Le Monde : Pierre Bergé insulte les journalistes du Monde
Pierre Bergé, actionnaire du quotidien, regrette dans un mail adressé à Erik Izraelewicz, directeur du Monde d’avoir investi dans le titre et affirme que la rédaction est prisonnière de son idéologie, de ses règlements de compte et de sa mauvaise foi.
Pierre Bergé a envoyé le 11 mai à 11h 10 un mail d’une violence extrême à Erik Izraelewicz, directeur du Monde - étaient aussi en copie ses deux associés Xavier Niel et Mathieu Pigasse ainsi que Louis Dreyfus, président du directoire, Jean-Francis Bretelle, président du conseil de surveillance, président d’Oléron Participation, une société fondée par Alain Minc et Pierre Bergé, et de Caviar House & Prunier, et Gilles Van Kote, président de la société des rédacteurs du Monde. Ce rappel à l’ordre était ainsi rédigé : "Je tiens à vous faire part de mon profond désaccord avec le traitement réservé à Mitterrand dans le Monde. Cet article immonde, à charge, digne d’un brûlot d’extrême droite est une honte qui n’aurait jamais dû être publiée. Il rappelle le temps de Plenel/Gattegno et de la "chambre du président’’. Je le prends en outre comme un acte anti-Bergé pour marquer l’indépendance du journal vis-à-vis d’un actionnaire.
Payer sans avoir de pouvoirs
Je regrette de m’être embarqué dans cette aventure. Payer sans avoir de pouvoirs est une drôle de formule à laquelle j’aurais du réfléchir ! Je considère que contrairement à ce que j’ai VOULU et à ce qu’ils prétendent, les journalistes du Monde ne sont pas libres mais prisonniers de leurs idéologies, de leurs règlements de compte, et de leur mauvaise foi. Tout cela est très grave.
Attentivement. Pierre."
Nous ne savons pas quelle réponse Erik Izraelewicz a apportée à ce texte insultant pour les journalistes du quotidien. Ni quelle a été la réaction de ceux qui ont été mis en copie. Leur silence pourrait alors s’interpréter soit comme une approbation tacite de ses propos, soit comme un début de mise à l’écart de Pierre Bergé qui regrette d’avoir investi dans ce titre. " J’aurais dû réfléchir" écrit-il... Il est en effet difficile, à moins de licencier la totalité de la rédaction du Monde, d’imaginer la poursuite de la cohabitation entre cet actionnaire et les journalistes. Depuis 1945, aucun patron de presse d’un grand titre national n’a agressé de la sorte sa rédaction.
Les attaques personnelles contre Edwy Plenel comme Hervé Gattegno, la référence à soi-même comme une troisième personne, tout cela serait bien dérisoire si cette déclaration adressée aux dirigeants du Monde et ses actionnaires n’allait ouvrir une grave crise.
Copie du mail :

