Ecrans partout, croissance ailleurs

Un nouveau baromètre GfK/Médiamétrie confirme l’omniprésence des écrans dans les foyers français, avec 6,3 appareils en moyenne, du téléviseur au téléphone portable en passant par les ordinateurs. Un marché quasiment saturé, donc, ce qui explique son déclin annoncé ! A titre de comparaison, selon Médiamétrie toujours, c'étaient auparavant les appareils radios qui étaient aussi bien représentés dans les foyers.

Au début du mois, GfK publiait son baromètre 2012 sur les nouvelles technologies. On y constatait le déclin de l’empire télévisuel, et le cabinet prévoyait une pente descendante pour les tablettes dont il estimait que les hybrides auraient raison. Le bilan était également négatif du côté des ordinateurs, même portables, dont les ventes étaient en perte de vitesse. Quelques jours plus tard, Gartner aussi soulignait la piètre santé du secteur des PC, l’expliquant en revanche par l’ascencion des ardoises numériques sans pour autant prédire l’essoufflement du phénomène comme GfK, dont les conclusions sur les hybrides étaient largement discutées, voire raillées par les spécialistes.

Marché saturé

Avec la nouvelle étude de GfK/Médiamétrie, concernant les écrans dans les foyers français, on entrevoit un marché condamné à se diversifier ou s’éteindre à petit feu. Car la saturation le guette, avec 6,3 écrans en moyenne par foyer au quatrième trimestre 2012 contre 6,1 sur la même période en 2011. Mais sont inclus les téléviseurs, ordinateurs, téléphones portables et autres tablettes, ce qui fait relativiser le chiffre. De la même manière, si l’on constate que les foyers possèdent en moyenne 1,9 téléphones et 1,7 ordinateurs, ces chiffres, rapportés au nombre de personne qui peuvent constituer un foyer ne semblent pas aberrants, ni même très élevés.

Cependant, d’autres indices pointent vers un suréquipement. Ainsi, lorsque l’acheteur(se) principal(e) du foyer a entre 25 et 49 ans le nombre moyen d’écrans à la maison atteint 8,9 ! Les plus aisés ou « CSP+ » en jargon sondagier sont eux aussi largement au dessus de la moyenne, avec 8,2 écrans par foyer. D’autre part, 74% des foyers possèdent désormais un téléviseur, un ordinateur et un téléphone portable, et 20% déclarent même avoir plusieurs de ces trois appareils. Une fois chaque personne (ou chaque pièce) du foyer munie d'un de ces équipements, on voit mal quel besoin nouveau pourrait se faire sentir. Il y a encore un peu de marge, mais la fin de l'âge d'or semble approcher à grands pas, surtout en temps de disette économique généralisée.

La croissance est ailleurs

Globalement, en ce qui concerne les équipements classiques, on approche donc bien d’une saturation du marché. Inutile donc pour les fabricants d’espérer une croissance semblable à celles des dernières années, et le changement est en marche (ou crève) pour les constructeurs d’écrans. Ceux des téléviseurs voient l’espoir du côté des smart TV et d’écrans de plus en plus grands. Dans le monde du PC, on s’adapte, en investissant dans les tablettes ou les hybrides, des écrans plus modernes et plus pratiques, complémentaires des téléviseurs-rois déclinants. Chez les constructeurs de mobiles, en dehors d’un olibrius qui mise sur le luxe, on tente de convertir les derniers des Mohicans dépourvus de smartphones voire de continuer à vendre des énièmes versions des mêmes appareils avec un écran plus grand, plus transparent ou une batterie plus puissante.

L’arrivée imminente des Google Glass et les rumeurs de montres intelligentes chez Apple et Samsung ne sont pas des coïncidences. Les fabricants tentent d’inventer de nouveaux écrans qui seraient complémentaires de ceux déjà largement présents dans les foyers français et occidentaux, et d’éviter ainsi de se tirer une balle dans le pied.

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Rédigé par Diane Saint Réquier

Journaliste presse écrite, web, radio. Passionnée de politique, de culture et de nouvelles technologies.