Filippetti : une taxe au clic pour financer la presse?

Les déclarations d'Aurélie Filippetti n'en finissent pas de provoquer des tollés. Elle soutenait la semaine dernière l'idée d'une taxe sur les agrégateurs d'information en ligne qui serait reversée aux organes de presse, une idée qui a fait bondir le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) qui compte parmi ses adhérents les pure players Atlantico, @rrêt sur images, Mediapart, Owni, Rue89 ou Slate.  Selon eux, il s'agirait en fait de taxer l'indexation des contenus pour faire à la presse une subvention qui ne dirait pas son nom, une démarche dont ils redoutent qu'elle n'ait l'effet inverse de celui escompté, en renfonçant le monopole de Google au détriment des autres acteurs du net utilisant l'agrégation. En parallèle, et sans surprise, plusieurs grands journaux s'étaient prononcés en faveur d'une telle taxation, rejoints par le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) ou le GIE E-Presse. Dans une interview accordée à Aqui.fr et Rue89 ce weekend lors d'un déplacement à Metz, la ministre de la Culture défend une fois de plus ce projet: "ce qui est indispensable, c'est qu'il y ait une forme de rétribution par les sites qui aujourd'hui tirent un profit réel de l'utilisation des contenus riches en information, en savoir faire, en matière grise. Il faut qu'ils participent au financement de l'information."  Serait-ce une manière de remplacer des subventions de l'Etat comme le soupçonne le Spiil?  C’est bien possible puisqu'Aurélie Filippetti dit vouloir "une remise à plat des aides (...) il n'est pas illégitime de s'interroger sur la pertinence de certaines autres aides qui vont vers des journaux par exemple dits «people» et ne sont pas dans des difficultés économiques avérées". La ministre en a tout de même profité pour régler un diférend avec les journalistes travaillant en ligne, qui était né lors d'une interview dans Polka magazine, et où elle avait estimé que "sur Internet rien n'était éditorialisé", elle précise "Il y a eu un malentendu. Je voulais dire qu'il y a aujourd'hui, sur internet, des plateformes qui utilisent beaucoup de textes bruts issus notamment de travaux d'agence de presse, l'Agence France Presse par exemple, et qui en fait se contentent de répertorier un certain nombre de dépêches. Ils nuisent évidemment au travail des agences parfois et aussi à ceux qui font un vrai travail journalistique, en ligne. Moi, je plaidais pour le maintien de la qualité de la presse qu'elle soit papier ou presse en ligne." Dont acte.

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