Désinformation : un combat européen confié à un cercle restreint
Conçue à l’origine pour contrer les ingérences étrangères, la lutte européenne contre la désinformation s’est progressivement étendue et structurée autour d’un écosystème institutionnalisé mêlant financements publics, expertise labellisée et partenariats avec les plateformes. Derrière ce consensus affiché, une question demeure largement ignorée : qui sont les acteurs chargés de cette mission, et pourquoi les médias privés indépendants en sont largement absents.
Depuis plusieurs années, l’Union européenne a fait de la lutte contre la désinformation un axe central de ses politiques numériques et démocratiques. Initialement pensée comme une réponse à des campagnes étrangères – russes en particulier – cette politique s’est progressivement élargie à un champ beaucoup plus vaste : la surveillance des discours publics, le fact-checking politique et la “résilience informationnelle” interne des démocraties européennes. Derrière cette évolution doctrinale, une question reste pourtant peu documentée : qui sont les acteurs financés pour lutter contre la désinformation, et selon quelle architecture ?
Un dispositif pivot : EDMO
Au cœur du système se trouve l’European Digital Media Observatory (EDMO), une association financée à hauteur d’un peu moins de 4 millions d’euros par an par la Commission européenne sur base d’une procédure d’appel d’offres lancée en 2020. EDMO repose sur des hubs nationaux ou régionaux associant agences de presse,…
Profitez d'un accès illimité à nos articles :
Abonnez-vous dès maintenantDéjà abonné ? Connectez-vous ici. Connectez-vous ici.
Suivez-nous sur Twitter: @3l3ctr0nLibr3