Au-delà de la prouesse technique affichée par Orange et Nokia en Pologne – un débit de 3,17 Gb/s sur la bande 6 GHz –, se profile une bataille stratégique majeure pour l’avenir des réseaux mobiles (5G, 6G) et sans fil. Cet essai, présenté lors du TechDay à Varsovie, ne se contente pas d’illustrer une avancée technologique, il met aussi en lumière la convoitise grandissante autour de cette fréquence clé, disputée entre opérateurs télécoms soucieux d’améliorer leurs réseaux et acteurs du WiFi désireux d’optimiser les connexions domestiques et professionnelles. Ce débat, loin d’être anecdotique, révèle des positions irréconciliables quant à l’usage de cette ressource. D’une part, les géants des télécoms martèlent l’impératif d’étendre leur spectre pour absorber un trafic numérique en constante croissance. D’autre part, l’écosystème WiFi réclame lui aussi sa part de ces précieuses fréquences pour ses propres développements. Derrière cette confrontation technique, des enjeux économiques colossaux se dessinent, car l’attribution de la bande 6 GHz pourrait, de fait, consolider la stature des opérateurs européens sur l’échiquier mondial. Pourtant, la route est semée d’embûches. L’Europe n’a toujours pas statué sur une attribution définitive, et le déploiement exigerait des investissements massifs.