Le Centre national du livre, l’autre taxe des plateformes

Le Centre national du livre (CNL) s’oriente vers une taxation des plateformes de vente en ligne, écartant ainsi l’option de ponctionner les éditeurs, pourtant ciblés par la proposition initiale du Syndicat de la librairie française (SLF). Ce dernier appelait à une contribution des « grands acteurs du livre » pour soutenir librairies et éditeurs indépendants. Cette orientation du CNL intervient après une coupe de 22 % dans ses propres subventions en deux ans, alors même que le réseau des librairies indépendantes peine à maintenir l’équilibre, enregistrant 85 fermetures contre 83 ouvertures pour la seule année 2025. Le SLF insiste sur la nécessité d’un soutien public renforcé pour pallier les coupes budgétaires du secteur, chiffrant les recettes potentielles de cette taxe à plusieurs dizaines de millions d’euros, à redistribuer en faveur des librairies et éditeurs. Le CNL, lui, justifie sa focalisation sur les plateformes en ligne par leur rôle prétendument déstabilisateur du marché, notamment via les ventes d’occasion. Il écarte catégoriquement l’idée de taxer directement les éditeurs, arguant qu’une telle mesure aggraverait la précarité financière du secteur culturel. Cette piste fait actuellement l’objet d’échanges avec le ministère de la Culture.