Le plaidoyer de Google pour le numérique britannique

Le vice président de Google pour l'Europe du Nord, Matt Brittin, publie ce matin dans le Telegraph un vibrant plaidoyer en faveur de l'innovation en Grande-Bretagne, un pays très avancé mais dont le leadership serait menacé par la montée des marchés émergents, un éventuel changement de fiscalité et un manque de formation. Alors qu'une enquête est en cours sur les pratiques fiscales de Google, d'Amazon et d'autres multinationales au Royaume Uni et que les "members of Parliament" se penchent sur la question d'une taxe spéciale, Matt Brittin estime que l'histoire d'innovation du pays pourrait bien s'en trouver menacée. Il explique par ailleurs que les bases de la loi fiscale reposent sur une taxation dans le pays où les produits sont développés, et non pas dans celui où ils sont consommés "c’est pour ça que Google, qui a été développé aux Etats-Unis, paye la majorité de ses impôts là bas." D'autre part, s'il reconnaît que les entreprises de technologie génèrent des profits, ils estime qu'elles " offrent beaucoup plus de valeur aux consommateurs, aux entreprises et au secteur public". Google serait donc un bon samaritain à qui il ne faudrait pas trop tirer la couverture... Avec 10% du PIB projeté de la Grande Bretagne provenant du secteur des nouvelles technologies, le pays est certes bien placé, mais n'exploite pas encore tout son potentiel selon Matt Brittin: "seul une PME ou TPE sur trois est présente sur le web et elles ne sont qu'une sur sept à vendre leurs produits ou services en ligne, passant à côté de milliards de livres sterling potentielles de revenus supplémentaires." Il rappelle aussi les propos du CEO d'IBM UK l'an dernier  qui avait affirmé ne pas trouver de personne adaptée pour un cinquième des emplois créés. Il faut dire que les diplômés en informatique au sens large ne représentent que 0.5% des "A Levels" britanniques  et qu'il existe donc un vrai manque à gagner en termes d’emplois. Pis, selon Matt Brittin "16 millions de britanniques adultes ne savent pas envoyer ou recevoir un mail, et 8 millions disent même ne jamais avoir utilisé le web", un constat "alarmant". Le vice président de Google pour l'Europe du Nord en appelle donc au gouvernement britannique, afin de "placer Internet au coeur de nos projets industriels, éducationnels et économiques".

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