Google feinte pour éviter le procès antitrust

La compagnie de Mountain View serait sur le point de mettre un terme à deux ans d’enquête de la FTC aux Etats-Unis, évitant ainsi un interminable procès antitrust comme celui que Microsoft a enduré pendant les années 1990/2000.

Selon des sources anonymes citées séparément par le très sérieux Wall Street Journal et par le non moins respectable New York Times, d’importantes avancées auraient été réalisées ce weekend par Google pour éviter un procès antitrust dans le cadre de deux enquêtes de la Federal Trade Commission (TFC, équivalent américain de l’Autorité de la concurrence). Il s’agirait pour la compagnie de Mountain View de couper l’herbe sous le pied des plaignants concernant ses pratiques dans le « search » d’une part et dans l’exploitation de brevets d’autre part.

Search and destroy

Première enquête de la FTC : les pratiques, supposément anticoncurrentielles, de Google sur le search, c'est-à-dire la partie moteur de recherche de son activité, et un domaine ou la compagnie est en position très largement dominante aux Etats-Unis, avec deux tiers des recherches. Des suspicions similaires pèsent sur l’entreprise en Europe, où elle représente dans certains pays 80% des recherches. Plus précisément, ce qui lui est reproché outre Atlantique est de favoriser les résultats liés à son propre empire, qu’il s’agisse de son réseau social Google + ou d’entreprises dans lesquelles la compagnie a des parts ou des intérêts, quelle qu’en soit la forme. Aux premiers rangs des mécontents, ses concurrents Yelp et Microsoft (qui possède Bing, le second moteur de recherche le plus populaire aux États-Unis) qui a largement investi dans des lobbyistes pour que la FTC se penche de plus près sur le cas Google.

Eviter le procès

Pour éviter un procès antitrust, dont la longueur n’a d’égal que le coût, Google serait donc en train de négocier avec la FTC pour apporter « spontanément » des changements qui permettraient de couper court aux accusations et même de ne pas avoir à signer d’accord formel avec l’autorité de la concurrence américaine. Plusieurs mesures pourraient être prises mais on n’en connaît pas encore la teneur, tout juste sait-on que l’éventuel étiquetage des résultats promouvant des compagnies ou sites liés à Google est discuté. De là à dire que le géant de la recherche est prêt à une telle transparence, il y a un gouffre qui est encore loin d’être comblé. Le placement et le retrait d’annonces sur son moteur de recherche devrait par ailleurs être facilité. Google avait déjà tenté de montrer sa bonne volonté à plusieurs reprises au cours des deux ans qu’ont duré l’enquête de la FTC, d’abord en arrêtant d’utiliser des petits extraits de sites sans l’autorisation des entreprises concernées ; mais aussi en ouvrant un onglet« Google Shopping », supposé mettre fin à un certains nombre d’accusations de favoritisme.

Abus de brevets

Concernant la seconde enquête de la FTC, qui a trait à la gestion par Google des brevets rachetés en même temps que l’entreprise mettait la main sur Motorola, l’entreprise de Mountain View ne serait pas aussi avancée. Elle pourrait en effet avoir à signer un accord de consentement, sorte d’arrangement à l’amiable mais formel où elle s’engagerait sur certains points, devant par conséquent en répondre auprès de l’autorité de la concurrence américaine. Selon la FTC, Google aurait eu des pratiques anticoncurrentielles en refusant indûment des licences de brevets à des fabricants de mobiles, et, au-delà, en cherchant à empêcher la mise en vente des produits par des injonctions judiciaires. L’accord que Google pourrait signer stipulerait donc que la compagnie s’engage à accorder de manière plus équitable les licences de brevets pour ses concurrents. Si il s'engage dans cette voie, Google va devoir trouver un équilibre délicat. La société de Mountain View a basé la valeur de son rachat de Motorola sur la valeur qu'elle espérait tirer des brevets. En acceptant de passer l'éponge sur les revenus qui sont liés, Google prend un véritable risque, ou tout simplement balance 13 milliards de dollars par les fenêtres...

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Rédigé par Diane Saint Réquier

Journaliste presse écrite, web, radio. Passionnée de politique, de culture et de nouvelles technologies.