Patrick Sigwalt, président de la Sacem : « la Sacem repose sur des valeurs fortes de solidarité et d’éthique »
À l’occasion de ses 175 ans et de la publication de résultats en forte croissance – 1,5 milliard d’euros répartis à 663 000 créateurs (+9 %) – la Sacem aborde un moment charnière. Portée par l’international et le numérique (845 millions d’euros de collectes), mais confrontée à des mutations profondes du secteur, elle se trouve aussi en première ligne sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle. C’est dans ce contexte qu’ElectronLibre a interrogé sa directrice générale, Cécile Rap-Veber, et son président, Patrick Sigwalt.
Cette année, la Sacem fête ses 175 ans. Comment expliquez-vous cette longévité ?
Patrick Sigwalt : Elle tient d’abord à la vision de ses fondateurs, qui ont conçu une société profondément égalitaire, sans discrimination d’âge, de nationalité ou de genre. Les règles de rémunération sont les mêmes pour tous, des stars aux auteurs émergents. La Sacem repose sur des valeurs fortes de solidarité et d’éthique. C’est une organisation détenue et dirigée par les créateurs eux-mêmes, avec l’appui de professionnels. Cette gouvernance hybride constitue une richesse, car nous nous nourrissont les uns les autres. Sa longévité témoigne également de la robustesse et de l’adaptabilité du droit d’auteur, que nous devons continuer à défendre à l’échelle mondiale.
Cécile Rap-Veber : Ce qui m’émeut, c’est que la Sacem est née de l’initiative des créateurs et a hérité de leur capacité d’adaptation. Ce n’est pas une structure figée, mais un organisme vivant. À chaque innovation technologique, elle évolue avec les usages. Contrairement à certaines idées reçues, les créateurs ont toujours su s’approprier les nouvelles technologies, comme l’illustrent des figures majeures de la musique électronique française. Cette capacité d’adaptation est au cœur de notre identité.
« Nous sommes est fiers de l’action culturelle de la Sacem et tenons à la développer »
Les résultats publiés aujourd’hui pour 2025 montrent une stagnation relative des revenus sur le territoire français : est-ce inquiétant et qu’est-ce qui pourrait débloquer la situation ?
Cécile Rap-Veber : Oui, c’est une situation préoccupante, et ce pour deux raisons, dont l’une peut sembler contre-intuitive. La première tient à l’explosion du spectacle vivant. Les chiffres sont impressionnants : tournées mondiales gigantesques, recettes de billetterie très élevées,…
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