la distribution n’est pas encore terminée qu’une autre réforme accapare les diffuseurs, les éditeurs et le monde de la presse, dans son ensemble, celle de l’assortiment. Derrière ce nom technique se cache la volonté de retirer de la vente les titres qui ne se vendent plus. Si tout le monde est d’accord avec une telle démarche, son application suscite la passion. Les Messageries Lyonnaises de Presse, d’une part, le Syndicat de l’Association des Editeurs de Presse, de l’autre, s’opposent à ce projet voulu par le Conseil Supérieur des Messageries de Presse (l’organe de régulation de la presse). Les MLP qui assurent représenter 611 éditeurs considèrent que les modalités de la mise en oeuvre de cette réforme vont aggraver la baisse de chiffre d’affaires de la vente au numéro, "si elles n’intègrent pas des critères objectifs, quantifiables, pour juger du potentiel de vente d’un titre dans un point de vente". Les MLP demandent "que l’on maintienne sur un point de vente un titre dont le nombre total d’exemplaires vendus atteint au moins un tiers du nombre de ses parutions sur les douze derniers mois".

Retrait possible de certains titres de la vente

La réforme prévoit que pourrait être retiré de la vente tout titre qui, au-delà d’un certain niveau de rang de performance (palmarès de ventes nationales ou locales), ne réaliserait pas au moins 3% du chiffre d’affaires du diffuseur. Un diffuseur « pourra ainsi retirer tous les six mois jusqu’à 20 % des publications de ses linéaires, de sa propre initiative, dès lors que ce ou ces retraits n’excéderaient pas semestriellement plus de 3% de son chiffre d’affaires « presse »" . Il n’en faut pas plus pour que l’on fasse le procès de certains diffuseurs qui profiteraient de la place libérée pour installer des produits non-presse, des dvd, des jeux.
Le syndicat de Association des Editeurs de Presse qui représente les petites publications est vent debout contre cette réforme. Il affirme que "sous couvert de vouloir donner aux diffuseurs la possibilité de mieux ajuster leur offre ne se mettent insidieusement en place des pratiques de déréférencement issues du monde de la grande distribution, au profit exclusif des grands groupes d’édition, et ce, sans aucun garde fou". »

Remise en cause de la loi

Prenant à partie le Conseil Supérieur, ce syndicat affirme qu’il « s’apprête en effet à faire voler en éclats la loi (Bichet) qui l’a instituée et à renier sa mission première, garantir le pluralisme de la presse à travers l’impartialité de sa distribution ». Il réclame « une consultation en ligne pour pallier l’absence totale de dialogue du CSMP avec les éditeurs ».

Gérard Proust, président de l’Union Nationale des Diffuseurs de Presse, donne les raisons qui le conduisent à soutenir cette réforme. Electron libre la verse comme une pièce essentielle au dossier :

Electron libre. Pourquoi cette réforme dite de l’assortiment ?

- Gérard Proust : Rendez-vous compte de la situation : le diffuseur reçoit des fournitures qui se traduisent par 50% d’invendus. Cette gestion nous prend la moitié de notre temps, entre trois et cinq heures chaque jour pour traiter les livraisons et préparer les retours d’invendus. Un diffuseur expose, en moyenne, 18 à 21 titres au mètre, ce qui anéantit toute visibilité des titres. En face de ce constat, on a aussi relevé qu’un client sur cinq repart du magasin sans avoir trouvé le titre qu’il était venu chercher. Nous devons donc adapter l’offre à la demande en partant d’éléments précis d’information. 15 à 18% des références servies ne réalisent aucune vente sur nos points de vente.

Ajustement de l’offre

L’assortiment, ce n’est pas de réduire l’offre, mais de l’ajuster : ce n’est rien d’autre que de mettre de l’intelligence dans tout ça afin que les titres se vendent mieux et que les consommateurs soient plus satisfaits.

EL Que se passera-t-il si la réforme n’est pas mise en application ?

- GP : La situation actuellement constatée ne fait qu’empirer : un consommateur égaré, qui se détourne du réseau de vente : un diffuseur découragé, qui se démobilise ou renonce à vendre la presse et change son activité : des candidats à entrer dans la profession qui abandonnent face à la paralysie du métier. Ainsi s’explique, plus que par la concurrence d’Internet ou des gratuits, la baisse de la diffusion que tout le monde déplore. Nous sommes résolus à ce que la réforme aboutisse pour arrêter ça.

EL : Quels sont les atouts des diffuseurs pour réussir à adapter leur offre ?

- GP : Le marchand sait précisément quelle offre correspond à sa clientèle potentielle. Les goûts, les désirs ne sont pas les mêmes selon les régions, selon les villes, les quartiers ou les environnements : et il faut, à chaque fois, adapter l’offre de presse. Nous ne voulons donc pas réduire l’offre mais répondre mieux aux goûts, en favorisant l’installation des titres aux bons endroits. Encore une fois, il ne s’agit pas de réduire l’offre a priori, mais de l’ajuster aux attentes du consommateur, telles que nous avons les moyens de les connaître. Il ne s’agit pas non plus d’exclure les petits titres car ce sont eux qui, précisément, identifient aux yeux du public les spécialistes de la presse. Mais nous voulons les titres là où ils sont utiles.

