Musique : quand l’offre va tout devrait aller mieux

La musique est de retour pour de bonnes raisons dans les médias. Un feu nouveau qui ne doit pas être celui d’un fagot de pailles sèches pour la filière.

La musique est de retour ! Les médias en parlent… Et ce n’est pas uniquement pour égrener les raisons de la crise du CD ou compter les victoires de l’offre piratée ! La musique est de retour pour de bon, pour ce qu’elle est, soit l’offre d’album et son corollaire, la prise de risque artistique des artistes.

Cela ne se voit pas encore dans les chiffres de vente. Pas de quoi être déçu ou impatient, car, comme nous le révélions la semaine dernière,  le marché du téléchargement à l’unité affiche un -4 % sur la période janvier/février, mais l’album continue sur sa lancée avec un +10 % de bon aloi, en revanche, la vague « streaming » semble un peu s’essoufflée avec un -1%, qui nécessite certainement que la filière se pose les bonnes questions.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Depuis 2002, depuis que les ventes «physiques» plongent, depuis que certains répètent que la culture doit être gratuite au nom d’une stricte équité d’accès, depuis que les majors ont choisi comme réponse à la crise de fusionner, depuis que les politique se repassent la patate chaude d’une lutte douloureuse contre le piratage en ligne, pour tout dire depuis bien longtemps, on n’avait pas vu ca.

L’offre est de retour

Quoi ? Des albums qui embrassent la nouveauté du monde et rappellent aux amateurs de musique que tout n’est pas terminé. En quelques mois se sont succédés dans les pages des magazines et sur les rayons des échoppes en ligne comme en briques, les derniers opus de David Bowie, Nick Cave, Depeche Mode, Pink, IAM alors que s’anonnce aussi le phénomène Daft Punk ! Est ce que tous ces disques feront les millions de ventes qui sauveront la planète musique – ce qui devrait se voir à partir d’avril, pas avant ?

Possible que non, mais l’important est ailleurs. Pour la première fois depuis 10 ans, l’offre est enfin de retour; certainement en passant par les fans des stars des années 70 et 80, mais c’est aussi la bonne idée pour les maisons de disques qui veulent parier sur un retour sur investissement en visant une population « fiable ». Une offre qui suscite l’intérêt des médias, et c’est loin d’être anodin, autrefois toujours centrés sur le dernier film à la mode, ou tout autre chose. On reparle de musique dans les médias, autrement que pour commenter les frasques d’un ange déchu de la télé-réalité chantante, bref, la musique est de retour – pour le meilleur et certainement aussi pour le pire.

Le frémissement est perceptible. La musique est à nouveau le centre d’intérêt des médias, mais elle se fait aussi bien plus présente dans les conversations; et heureusement pour l’industrie ce n’est pas pour échanger le dernier bon plan à mode pour gruger l’Hadopi mais bien pour parler d’oeuvres musicales. On peut aimer ou détester, penser qu’au final Daft Punk n’apporte rien de plus, ou encore que Daivd Bowie s’est tu trop longtemps, qu’importe, l’important est bien que la musique est revenue pour de bonnes raisons dans la vie de tous les jours. Un retour qui pourrait bientôt se traduire dans les chiffres pour les maisons de disques. A condition que l’effort porté sur l’offre précisément soit maintenu. Le marché de la musique le mérite si l’on veut qu’il y ait une chance de le voir repasser dans le vert à la fin de cette année.

Labels et médias sont intimement liés

Ces deux dernières années les ventes de musique enregistrées ont affiché une baisse nettement sous les 10% en France. La rechute est encore possible, bien entendu, mais la progression de l’offre légale est indéniable et va finir par porter, elle aussi, ses fruits. Pourvu que les sorties marquantes de disques se succèdent tout au long de l’année, et que les médias fassent leur part du métier. Car, eux aussi ont à y gagner. Plus d’albums, c’est pour les médias spécialisés et les autres une bonne raison d’attirer les lecteurs, qu’ils aient à payer ou non pour lire les chroniques ou les revues. Labels et médias sont intimement liés. Que dire en effet de la chute d’un magazine comme les Inrocks (passé de 30000 à 15000 exemplaires par semaine), dont le repositionnement hasardeux n’a pas arrangé les ventes, c’est l’évidence, mais la crise du disque et sa suite naturelle, un affaiblissement de l’offre, a aussi contribué au désastre.

Et ce magazine symbole des années 80 n’est pas le seul à vivre petitement depuis le début des années 2000… Il en est de même pour les grands médias comme la télévision, dont la musique a été rayée des grilles, sauf à condition de ne surtout pas en faire le coeur du concept d’émission. Idem pour les radios, qui malgré les quotas, pour les stations dites musicales, cherchent pas tous les moyens à surtout diffuser autre chose à leurs auditeurs… La filière se braquent contre ce qu’elle voit comme une injustice, mais tout ces voyants pourraient repasser au vert, si la musique retrouve son rôle de moteur de la culture pop – bien plus efficacement qu’à coups de lois ou de règles contraignantes -, celle qui fait tant horreur à la ministre de la Culture et de la Communication du moment.

Partagez sur Facebook
Image du lien direct

Rédigé par Emmanuel Torregano

Redacteur en chef

Un commentaire sur cet article

  1. Ping : Musique : quand l’offre va tout devrait a...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *