Le spectacle vivant toujours sur une tendance haussière en 2012

Véritable indicateur de la bonne santé du secteur, le montant des droits collectés par la Sacem sur le spectacle vivant, traditionnellement révélé à l’occasion du Printemps de Bourges, est resté sur une tendance haussière en 2012, malgré un net recul de ceux perçus sur les tournées.

Le spectacle vivant affiche une nouvelle fois une tendance haussière en 2012, selon l’état des lieux du secteur que doit publier la Sacem à l’occasion du Printemps de Bourges, avec des droits d’auteur sur les concerts, festivals, tournées et spectacles divers en hausse de 3% sur un an, à 79,4 millions d’euros. Malgré un léger décrochage en 2010, ce secteur affiche une progression de 14 % sur les cinq dernières années, et atteint son plus haut niveau historique depuis le précédent record enregistré en 2009, à 78,5 millions d’euros. Au cours de l’année dernière, ce sont pas moins de 127 000 concerts et spectacles qui ont été organisés en France, dont plus de 5300 dates de tournées.

Le secteur du live représente ainsi 10 % des perceptions globales de la Sacem sur la période, soit autant que les droits en provenance de l’étranger, et 1 % de plus que les droits phono et vidéo perçus sur les pressages de supports physiques : une proportion en ligne avec ce qu’ont représenté les droits en provenance du secteur du live et du théâtre à l’échelle mondiale en 2011, selon les chiffres publiés par la Cisac (Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs).

Une tendance haussière contrastée

Les droits collectés auprès des festivals, salles de musiques actuelles et centres culturels représentent la principale source de perceptions (44 %), devant ceux perçus auprès des tourneurs (30 %). Les concerts de musique symphonique du répertoire protégé de la Sacem représentent 5 % des perceptions, soit autant que celles réalisées auprès des spectacles de cabarets. Le solde (16 %) provient de spectacles divers (ballets, cirques, etc.).

La tendance haussière constatée en 2012 reste cependant très contrastée. Les concerts symphoniques affichent ainsi une progression de 48 % des droits collectés en 2012 (une fluctuation liée à une programmation plus importante du répertoire protégé), quant elle n’est que de 2 % pour les concerts et festivals de musiques actuelles et alors que les tournées enregistrent une baisse de 9,5 %, à 23,6 millions d’euros. Bien que traditionnellement très fluctuantes d’une année sur l’autre en fonction de la programmation, les perceptions réalisées sur les tournées enregistrent là leur troisième baisse consécutive, ce qui pourrait s’interpréter comme un des effets de la crise.

Dans le seul secteur des tournées, l’évolution est également très contrastée sur le plan géographique. Ainsi la région Ile de France (44 % des droits collectés au niveau national) affiche t-elle une hausse de 5 %, ce qui peut être mis sur le compte d’un effet « Stade de France », lequel représente à lui seul 13 % des perceptions. Ce secteur des tournées reste très concentré, avec 98 % des droits collectés auprès des 100 plus gros tourneurs, et 80 % en provenance des 100 plus grosses tournées.

Cinq Français dans le top 10 des tournées

En 2012, cinq artistes français se sont classés dans le top 10 des plus grosses tournées d’artistes en terme de droits générés, Johnny Hallyday réussissant même la prouesse de grimper sur le première marche du podium devant Madonna et Coldplay. Julien Clerc, Laurent Gerra, MPokora et Sexion d’assaut parviennent à surpasser Lady Gaga et Metallica, le groupe Scorpions étant le seul artiste ou groupe étranger à s’intercaller en 5ième position. La prédominance française est encore plus marquée dans le top 10 des plus grosses tournées de spectacles, avec huit spectacles français dans le classement des plus grosses perceptions, dont 1789 Les amants de la Bastille, Dracula et RFM Party 80, qui occupent les trois premières marches du podium. Seuls deux spectacles étrangers (Voca People et The Australian Pink Floyd Show) viennent s’intercaler en 8ième et 10ième position.

Ces bonnes performances des tournées d’artistes français devraient entériner l’an prochain la bonne résistance du répertoire de la Sacem en terme de répartition. Ainsi 66 % des oeuvres réparties en 2012, au titre des droits collectés en 2011, appartenaient au répertoire de la Sacem pour ce qui est des concerts de variétés, et 49 % pour les concerts de musique symphonique. Au global, la Sacem a réparti l’an dernier 61,3 millions d’euros (+ 2 %) au titre des perceptions de 2011 sur le spectacle vivant, pour 1 million d’exécutions publiques de 234 000 œuvres différentes.

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Rédigé par Philippe Astor

Journaliste spécialiste de l’industrie de la musique et d’Internet, collaborateur de Haut Parleur et co-fondateur d’Electron Libre.

3 commentaires sur cet article

  1. Ping : Le spectacle vivant toujours sur une tendance h...

  2. LolCat dit :

    Au coeur du numérique, qu’ils disaient…

  3. Ping : Spectacle vivant: entre réalité et nouvelles technologies | MusicMug

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