Twitter prépare son entrée en Bourse

Alors que l'on attendait une IPO pour 2014, Twitter a annoncé hier (par le biais d'un tweet, évidemment) qu'elle avait déposé de manière confidentielle son dossier afin d'entrer en Bourse auprès de la Stock and Exchange Comission (SEC).

Le contre-exemple Facebook

Le fait que ce dossier ait été placé sous le sceau de la confidentialité s'explique probablement en partie par la déconvenue de Facebook lors de son entrée ne Bourse l'an passé, puisque de grosses attentes avaient été placée dans la compagnie de Mark Zuckerberg. En effet, le prix d’introduction pour les 421 millions d'actions mises sur le marché était très élevé (38 dollars pièce), portant la valorisation du réseau social à 104 milliards de dollars avec une levée de 16,1 milliards. Cela dit, et en dépit de la chute initiale catastrophique, l'action Facebook a depuis repris du poil de la bête, notamment grâce à une action très offensive sur le mobile. Selon des observateurs, cette remontée a probablement du encourager Twitter à se lancer dans l'aventure.  Quoi qu'il en soit, il est certain que la débâcle initiale de l'entrée en Bourse de Facebook (un fiasco pour les investisseurs qui aura tout de même largement bénéficié à la compagnie) aura permis à Twitter de se préparer pour éviter les mêmes péripéties.

Confidentialité

Grâce au formulaire "S1", Twitter s'offre donc le luxe de ne pas dévoiler la valorisation de la compagnie (qui s'élevait, selon les analystes, à quelque 10 milliards de dollars un peu plus tôt cette année, et pourrait avoir atteint entre 10,5 et 11 milliards à ce jour, pour une IPO que d'aucuns estiment aux alentours de 14 milliards). Une confidentialité qui n’est que temporaire, puisqu'elle ne vaut que pour 21 jours une fois que les termes seront finalisés avec la SEC, après quoi l'ensemble des informations pertinentes pour l'entrée en Bourse sera rendu public. Cela étant, cette période permet aussi au réseau fondé par Jack Dorsey d'échanger avec la SEC en toute tranquillité afin de peaufiner son dossier et d'éviter les faux-pas qui peuvent coûter cher lors de ce passage, comme l'avait découvert Groupon à l'époque. Par ailleurs, les exigences de la SEC sont légèrement moins contraignantes lorsque la demande d'entrée en Bourse se fait de cette manière. Au lieu de trois ans de comptes vérifiés de la société, Twitter devra n'en fournir que deux, par exemple.

Moins d'1 milliard de revenus

Mais cela révèle aussi un autre élément intéressant comme le souligne un journaliste de Slate, puisque seules les compagnies ayant des revenus inférieurs à 1 milliard de dollars (et ayant moins de 2000 investisseurs privés) peuvent bénéficier de ce procédé. C’est finalement assez peu, puisque le réseau social de micro-blogging compte environ 500 millions d'inscrits dont 200 millions d'utilisateurs actifs, qui envoient entre 400 et 500 millions de tweets par jour. Mais cela correspond avec les projections de eMarketer, qui estime les revenus 2013 de Twitter à 582 millions de dollars, dont 309 millions qui proviendraient, toujours selon eux, des revenus publicitaires. Une part qui pourrait bien gonfler dans les prochains mois, grâce à la récente acquisition de MoPub, une entreprise spécialisée dans la publicité sur mobiles, pour près de 350 millions de dollars. La compagnie essaye aussi de se positionner comme le meilleur ami de la télévision et un compagnon incontournable, ce qui pourrait lui permettre de mettre la main sur une partie des revenus publicitaires de ce média, toujours beaucoup plus élevés que pour le web ou le mobile.

Goldman Sachs à la manoeuvre

Selon une source citée par Reuters, ce serait Goldman Sachs qui serait à la manoeuvre pour aider le réseau à l'oiseau bleu à entrer en Bourse sans se briser les ailes, même si les spécialistes des nouvelles technologies des banques d'affaires JPMorgan, Crédit Suisse ou Morgan Stanley seraient aussi intéressés pour jouer un rôle dans l'IPO de l'année. Il faut dire que le gâteau est appétissant, avec 40 à 50 millions de dollars à empocher même s'il ne se vend que 10% des actions. Côté juridique, c’est le cabinet Wilson Sonsini Goodrich & Rosati qui épaulera Twitter dans sa démarche.

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Rédigé par Diane Saint Réquier

Journaliste presse écrite, web, radio. Passionnée de politique, de culture et de nouvelles technologies.