Cannes : le président du CNC tire la sonnette d’alarme

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), lance une mise en garde lors d’un entretien au Figaro : l’industrie cinématographique traverse une crise mondiale dont la France, malgré une relative résistance, n’est pas épargnée. « Nous vivons un moment de grand danger pour la filière », affirme-t-il, citant des risques concrets, comme la casse de l’emploi, les délocalisations entrainant une perte de souveraineté sur les récits et les imaginaires selon lui. Les chiffres récents renforcent son inquiétude, car entre janvier et fin avril, les entrées en salles ont reculé de 6 %, soit 55,8 millions de tickets vendus, et le secteur n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant la crise du Covid. Outre le fléchissement de la fréquentation, Gaëtan Bruel pointe l’érosion du modèle de diffusion avec des « déprogrammations sauvages » après seulement deux jours d’exploitation, qui, selon lui, asphyxient les films et fragilisent le principe d’une exploitation en salle sur plusieurs semaines. La concurrence des plateformes de streaming, déjà identifiée depuis les années 2010, s’est intensifiée et se trouve désormais concurrencée elle-même par la montée en puissance des jeux vidéo et d’autres formes de divertissement. Pour Gaëtan Bruel, cette mutation des pratiques de consommation menace la qualité et la diversité des œuvres cinématographiques. Face à ces défis, le président du CNC fixe plusieurs priorités : renforcer l’exportation des œuvres françaises, préserver la capacité du territoire à accueillir des productions étrangères, et notamment américaines, tout en défendant le modèle français contre les pressions du lobby américain et les menaces de taxation avancées par l’administration Trump. Selon lui, ces enjeux sont cruciaux pour sauvegarder l’avenir de la filière.