La réforme de l’audiovisuel public tangue

Le gouvernement de Clément Lecornu semble abandonner la réforme de l’audiovisuel public, qui proposait de rassembler France Télévisions, Radio France et l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) au sein d’une même holding selon des informations du site Politico et du journal Les Echos. Ce retrait serait en grande partie dû aux compromis nécessaires avec les socialistes, qui ont influencé la direction du projet. Les enjeux liés à cette réforme concernent la structuration et le financement de l’audiovisuel public en France. Rappelons que la proposition de loi a été adoptée en juillet 2025 au Sénat avec quelques modifications (194 voix pour, 113 contre, 33 abstentions), malgré des débats tendus, mais elle a été rejetée à l’Assemblée nationale par une motion du groupe écologiste avant examen complet. Rachida Dati, ministre de la Culture, a réaffirmé en 2026 la nécessité de préserver l’audiovisuel public tout en insistant sur une « réforme structurelle et d’organisation » via la holding, avec un engagement de l’État pour les besoins en capitaux. Le Premier ministre envisagerait des concessions pour éviter une censure, mais sans abandon officiel. Le service public audiovisuel est toujours sans contrats d’objectifs et de moyens (COM) clairs. L’Etat envoie depuis des années des signaux contradictoires sur ce sujet qui a contraint la direction de France Télévisions de ralentir, et parfois arrêter, ses investissements, notamment dans la création.