Rupert Murdoch poursuit sa purge chez MySpace
Chris DeWolfe, PDG et co-fondateur du site communautaire MySpace, quitte ses fonctions. Son comparse Tom Anderson pourrait être affecté à d’autres fonctions au sein du groupe News Corp.
Quand un jouet arrête de fonctionner comme ils veulent, les enfants le punissent en l’envoyant contre un mur. C’est un peu ce que le papivore Rupert Murdoch semble faire avec MySpace. Le magnat australo-américain avait cru réaliser un coup de maître en rachetant, en 2005, le site communautaire pour 580 millions de dollars. Premier sur le créneau des réseaux sociaux, le patron de News Corp. comptait ausi faire la course aux pépettes en tête.
Las, le chiffre d’affaires (estimé à 900 millions de dollars) a cru moins vite que son audience. Pis, un concurrent - Facebook - a eu l’insolence de passer devant en nombre d’utilisateurs. Nul doute alors pour Rupert Murdoch que les dirigeants de MySpace - ses fondateurs Chris DeWolfe et Tom Anderson - ne faisaient pas bien leur boulot. Développer la plateforme technologique, chercher à améliorer le site, au lieu de jouer les VRP, quelle idée... Au début du mois d’avril, Murdoch a donc embauché John Miller, ex-AOL, pour mettre les activités digitales du groupe News Corp. en bon ordre de marche.
Ce dernier a entamé des discussions avec Owen Van Natta, ancien directeur des opérations de Facebook et réputé fin politicien. Chris DeWolfe ayant eu vent de ces discussions, il aurait présenté sa démission. Officiellement, News Corp. et DeWolfe se séparent "d’un commun accord". Son acolyte Tom Anderson devrait également être écarté, "des discussions sont en cours au sujet de son rôle dans le groupe", dixit le communiqué officiel.
Le départ de DeWolfe et la mise à l’écart de Anderson, votre ami par défaut sur MySpace, fait suite à celui de trois autres piliers du site en mars, avec des fonctions aussi peu accessoires que directeur des opérations (Amit Kapur), directeur technique (Jim Benedetto) et patron de la stratégie produit (Steve Pearman).
News Corp. tombe ainsi dans le piège de tout investisseur Internet. Trois ans après avoir mis un gros chèque sur la table, il est las de voir ses sous claqués à développer une plateforme technologique qui passionne les internautes mais lui rapporte tripette. Un coup de ménage est fait et l’on met un politico-commercial aux manettes en espérant que le taux de transformation soit plus heureux. Les cas à Silico Valley sont nombreux, en France, les fondateurs de Dailymotion et Netvibes ont fait l’actualité l’an passé.
Trois ans pour innover, le reste de sa vie pour cracher.
