Presstalis, les vrais chiffres qui plombent – #Gratuit

20121029-131107.jpgLe bilan de la société Presstalis est catastrophique. Nous révélons aujourd'hui les chiffres de l'année 2012 arrêtés au 30 septembre. Alors que l'Etat a signé un accord tripartite avec la direction de Presstalis et les éditeurs, les syndicats et principalement les ouvriers du Livre CGT bloquent le processus.

Le chiffre d'affaires s'établit à 1,048 milliard d'euros, en baisse de 113,7 millions d'euros ! La branche magazine s'écroule de 10,4%, tandis que la presse quotidienne s'en sort un peu mieux avec 2,5% de baisse. La chute des ventes, qui atteint en moyenne 8% sur l'année a été compensée par une inflation des prix des journaux. Enfin le hors presse, qui ne représente qu'une part minimale des revenus de Presstalis chute de 67% en un an ! Pour un ordre d'idée, les magazines contribuent pour pratiquement 700 millions d'euros au bilan de Presstalis, leur baisse a donc un effet majeur sur la structure de distribution. Les quotidiens sont aux alentours de 270 millions d'euros.
Presstalis a donc effectué des estimations sur les prochaines années pour ensuite déterminer les aides demandées à l'Etat ainsi que les changements du barème des éditeurs . Il est peu de dire que ces projections sont optimistes : chaque année jusqu'en 2016, c'est - 4% pour les quotidiens, -6,5% sur les magazines. Cela équivaut à une contraction des revenus par ans de 50 millions d'euros...

Résultat négatif en 2013 de 28 millions d'euros

Le pire est à venir. Le résultat de l'année 2012 est en perte de 20,7 millions toujours selon les prévisions effectuées à partir des chiffres arrêtés au 30 septembre, mais la perte d'exploitation est, elle, de 29,4 millions d'euros - les grèves à répétition des ouvriers du Livre devrait aggraver la situation, et un résultat négatif de 22 millions d'euros est probable ! Sur ce résultat pèse surtout la masse salariale de l'entreprise. Presstalis emploie 2147 salariés, pour 190,8 millions d'euros ... Dont 63,5 millions non payés depuis le début du mois d'octobre. Dans le détail, le centre SPPS est responsable de 15,1 millions d'euros et le plan social engagé compte pour 27,1 millions d'euros, ajoutons à cela un "Besoin de Fonds de Roulement" de 20 millions d'euros... En 2013, rien ne sera encore réglé. Presstalis prévoit un plan social pour 400 personnes (sur un total de 1200 sur trois ans), mais le résultat sur 2013 devrait toujours être dans le rouge à hauteur de 28,4 millions d'euros. Le gouvernement devra alors remettre la main au portefeuille. Presstalis envisage de créer une structure dédiée à la distribution des quotidiens, quant aux ouvriers du livre, qui ont à leur agenda une nouvelle rencontre avec la direction aujourd'hui, ils demanderaient à être recasés par l'Etat à la poste ou à la SNCF... Où comme le disait la publicité, c'est possible !

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Rédigé par Emmanuel Torregano

Redacteur en chef