Les organisations syndicales représentatives des employeurs et des salariés du spectacle vivant viennent d’adresser une lettre ouverte solennelle au Premier ministre Sébastien Lecornu, dénonçant une situation critique qui fragilise « ce pilier de la cohésion nationale. Les syndicats dénoncent des coupes budgétaires aux effets immédiats et déstabilisateurs. La lettre pointe d’abord les impacts du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, avec des retards de notification, gels de crédits et incertitudes provoquant des tensions de trésorerie dans de nombreuses structures. Le Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle (FONPEPS), outil clé pour stabiliser l’emploi via des aides à l’embauche et à la pérennisation des contrats, est sous-financé : doté de 35,1 à 36,4 millions d’euros en 2026, alors que les besoins réels avoisinent 55 à 60 millions d’euros. Bien que prolongé jusqu’en 2028 par la ministre de la Culture Rachida Dati, ce fonds reste « sous-dimensionné » selon les signataires. Le programme 361, dédié à l’éducation artistique et culturelle, subit une amputation significative, entraînant l’arrêt de projets scolaires et affectant artistes, équipes et jeunes publics. Par ailleurs, le budget global de la mission Culture s’établit à 3,54 milliards d’euros en loi de finances 2026, en baisse globale de plus de 200 millions d’euros par rapport aux exercices précédents, touchant patrimoine, création, Pass Culture et audiovisuel. L’inquiétude des syndicats porte aussi sur une éventuelle renégociation des annexes 8 et 10 de l’assurance chômage, spécifique à l’intermittence du spectacle, réclamée par le Medef. Ce régime, « architecture même de l’économie du spectacle vivant« , ne doit pas devenir une variable d’ajustement budgétaire déclare les signataires. La lettre déplore un dialogue altéré sous Rachida Dati – concertations rares, décisions unilatérales, discours perçus comme méprisants –, réclamant un retour à des échanges respectueux. Elle demande une concertation nationale impliquant partenaires sociaux, collectivités et l’État pour sécuriser FONPEPS et crédits déconcentrés, stabiliser financements territoriaux, garantir annexes 8 et 10 et donc réaffirmer une stratégie nationale ambitieuse.