Offre irraisonnée

EL : Certains accusent le Conseil Supérieur des Messageries de remettre en cause la loi Bichet avec cette réforme.

- GP : Mais c’est faux ! D’abord, parce que la loi n’oblige pas le diffuseur à recevoir toute la presse, et n’importe comment. Et par ailleurs, s’il le fallait, je rappellerais que la loi de 1947 était dédiée à la presse d’information politique et générale. Tant mieux si elle profite à un large éventail de presse. Mais à la condition de ne pas sombrer sous le poids d’une offre irraisonnée.

EL : Après l’adoption de cette réforme, le réseau continuera-t-il de promouvoir de nouveaux titres ?

- GP : Les diffuseurs continueront toujours de vendre de nouveaux titres quand ils seront lancés. Le marché continuera d’être ouvert. 60% des espaces seront réservés aux meilleures ventes, et le diffuseur disposera toujours d’un espace réservé à cinq titres de son choix au m2.
A l’époque, il n’était pas question d’étendre cette disposition à la presse spécialisée. Ce que la réforme préconise, c’est de retirer des références 20% des titres qui ne réalisent plus aucune vente et qui représentent sur une période moins de 3% du chiffre d’affaires du diffuseur. De très nombreux titres continueront à être vendus même s’ils réalisent des scores de vente très bas.

EL : Les nouveaux titres seront-ils toujours acceptés sans restriction par les diffuseurs ?

- GP : Oui, parce que le dispositif de l’assortiment tel qu’il a été déterminé garantit de droit aux nouveautés l’accès à nos linéaires, le temps que leur performance se constate. Le marché continuera donc bien d’être ouvert à une offre de presse dynamique.

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11 Commentaires

  1. Robin le 20 décembre 2010

    Que la question fasse question, est déjà une curiosité.

    Je rappelle que le New York Times a vendu son immeuble, licencié 100 journalistes fin 2009, diffuse ses conférences de rédaction pour faire du trafic.

    Que la presse quotidienne française reçoit 600 millions sur 3 ans, que l’aide pour le portage de La Tribune se monte à 42 centimes, de mémoire.



  2. Un diffuseur de presse déçu le 21 décembre 2010

    A mon sens cette opposition des éditeurs prouve bien qu’ils ne comprennent rien au métier de diffuseur de presse, métier que j’exerce.J’ai plus de 2500 titres à disposition dans un magasin qui ne fait pas plus de 45m², imaginez la visibilité des titres hormis ceux en piles.

    Même à hauteur d’yeux, les gens ont du mal à trouver ce qu’ils cherchent...

    L’intérêts des diffuseurs est de vendre, que cela soit des titres très diffusés ou des revues qui se vendent peu mais qui ont une valeur faciale beaucoup plus importante que la presse people ou les magazines télé ! Donc nous devons adapter notre offre à notre clientèle, et qui mieux que nous peut le faire ? Certainement pas l’éditeur qui semble enfermé dans sa tour d’ivoire.

    Ceci nous amène à penser qu’ils doivent nous prendre pour des imbéciles au mieux pour s’opposer à cette mesure qu’appelle tous les diffuseurs de presse.

    Sinon il est illusoire de penser que l’assortiment stoppera les fermetures massives de maisons de la presse. Sans une revalorisation des commissions je prédis la mort de plus de la moitié de nos commerces traditionnels dans les 5 à 10 ans à venir avec des baisses de vente de 20% comme ces 2 dernières années.



  3. dbx le 21 décembre 2010

    La profession ne sachant plus à quel saint se vouer entérine une réforme d’avant crise portée tout particulèrement par Pressatlis qui trouve là un moyen de justifier son existence...celà aboutira mécaniquement à une baisse de CA de la filière, n’empêchera pas la disparition des diffuseurs et augmentera la fuite des petits éditeurs vers le tout numérique. Bref quand une idée est belle sur le papier et qu’en plus elle est approuvée par l’UNDP c’est : Courage fuyons !



  4. SAEP le 21 décembre 2010

    Il faut apporter quelques précisions, car l’angle du papier écrit par Emmanuel Schwartzenberg omet de souligner l’alternative proposée par le Syndicat de l’Association des Editeurs de Presse (SAEP).

    Nous soutenons dans les modalités de la mise en place de l’assortiment la définition du "Titre vendeur" qui nous semble mieux adaptée au marché de la presse magazine et plus précisément à celui des titres à centre d’intérêts.

    Nous sommes aussi d’accord que la rémunération des diffuseurs doit-être revue à la hausse compte tenu de leur situation qui se dégrade depuis plusieurs années. Ce n’est pas la guerre entre les éditeurs et les diffuseurs car nos destins sont étroitement liés, pas de diffuseurs sans éditeurs et pas d’éditeurs sans diffuseurs.

