Le combat contre la désinformation aux États-Unis a évolué en une bataille complexe sur la liberté d’expression, marquée dernièrement par des tensions entre les institutions gouvernementales, les médias et les plateformes sociales. Depuis 2023, le président de la Commission judiciaire de la Chambre, Jim Jordan, a dirigé une campagne contre ce qu’il appelle le « complexe industriel de la censure », affirmant que les grandes entreprises technologiques censuraient des voix conservatrices sous pression de la Maison Blanche, avant l’élection de Donald Trump. Ce dernier avait été interdit des réseaux sociaux, notamment. Le témoignage de Matt Taibbi, un journaliste indépendant, est venu renforcer cette position, en appelant à la suppression des financements publics pour les initiatives de vérification des faits. En parallèle, des figures comme Nina Jankowicz, ancienne directrice du Bureau de gouvernance de la désinformation, ont été vilipendées, conduisant à sa démission et à la dissolution de son bureau avant même qu’il ne commence ses travaux. Les efforts de Jim Jordan, Matt Taibbi et d’autres ont conduit à la fermeture de nombreuses organisations de surveillance de la désinformation, tandis que les plateformes sociales de leur coté ont modifié leurs politiques de modération. En août 2024, Mark Zuckerberg a admis que Facebook avait été soumis à une pression inappropriée pour censurer des contenus liés à la crise du Covid19, une révélation que les républicains ont salué comme une victoire. Malgré cela, la lutte contre la désinformation est désormais marquée par des accusations mutuelles et des revendications sur ce qui constitue la vérité, entraînant une dynamique où les critiques et les institutions de vérification des faits sont de plus en plus fragilisées. Les implications de cette affaire vont bien au-delà des frontières des Etats-Unis, comme on l’a vu ces derniers jours avec la campagne orchestrée par Elon Musk et d’autres contre l’UE, accusée de vouloir brider la liberté d’expression.