Clin d’oeil à Benetton : L’ARPP actualise la recommandation sur les diversités.
Le Conseil d’Administration de l’ARPP a actualisé la Recommandation "Races, Religions, Ethnies", dont la publication datait d’octobre 1998 et faisait suite à un avis du Conseil National de la Publicité. Une redéfinition qui n’est pas sans rappeler les récentes frasques générées par la campagne "Unhate" de Benetton.
Les résultats de trois années de travaux nécessaires à l’évolution de la déontologie publicitaire au coeur du dispositif de régulation concertée ont été accueillis avec grand enthousiasme lors de la conférence de presse organisée hier pour l’occasion par le Conseil Paritaire de la Presse (CPP). Créé en 2008 pour mettre en contact les représentants des annonceurs, des agences et des médias d’un côté et ceux du monde associatif de l’autre, le temps du bilan est venu pour le CPP, qui s’est également engagé pour l’avenir à s’ouvrir encore plus "aux parties prenantes de la société civile pour gagner en pertinence, en légitimité et en efficacité dans leurs travaux. "
À l’ordre de son nouveau mandat triennal, le CPP annonce s’attacher à rendre davantage visibles ses travaux auprès des pouvoirs publics et du grand public, ainsi qu’à resserrer les relations avec les deux autres instances associées à l’ARPP, le JDP (Jury de Déontologie Publicitaire) et le CEP (Conseil de l’Ethique Publicitaire).
Avis "Publicité et Diversités"
La réunion plénière tenue ce même jour par le CPP a rendu compte du dernier Avis adopté sur la représentation des Diversités dans la Publicité.
La mise à niveau de la Recommandation "Races, Religions, Ethnies" de l’ARPP devra prendre en compte cet avis et répondre à deux nécessités :
adapter et éventuellement étendre les règles déontologiques concernant la représentation de toutes les formes de diversité au sens large,
rappeler que la publicité doit respecter la dignité humaine et ne pas véhiculer des stéréotypes négatifs.
Le Conseil Paritaire de la Publicité a rappelé la vocation première de la publicité : promouvoir un produit, une marque ou une image sans porter atteinte à la dignité humaine et choquer certains consommateurs et/ou communautés particulières.
Loïc Armand, le président du Conseil Paritaire de la Publicité rappelle que "les pubs ne sont pas que des one shots, la décision du jury d’interrompre la diffusion de la pub a un impact sur l’ensemble des partenaires dès lors engagés à suivre cette décision." Le président préconise d’"interpréter les règles claires grâce à des exemples précis pour que les professionnels ne dépassent pas à nouveau les limites".
Les exemples précis invoqués lors de la conférence ne sont pas sans rappeler l’écart récent de Benetton avec sa provocante campagne "Unhate".
Déontologiquement irresponsable
Une publicité contre laquelle le président de l’ARPP, François d’Aubert, s’était violemment élevé, accusant Benetton d’être "déontologiquement irresponsable (...) de tendre un piège dans lequel il ne faut pas tomber", à l’encontre du moralement et juridiquement correct.
"Ces images ont donné lieu à des truquages, des manipulations techniques qui ne sont pas sans rappeler celles des régimes totalitaires. Ces photos portent atteinte à la dignité des personnes et dévalorisent le personnel politique", affirmait François d’Aubert.
Pour éviter ce manquement aux règles établies par l’association, la CPP va tout simplement en définir une au sein de l’Avis "Diversités". La thématique de la religion devrait en effet faire l’objet d’une Recommandation complémentaire, laquelle préciserait des problématiques encore différentes de celles observées dans la représentation "des diversités".