    Notre projet c’est de réussir à mettre tout à plat avec plus de transparence dans la chaîne de distribution en passant par les messageries, les dépôts et les diffuseurs. C’est sûr Presstalis préfère négocier les pertes abyssales de SPPS et les ramener de 24 M€ à 11 M€ de perte par an, en acceptant de maintenir la moitié des effectifs des ouvriers du livre comme çà ils auront la paix encore pour quelques années.

    Et pendant que l’on continue à soutenir le système on ne se préoccupe pas des problèmes des éditeurs et du réseau( Dépôts indépendants et diffuseurs), sinon qu’il est décidé de façon unilatérale, sans même consulter les intéressés, de mettre en place des réformes qui sont totalement inadaptées au marché compte tenu de l’érosion du chiffre d’affaires de la presse magazine.

    Devons-nous rappeler que le marché de la presse est un marché d’offre !!!



  5. SOPHIE le 21 décembre 2010

    et si on se contentait de respecter ce qui existe déjà sans etre appliqué ? le retrait des publications non vendues dans un point de vente ,le retours des trop grandes quantités (certains titres sont à 90% d’invendus) le respect de la definition du produit "presse"le respect des regles de mise en vente des n°S ,H ?.... le travail des diffuseurs en serait allegé ainsi que sa trésorerie.Les éditeurs devraient aussi y trouver leur compte en effet que dire d’une profession qui paye en sachant que 50% de ce qu’elle met à la vente sera detruit.la question est de savoir qui gagne à faire imprimer autant ?



  6. j78 le 21 décembre 2010

    ne serait-il pas judicieux de rémunérer le diffuseur de presse sur les retours ?... les éditeurs auraient alors l’ obligation d’avoir une autre politique de mise en place.

    je connais pas d’autre métiers ou l’on tourne a plus de 50% d’invendus ce qui veut dire que sur ces invendus source de travail, il n’y a aucune rémunération est-ce normal ???



  7. dbx le 22 décembre 2010

    Laisser un os à ronger à l’UNDP ne fais pas une politique : Aujourd’hui la rem des diffuseurs est un pourcentage sur les VENTES alors que la messagerie ajoute une rem sur les flux -aller et retour-, sur les ventes et sur des prestations diverses et variées....C’est ce marché là qu’il faut mordre Mr Proust ! Sanctuarisons la presse d’info gené et politique, laissons les autres éditeurs libres de leurs choix économiques et rémunérons la filière en fonction de son travail éffectif. Il est imbécile de demander au niveau 3 de réguler ce que le niveau 1 n’à pas su faire....en mettant en place une usine à gaz à son profit !



  8. Lulu77 le 22 décembre 2010

    Si on supprime tout ce petit monde avec l’édition électronique on a une croissance à 2 chiffres.



  9. Un diffuseur de presse déçu le 22 décembre 2010

    "Si on supprime tout ce petit monde avec l’édition électronique on a une croissance à 2 chiffres."

    Je ne comprends pas bien cette phrase. Si vous évoquez de la presse papier qui basculerait uniquement sur internet, ce n’est pas une croissance à 2 chiffres qu’il y aurait, c’est la mort de 90% des magazines quasi instantanée. Internet est le support où la publicité est la moins "productive" et les gens considèrent que ce que l’on trouve sur internet doit être gratuit si ce n’est pas un site marchand...



  10. wilnock le 27 décembre 2010

    Dans l’etat actuel ou vont les choses, j’ai du mal a comprendre que l’information - sous quelque forme que ce soit - soit encore considere comme payante ? Electron Libre et OWNI en sont la preuve.Que la presse papier soit payante, cela tient surtout du cout de production de l’imprime et de la chaine de distribution.

    Les conflits en cours dans le milieu de la production & distribution ne vont aller qu’en empirant de plus en plus, il n’y a pas de doute a voir la dessus, c’est en somme les derniers combats de vieux lions...



  11. Ouvrons les yeux le 27 décembre 2010

    Informer de manière développée a un coût et internet est encore loin d’être prêt à supporter ce coût. Alors évidemment on trouve des informations sur de grands portails mais ce ne sont que des reprises "pondues" par d’autres, de manière brute, sans éclairage... et souvent sans vérification.Cela me fait penser à ces annonces à la radio depuis 2 semaines :"grêve des quotidiens, aucun quotidien n’est paru"... mon oeil, je recevais tous les quotidiens la plupart du temps. On voit déjà ce que donne les informations gratuites à la radio, média qui commence à se faire vieux, je n’ose pas imaginer ce que cela donne sur le net...

    Entre un lecteur quotidien d’un quotidien comme Le Monde, Libération et Le Figaro et quelqu’un qui aurait regardé tous les journaux télévisés, le fossé culturel qui les séparerait serait colossal si on ne prenait que ces sources d’information. Et pourtant ils s’informent tous les 2 quotidiennement...

    Des études ont prouvé que l’usage d’internet a une très forte tendance à nous transformer en "zappeur". Le support papier aide à focaliser son esprit sur ce que l’on lit. Evidemment dans 20 ans on se sera peut être adapté... ou pas.



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