Sami Valkonen, Google Music : « Nous sommes très satisfaits de nos ventes de musique aux Etats-Unis »

Nous publions l'entretien de Sami Valkonen, patron des activités de licences internationales, à la base de Google Music, donné à Musique Info du 21 novembre. Mountain View indique supprimer 8 millions de liens vers des sources pirates des résultats de son moteur de recherche. 4 millions de personnes utiliseraient le service de "music locker" qui arrive en Europe. Sans donner plus de détails, Sami Valkonen affirme que l'adoption du service Google Music est en croissance.

ElectronLibre : Quelle importance la musique présente-t-elle pour Google ?

- Sami Valkonen : Avec l’adoption de plus en plus répandue de la musique sur support numérique, la musique est devenue fondamentale dans plusieurs domaines qui nous tiennent à coeur : l’expérience mobile, la dimension sociale, et la puissance d’internet en termes d’amélioration de la vie de tous les jours des gens. Nous y avons vu une opportunité d’utiliser l’expérience considérable de Google en matière de services «infonuagiques», ainsi que les capacités de la plateforme Android et de Google + afin d’améliorer l’expérience musicale des utilisateurs. En ajoutant ses élements les uns aux autres, nous ouvrons la voie à une expérience plus riche sur Android comme sur Google +, et donc à une expérience plus étoffée sur internet en général. Tout ceci est positif pour Google, pour les consommateurs, ainsi que pour nos partenaires créateurs de contenus, compositeurs et interprètes.

EL : Quels types d’accord de licence concluez-vous avec les labels ?

- SV : Nous ne divulguons pas les détails de nos contrats avec d’autres sociétés, mais je peux vous dire que nous avons des accord de contenu avec les majors du marché, Universal Music Group, EMI, Sony Music, Warner Music Group, ainsi que des centaines de labels indépendants voire même locaux, afin de vendre la musique de leurs artistes par l’intermédiaire de notre service. Au Royaume-Uni, par exemple, nous avons passé des accords avec les labels prestigieux comme Beggars et Ministry of Sound. Nous avons également des contrats avec les principaux éditeurs de musique, ainsi qu’avec les sociétés de collecte de droits basées dans les différents territoires sur lesquels nous nous lançons.

EL : Quel est votre objectif en termes d’utilisateurs en France et en Europe ?

- SV : Nos objectifs en Europe sont similaires à nos objectifs à un niveau global, c’est-à-dire rendre plus simple, aux Français par exemple, d’écouter la musique qu’ils aiment, ainsi que de découvrir les nouvelles productions d’artistes qu’ils admirent, et ce que quel que soit l’appareil qu’ils utilisent. Nous sommes convaincus qu’il est fondamental que les consommateurs aient des manières simples et légales d’accéder à leur collection musicale, ainsi que d’acheter des nouvelles chansons et albums.

Croissance constante

EL : Comment les usagers peuvent-ils accéder à leur bibliothèque musicale Google ? Est-ce d’un appareil Android ou d’un ordinateur ?

- SV : On peut avoir accès à sa collection musicale de n’importe quel appareil, que se soit un téléphone Android, une machine fonctionnant sous iOS, ou un ordinateur personnel. Google Play permet de conserver 20 000 chansons en provenance d’une bibliothèque musicale préexistante, et ce dans le «cloud», afin de les rendre accessibles depuis tout appareil.De plus, notre nouveau service de «match» rationalise le processus de téléchargement de la musique, afin qu’elle puisse être ajoutée à la bibliothèque encore plus rapidement. Nous offrons ces deux services gratuitement. L’on peut également ajouter de nouveaux morceaux dans cette bibliothèque. Nous synchronisons automatiquement toute bibliothèque musicale - achats et téléchargements - afin que les utilisateurs puissent l’écouter de n’importe quel appareil. Pas besoin de se préoccuper des connections des câbles, des transferts de dossiers ni de l’insuffisance des capacités de stockage. Vous pouvez même écouter votre musique lorsque vous n’êtes pas connectés. Il suffit de signaler au système les playlists et albums que vous voulez avoir directement sur votre appareil.

EL : Google Music est-il une réussite aux Etats-Unis ?

- SV : Nous sommes très satisfaits de nos ventes de musique aux Etats-Unis. Chaque semaine, nous avons de nouveaux utilisateurs, nos chiffres d’activité sur sept jours continuent d’augmenter et les ventes sont en croissance constante.

Engagé contre le piratage

EL : Vous sentez-vous confiant dans l’avenir de ce service malgré la faiblesse de ses parts de marché aux Etats-Unis ? Pourriez-vous affirmer que Google s’impliquera de plus en plus dans l’industrie musicale ?

- SV : Notre boutique en ligne est encore jeune, mais nous sommes contents du service qu’elle offre, et pensons qu’il y a un avenir radieux pour elle. En mars, nous avions annoncé qu’il y avait eu plus de 4 millions d’utilisateurs grâce aux Music Lockers de Google Play. Nous sommes très heureux de lancer le service au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne aujourd’hui.

EL : Les labels disent que Google devrait tout d’abord trouver une façon de bloquer les liens et dossiers piratés avant de lancer un service musical qui puisse être sérieux. Etes-vous d’accord avec eux ?

- SV : Google est engagé dans la lutte contre le piratage, et nous travaillons extrêmement dur pour aider l’industrie musicale. Nous retirons près de 8 millions de liens de musique illégale chaque mois. En offrant une nouvelle source de musique légale, nous espérons que notre service aidera les consommateurs à écouter la musique qu’ils aiment tout en donnant aux artistes le soutien économique dont il ont besoin.

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Rédigé par Emmanuel Torregano

Redacteur en chef

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