Google : Panda et Penguin sont dans un bateau, les SEO tombent à l’eau

Google a réformé récemment son algorithme d'indexation, Penguin est supposé mettre fin aux mauvaises pratiques de certains, à savoir le gonflage artificiel des backlinks pour améliorer le référencement du site. Mais, dans cette démarche d’apparence qualitative, le géant cherche aussi à se faire sa place dans le social.

Au commencement, il y avait Panda. Enfin, ce n’était évidemment pas le début de Google, mais ce fut le début de la quête de qualité chez le colosse de Mountain View, auquel les esprits chagrins reprochaient un algorithme vieillot, rendu caduc par les bidouilles des uns et les astuces des autres, tout était bon pour être en haut de l’affiche (ou du moins en haut de la première page de résultats).

Kung-Fu Panda

Arriva donc en février 2011 le gentil Panda, qui avait pour mission de lutter contre les vilaines fermes de contenus, des sites fourre-tout sans vergogne aucune. Pour la première fois, c’est le référencement de sites entiers qui est affecté, et non pas celui de pages individuelles. Pour plusieurs comparateurs de prix, les agrégateurs ou les moteurs de recherche d’individus, c’est la dégringolade : Wikio perd plus de 74% de ses visites, ciao.fr plus de 62%, 1001actus.com plus de 54%, une véritable hécatombe, qui semble alors bénéficier aux sites produisant un contenu propre. Passons sur les fâcheux qui ont souligné à l’époque que l’algorithme à l’image de l’emblématique ours bicolore favorisait parfois les sites copiant du contenu par rapport aux créateurs originaux. L’un dans l’autre, Panda est tout de même parvenu à améliorer les résultats de recherche pour les utilisateurs.

Mais Google n’allait évidemment pas en rester là, bien obligé qu’il était de prouver qu’après 14 ans d’existence, il était toujours le leader incontesté des moteurs de recherche. Or, de la même manière que certains petits malins pompaient le contenu d’autres sites pour faire remonter leur « SEO » (Search Engine Optimization), d’autres étaient parvenus à trouver la faille de Panda, c'est-à-dire le "page rank". Ce critère d’évaluation repose sur le principe que plus nombreux sont les sites pointant vers un autre site (backlink), plus il y a de chances que ce dernier soit de qualité - il est à la base même du process d'indexation du Web par Google.

Le papa Penguin

En soi ce n’est pas bête, mais l’idée est ensuite faussée par les (méchants) sites qui créent par exemples des milliers de pages extérieures pointant vers eux, et ce afin de faire remonter artificiellement leur page rank. Qu’à cela ne tienne, mécréants et fraudeurs du ranking ! Google dégaine son Penguin, et vise, cette fois, plus de pertinence. Désormais le page ranking social vaudra plus que son alter ego automatique. Comprenez : les +1 de Google + ou les Like de Facebook, émanant donc de « vrais gens » prennent de la valeur.

Mais, cette intervention chevaleresque en trompe l’œil ne saurait entièrement cacher le but non avoué de Google, à savoir la domination d’Internet. Ou presque. En fait, le géant de Mountain View essaye tant bien que mal de réanimer son réseau social, qui n’a pas franchement été le succès escompté, le tout en mettant un petit taquet au rival Facebook. La bataille que se livre ses deux géants devrait apporter rien moins que la réponse à la grande question de ces dix dernières années : la Web est il humain, comprenez social, ou simplement une émanation de la "matrice" ? Qui l'emportera entre les ingénieurs armés de leurs algorithmes à multiple géométries, souples comme des courbes de bézier, et la communauté des êtres circulant, se croisant et parfois échangeant sur le réseau ? Google a gagné haut la main la première manche, mais il est en difficulté sur la seconde. Alors, le géant de Mountain View pourrait sortir son atout maître et passer directement à la troisième étape, pour devancer ses concurrents. Là, il serait capable alors d'intégrer les éléments, les uns après les autres pour former l’écosystème qui lui garantirait de reprendre de l'avance. Avec comme obstacle, la présence sur ce marché des autres géants, Apple et Amazon, dans un premier temps, en attendant le réveil de Microsoft.

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Rédigé par Diane Saint Réquier

Journaliste presse écrite, web, radio. Passionnée de politique, de culture et de nouvelles technologies.

2 commentaires sur cet article

  1. ravaged dit :

    Coucou o/

    À quel changement dans penguin fais-tu allusion ? Puisque des petits changements dans l’algo, ils en font tous les jours ou presque si je ne m’abuse, et le tout dernier dont on a entendu parler concerne les NDD et n’impacte qu’à peine 0,6% des sites anglo-saxons.

    Dans ta dernière hypothèse où tu parles de google étant arrivé dans le monde du réseau social, tu oublies la dernière annonce, au début du mois, de Mark Zukerberg, annonçant l’arrivée de Fb dans le moteur de recherche 🙂

    Pour plus d’infos je te laisse chercher sur… ton moteur de recherche préféré 🙂

    Sinon perso je trouve que Google n’innove plus assez. C’est vrai qu’un renouveau serait une petite cata pour les SEO, mais rien on s’en lasse et ils *pourraient* se faire doubler. Duckduckgo, j’aime évidemment sa présence, son éthique et son respect des utilisateurs, mais j’ai toujours été déçu de la pertinence des résultats. Et Facebook, je sais qu’ils ont une armée d’excellents d’ingénieurs, de hackers de talent et pas mal d’anciens de chez google, ils sont sûrement capables de faire quelque chose de bon, et d’apporter du nouveau, mais ceci serait vite entâché par leur manque d’étique et de respect des d’utilisateurs … et puis faudrait pas qu’ils étalent trop leur BDD, s’ils veulent améliorer la recherche de personne par exemple…