C’est une crise ouverte qui vient de se jouer au CSPLA, révélant la profonde déception du monde des ayants droit. Ce matin, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, avait donné rendez-vous aux membres du CSPLA. Si la tradition veut que la ministre assiste aux réunions du conseil, le rendez-vous, avancé en raison du Conseil des ministres, a dérogé à l’ordinaire. Devant les représentants des ayants droit (musique, presse, audiovisuel, etc.), la ministre s’en est tenue à un discours sur l’IA, rappelant une position qu’elle estime juste, axée sur la « neutralité« . Une ligne qu’elle avait déjà défendue au Sénat. Dans ce contexte, alors que la PPL Darcos attend toujours dans l’antichambre de l’Assemblée nationale, ce discours ministériel a fait l’effet d’une bombe. La réponse a fusé : les membres (FNPS, SNEP, Sacem, Apig, Procirep) ont unanimement signifié à la ministre que sa position n’était pas acceptable, estimant que le temps de l’action était venu, car la culture connaissait actuellement une situation de « guerre« . Dans ces conditions, le sentiment était que, alors que l’IA agit comme un prédateur, consommant les œuvres protégées pour l’entraînement de ses modèles, une position politique prônant la « neutralité » a tout d’une duplicité ! Chahutée, la ministre s’est carapatée pour rejoindre le conseil des ministres, après seulement une petite dizaine de minutes, laissant les participants médusés. La réunion du CSPLA s’est poursuivie comme prévu jusqu’à midi. La crise entre le monde de la Culture et les institutions gouvernementales n’a jamais atteint un tel niveau. À en croire ceux qui représentent ce secteur, elle serait la conséquence directe de la faiblesse politique de celle qui occupe actuellement le fauteuil de Malraux.
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