Étude Kurt Salmon : « le secteur de la musique est le seul à présenter un indice d’hybridation inférieur à son taux de digitalisation »

"Les effets de la force numérique sur la filière culturelle et créative sont entropiques : elle détruit de la valeur en même temps qu’elle en crée", nous dit l'étude de Kurt Salmon parue aujourd'hui, et commandée par le Forum d'Avignon. Mais le numérique crée-t-il plus de valeur qu'il n'en détruit pour l'économie de la culture ? La réponse est évidemment complexe, nous dit l'étude, expliquant que le numérique a multiplié les modèles économiques des différents secteurs de la culture, et que ces modèles interagissent non seulement avec le non-numérique, mais également entre eux (à ce sujet, voir l'étude montrant que le streaming fait à la fois baisser le piratage et les ventes de musique). Cela crée une "hybridation" plus ou moins grande des sources de revenus, que l'étude mesure dans un "taux d'hybridation" d'autant plus élevé que les sources de revenus sont nombreuses. L'étude utilise également la notion de "taux de digitalisation", qui représente les usages des consommateurs dans les différents secteurs : plus cet indice est élevé, plus les consommateurs se tournent vers le numérique pour obtenir les oeuvres en question. L'étude utilise ces indices pour comparer la situation actuelle des secteurs du cinéma, de l'édition, du jeu video et de la musique. Elle note que "le secteur de la musique est le seul à présenter un indice d’hybridation (41) inférieur à son taux de digitalisation (50%). En d’autres termes, les usages ont évolué plus rapidement que les modèles économiques. Si le public « consomme » majoritairement la musique de manière digitale (en l’achetant ou en y accédant via une plateforme de façon gratuite ou par abonnement), les revenus générés par les modèles économiques à l’œuvre au sein du secteur sont encore très concentrés". Les autres secteurs ont quant à eux un indice d'hybridation supérieur à leur taux de numérisation, ce qui signifie que leurs sources de revenus correspondent plus aux usages des consommateurs. Sans surprises, c'est le secteur du jeu video qui tire le plus de revenus du numérique en proportion, tandis que l'édition est bonne dernière, avec seulement 15% de ses revenus provenant du numérique.

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Source : étude "La filière culturelle et créative aurait-elle trouvé la formule pour se développer à l’ère du numérique ?Vers une nécessaire hybridation des modèles économiques pour soutenir et favoriser la culture", Kurt Salmon, février 2016.
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