Trump veut le cash européen des GAFAMs

dindon-a-farcirRapatrier aux États-Unis l'argent gagné par les multinationales américaines en Europe et quasiment pas taxé  : Barack Obama en avait rêvé. Ce sera Donald Trump qui le fera. L'Europe risque encore une fois d'être le dindon de la farce américaine.

Nous le disions depuis plusieurs mois et c'est sur le point d'arriver grâce à Donald Trump : l'Oncle Sam est fin prêt à mettre la main sur le pactole gagné hors US par les multinationales de l'Internet, placé dans des paradis fiscaux, et très peu taxé en particulier en Europe. Pourtant c'est bien en Europe que ces sociétés gagnent une énorme partie, voire la majeure partie, de leurs revenus.  L'interview de réconciliation entre le New York Times et Donald Trump a en effet réservé quelques surprises, dont la révélation que Donald Trump avait "eu l'honneur de recevoir un appel de Bill Gates", qu'il avait aussi "reçu un appel de Tim Cook, et je lui ai dit : je pense que nous allons mettre en place des mesures encourageantes pour vous, et je pense que vous allez le faire."

Traités de non double imposition

Car il n'est un secret pour personne que ce que veut Donald Trump, c'est qu'Apple installe une usine aux États-Unis. Ce qu'il a confirmé au New York Times, disant qu'il avait déclaré à Tim Cook, le PDG d'Apple : "Tim, tu sais que l'une des choses qui serait un énorme succès pour moi serait d'obtenir qu'Apple construise une grande usine aux États-Unis, ou plein d'usines aux États-Unis, comme ça au lieu d'aller en Chine ou au Vietnam, et d'aller dans tous les endroits où vous allez, tu fais ton produit ici." Il a ensuite ajouté que "nous mettrons en place de très grosses réductions d'impôts pour les sociétés, ce dont tu te réjouiras."

L'impôt dont il est question ici ne peut être que l'impôt sur les sommes rapatriées aux États-Unis et gagnées à l'étranger, qui est aujourd'hui de 35%. Il est en effet juridiquement inconcevable que Donald Trump puisse toucher aux 35% d'impôt fédéral sur les sociétés, qui est applicable aux bénéfices gagnés aux Etats-Unis. Si une telle mesure devait se concrétiser, l'Europe aurait énormément de difficultés à poursuivre sa politique de récupération des impôts non payés par les multinationales américaines. Car une fois taxées dans un endroit, des traités de non double imposition font qu'un même revenu ne peut être imposé plusieurs fois. Bon Thanksgiving !

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Rédigé par Isabelle Szczepanski

Angel investor. Journaliste. Belge parisienne.

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