Assises du journalisme : Le datajournaliste, un journaliste comme les autres ?

Les sixièmes Assises du journalisme s'ouvraient ce mardi matin avec plusieurs ateliers réservés aux professionnels parmi lesquels une table ronde autour du datajournalisme et la place des développeurs dans les rédactions. Les intervenants présentaient dans un premier temps divers projets ayant trait à la collecte, au traitement, au recoupement et à la mise en forme de "data".

De la couverture TNT, cartographiée par une journaliste du Dauphiné Libéré en utilisant les informations livrées par les lecteurs eux-mêmes (crowdsourcing), à l'outil de tri des câbles de Wikileaks, on découvre une multiplicité de formes du datajournalisme. Pour Johan Hufnagel, rédacteur en chef de Slate.fr, ce n'est finalement qu'un travail de journalisme classique, à savoir trouver des informations et les mettre en forme afin de raconter une histoire. Mais au delà du datajournalisme basique, que n'importe qui ou presque peut "bidouiller" avec un simple tableur Excel et des notions de base de statistiques, plusieurs projets demandent la collaboration avec des développeurs, notamment pour des visualisations ou des cartographies très élaborées.

Rudiments du code

Cela pose la question de la relation entre journalistes et développeurs. Les premiers doivent-ils apprendre à coder, et les second peuvent-ils être journalistes? A ces interrogations, le panel répond plus ou moins unanimement qu'il est nécessaire que les journalistes apprennent a minima des rudiments de code, afin de comprendre la temporalité et le langage propres aux développeurs. De même, tous tombent d'accord pour dire qu'il est souhaitable d'inclure les développeurs dans les rédactions, plutôt que de faire appel à eux en externe, une démarche aussi coûteuse  que problématique en termes de délais.

Globalement, et à quelques exceptions près, les métiers de développeurs et de journalistes sont plus complémentaires qu'interchangeables. Autres enjeux pour cette discipline, l'Open Data, c'est à dire l'accessibilité aux données de l'Etat et des collectivité, mais aussi la fameuse "Big Data", comprenez la masse incroyable de données que l'on crée chaque jour en travaillant, consommant, etc. Ce qui nous ramène à l'idée que le datajournalisme demande avant tout les mêmes qualités que le journalisme classique, à savoir la recherche d'information et sa vérification, le recoupement des informations ainsi récoltées mais aussi et surtout la narration, car même une très belle data visualisation nécessite, pour faire sens, un article ou du texte.

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Rédigé par Diane Saint Réquier

Journaliste presse écrite, web, radio. Passionnée de politique, de culture et de nouvelles technologies.