Musique : investir malgré la crise

En dépit de la perte de 16% des revenus mondiaux de l’industrie musicale depuis 2008, les labels continuent d’investir dans le développement de leur catalogue et la découverte de nouveaux artistes. Une méthode pour tromper la crise ?

Une nouvelle étude de l’IFPI en partenariat avec WIN décortique les investissements des maisons de disque dans le monde, qu’il s’agisse de majors ou d’indépendantes. Et le résultat tord le cou aux idées reçues, puisqu’on apprend, entre autres, qu’en 2011, les dépenses en A&R (Artistes et Répertoire) et marketing s’élevaient à 4,5 milliards de dollars, soit 26% des revenus globaux de cette industrie ! Plus étonnant encore, les investissements dans les A&R représentent à eux seuls 2,8 milliards de dollars, presque autant qu’en 2008 (2,7 milliards) alors que ces trois années ont vu les revenus globaux des industries musicales s’effondrer de 16%.

Toujours plus de nouveaux artistes

La part du développement du répertoire et de la découverte de nouveaux artistes représente désormais aux alentours de 16% des dépenses de l’industrie, ce qui la place devant les autres, si l’on rapporte ce pourcentage aux dépenses en recherche et développement dans le secteur pharmaceutique (15,3%) ou dans celui des nouvelles technologies (9,6% des revenus investis dans la R&D). Dans le détail, le financement et la propulsion d’un nouvel artiste coûte environ 1,4 million de dollars : habituellement 200 000$ en avance à l’artiste, 200 000 à 300 000$ d’enregistrement, 50 000 à 300 000$ pour la production du ou des clips, 100 000$ pour financer une tournée et 200 000 à 500 000$ en promotion et marketing. Des frais qui n’effraient pas les labels, puisque sur les 7000 artistes recensés chez les majors, l’étude IFPI dénombre près d’un quart de nouveau talents.

Market-moi plus fort

Et ça tombe plutôt bien, puisqu’être signé par une maison de disque reste le rêve de la majorité des musiciens (71% en Grande Bretagne, et même 80% en Allemagne !), qui y voient surtout une opportunité pour développer leur promotion et leur marketing. Las, les budgets marketings de l’industrie ont bien fondu depuis 2008, puisqu’ils ne représentent plus que 1,7 milliard de dollars en 2011 contre 2,4 milliards trois ans avant. Un phénomène que l’étude explique par la combinaison de plusieurs facteurs, en tête desquels l’utilisation des réseaux sociaux et l’impact du piratage. Cependant, de nouveaux revenus se développent pour les artistes signés, comme les contrats avec les marques pour l’utilisation dans les publicités, qui peuvent aussi booster les ventes physiques et digitales du titre voire de l’album.

Enfin, l’étude IFPI confirme ce que l’on pouvait pressentir : dans la majeure partie des cas, les artistes sont découverts et lancés localement avant d’être promus à l’international. Et c’est au Japon qu’on retrouve le pourcentage le plus élevé de productions nationales dans le top 100 des ventes physiques (77%), devant les Etats-Unis (62%), l’Allemagne (55%), la France (54% - merci les quotas ?) et le Royaume-Uni, étonnamment bas (53%).

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Rédigé par Diane Saint Réquier

Journaliste presse écrite, web, radio. Passionnée de politique, de culture et de nouvelles technologies.

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