Groupon accusé d’avoir mis en faillite une commerçante
Une commerçante belge dénonce les pratiques de Groupon sur sa page Facebook. L’affaire ne fait que commencer...
Le site d’achats groupés en ligne serait responsable de la banqueroute d’une commerçante belge. Celle-ci s’estime victime d’une véritable arnaque qu’elle dénonce sur sa page Facebook. De la présentation du commercial de chez Groupon à la découverte des vices cachés, elle détaille les étapes qui ont, selon elle, mené à la cessation d’activité de sa toute jeune entreprise de décoration d’intérieur.
Approchée par un des représentants de l’entreprise, Laurent Roelandt, Sylvie Pastur est séduite par les promesses qui lui sont faites : obtenir grâce à Groupon une nouvelle clientèle aux revenus confortables et une publicité « efficace et rapide ». Elle consent donc à la publication de deux « deals » concernant son entreprise lancée cinq mois auparavant.
Le premier est un bon d’achat d’un montant de 200 euros à dépenser sur le mobilier du magasin. Il coûte 29 euros au client Groupon, et semble attractif à la commerçante dont les meubles design valent entre 500 et 5000 euros. Le second est une séance de coaching déco à domicile d’une durée de 4 heures, d’une valeur de 500 euros. Là aussi, l’offre est liée à un bon d’achat de 200 euros à faire valoir sur les produits du magasin. Ce « deal » est proposé pour 49 euros au client du site.
Enormité du problème
Mais, toujours selon les dires de Mme Pastur, dès la mise en ligne de la première offre, au moment de signer le contrat, les anomalies s’accumulent. D’abord, Groupon lui demande de renoncer à sa commission de 50% sur le bon. Pensant réaliser de bons bénéfices malgré tout, elle accepte. D’autre part, les clients qui arrivent s’emparent tous de petits objets qui obligent la commerçante à vendre à perte.
A peine le temps de se rendre compte de l’énormité du problème que sa deuxième offre est mise en ligne. Devant son succès (104 réservations en quelques heures), elle appelle le commercial pour le prévenir qu’elle ne pourra pas assurer plus de 150 coachings. Celui-ci lui oppose un refus net et prolonge la validité de l’offre à 12 mois, résultat 673 personnes s’inscrivent, dans toute la Belgique. Enfin, lorsqu’elle se rend à ces rendez-vous, elle réalise que les clients n’ont aucune intention de lui acheter du mobilier.
Elle résume sa situation « Me voilà donc contrainte de devoir payer pour travailler et ce durant une année […] Il y a clairement eu DOL et ce volontairement […] Sur l’ensemble de ces deux deals nous totalisons plus de 1000 acheteurs, soit un gain pour GROUPON sous notre enseigne ESACALE DESIGN de plus ou moins 50 000 euros, et nous rien ! ».
Bien entendu, Sylvie Pastur a fait appel à un avocat pour réparer le préjudice financier (et moral) dont elle s’estime victime. Si un tribunal lui donne raison, ce pourrait être un coup dur pour Groupon qui fonctionne énormément grâce au bouche à oreille. D’autant que cette start-up fait figure de phénomène avec un chiffre d’affaire 2010 estimé à 760 millions de dollars après seulement deux ans d’existence. Un verdict en sa défaveur menacerait aussi l’éventuelle entrée en bourse de l’entreprise, prévue pour 2013.
