Distribution de la presse : Réponse de Léonidas Kalogeropoulos

Nous publions la lettre adressée par Léonidas Kalogeropoulos, PDG fondateur de Médiation et Arguments, à José Ferreira, Président des MLP. Ce courrier fait suite à un article publié dans la Lettre A, dans lequel monsieur Kalogeropoulos est mentionné. Cette publication évoque les problèmes de gouvernance au sein de la messagerie MLP.

Monsieur le Président,
Vous m’avez interpelé à la suite d’une mention de mon nom dans une publication évoquant les problèmes de gouvernance au sein de la messagerie MLP.
Il est vrai qu’après 20 ans passés à défendre l’indépendance de MLP et la possibilité de faire vivre une salutaire concurrence dans le secteur de la distribution de la presse, j’ai maintenu des relations régulières avec des éditeurs, des administrateurs, des collaborateurs de MLP et également avec des responsables publics impliqués dans la régulation du secteur.
Ils sont inquiets et ils m’en ont fait part.
Ils sont inquiets, parce que la concurrence que j’ai défendue durant vingt ans aux côtés des présidents successifs de MLP apparaît aujourd’hui, alors que toute la presse et tout le réseau de distribution sont au bord du précipice, ne pas devoir être la préoccupation prioritaire au regard de l’avenir de tout un secteur, qui joue sa survie actuellement.
Même en des temps plus sereins, il existe ce que l’on appelle la « coopétition », qui désigne une posture d’indépendance, la poursuite d’une concurrence réelle et nécessaire, mais aussi la capacité à se mettre autour d’une table pour résoudre les problèmes collectifs d’un secteur. Fort heureusement, toute l’économie nationale fonctionne ainsi, pacifiquement, et pas en guerre économique permanente.
Alors que MLP est aujourd’hui le pilier le plus solide sur lequel pourrait s’appuyer le secteur pour se reconstruire de manière saine, tirant les leçons salutaires d’une organisation de la distribution fondée sur la réalité des coûts et la responsabilité des éditeurs, vous êtes désormais tenu à l’écart de toute réflexion, de toute concertation, de toute préparation de l’avenir.
Tous les protagonistes institutionnels et sectoriels sont conscients de la stratégie que vous semblez poursuivre : attendre l’écroulement de la messagerie concurrente pour ramasser la mise. Cette attitude, dans un secteur aussi mutualisé, où toutes les parties prenantes sont en interaction et en étroite imbrication, est jugée indécente. L’écroulement des uns ne peut qu’entraîner la faillite des autres. Le réseau de distribution qui assure la diffusion des titres des éditeurs MLP pourrait-il exister et vivre des seuls titres distribués par votre messagerie ? Bien sûr que non.
Bien entendu, si MLP n’avait pas défendu son indépendance et animé la concurrence durant des années, toute la presse serait plongée dans le même désarroi que les éditeurs rassemblés autour de Presstalis. Même si la concurrence a joué son rôle, l’heure est à la reconstruction collective.
Il ne s’agit pas d’accepter n’importe quoi. Il ne s’agit pas de se plier à des dictats qui amèneraient MLP à se sacrifier en acceptant n’importe quelle solution ou n’importe quel compromis.

Mais même ceux qui plaident pour la stabilité de la gouvernance de MLP pour ne « pas rajouter du chaos au chaos », déplorent qu’il faille si souvent envoyer les administrateurs de MLP en « casques bleus » pour recoller les pots cassés avec les pouvoirs publics ou les partenaires de la presse, pour que les fils ne soient pas définitivement rompus.
Il est désormais indispensable que le dialogue soit rétabli entre le président de MLP et l’ensemble des parties prenantes du secteur, pour que MLP n’apparaisse plus comme une citadelle assiégée, autocratique et jusqu’au-boutiste, mais davantage comme un bastion d’hommes et de femmes de bonne volonté, aptes à prendre de la hauteur et d’agir à la fois comme des chefs d’entreprises avisés et rigoureux, mais aussi comme des citoyens éclairés, conscients des responsabilités qui leur incombent pour sauver un système de distribution de la presse, qui est aussi un des piliers de notre démocratie et de notre Nation.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.

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