Exception culturelle : le double jeu du commissaire Karel de Gucht

On s'en doutait, c'est maintenant officiel : Karel de Gucht, commissaire en charge du commerce est en train de mettre la pression sur les Etats de l'UE qui appliquent l'exception culturelle pour qu'ils en diluent les modalités. L'objectif pour lui semble d'arriver avec une offrande pour Washington à la table des négociations du futur accord de libre échange entre l'UE et les Etats-Unis. Dans une note formellement émise par la présidence de l'UE actuellement gérée par l'Irlande, mais qui émane très probablement des services spécialisés de la Commission, les vues du commissaire sont mises en lumière. Dans ce texte destiné aux ministres des Etats membres, qui est écrit dans un langage sibyllin et en apparence pro exception culturelle, l'on sent bien la pression faite aux ministres pour ne pas conserver le statu quo en la matière. Bien entendu s'il y avait eu un véritable soutient à l'idée de l'exception culturelle telle qu'appliquée actuellement, aucune requête n'aurait été faite auprès des ministres pour qu'ils réfléchissent aux "conséquences potentielles de restriction de la liberté des citoyens de voir des oeuvres audiovisuelles du monde entier, y compris des Etats-Unis" par les mesures d'exception culturelle... Tout le document met l'accent sur la liberté du commerce et sur la diversité culturelle, ce qui ouvre grande la porte aux produits made in hollywood, en demandant notamment aux ministres d'échanger leurs opinions "sur la protection de la diversité culturelle" (et non pas de l'exception culturelle) "dans le contexte des échanges commerciaux internationaux". La culture, loin d'être séparée de l'accord transatlantique comme cela avait été dit au départ, est donc mise dans l'escarcelle, avec les échanges de véhicules automobiles et les dispositions bancaires...

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