Les albums indés se vendent mieux que jamais en Angleterre

arctic-monkeys-pic-getty-108573573-197343Les labels indépendants anglais ont atteint leur plus grosse part du marché des albums au Royaume Uni cette année, avec une hausse des ventes de 5 % sur les neuf premiers mois de l'année, contre une contraction de 4 % pour l'ensemble du marché.

La part du marché des albums détenue par les labels indépendants ne cesse de progresser au Royaume Uni et a atteint son plus haut niveau depuis le début des années 2000, à hauteur de 26,4 % sur les neuf premiers mois de 2013. Alors que l'ensemble du marché anglais s'est contracté de 4 % sur la période, les ventes d'albums indés ont progressé de 5 %, rapportait il y a peu Music Week, quand celles d'Universal Music sont restées stables (+ 1 %) malgré l'intégration d'EMI.

Le début des années 2000 avait pourtant vu le nombre de labels indépendants britanniques aux prises avec des difficultés augmenter, au point de voir certains se vendre à une major – comme V2 ou Zomba – ou disparaître. « Depuis lors, une nouvelle élite de labels indépendants a vu le jour ; ils sont devenus plus gros, à l'instar de Beggars Group ou de Domino, qui de 60ième plus gros label indépendant est devenu un des principaux acteurs du marché aujourd'hui, grâce à des artistes comme Artic Monkeys », explique le magazine anglais.

Pour les indés aussi la crise est passée par là, avec des ventes qui ont dévissé de 30 % depuis leur plus haut point en 2005 ; mais le marché global a reculé de 40 % dans l'intervalle. « La position des indés a été renforcée par la migration d'artistes comme Queen of the Stone Age ou Primal Scream dans leur giron, et par le nombre croissant d'artistes qui sortent leurs albums par des voix alternatives », considère Music Week.

Moindres records des ventes

11 des 100 meilleures ventes d'albums sont le fait d'albums indés en 2013, soit la meilleure performance de la décennie. Parallèlement, les ventes d'albums n'atteignent plus les mêmes sommets au Royaume Uni. Pour la première fois en trente ans, aucun album ne franchira la barre du million d’exemplaires vendus en 2013, avance The Guardian. La meilleure performance de l’année (600 000 exemplaires) revient à Emeli Sande, avec l’album Our Version of Events sorti l’an dernier chez Virgin (Universal), qui fut déjà le seul à se vendre à plus d’un million d’exemplaires en 2012.

Ces records de vente moindres ont certainement à voir avec la montée en puissance des indés, et sont le corrolaire d'une plus grande diversité du marché. Les labels indépendants britanniques sont notamment les premiers à profiter du regain de vigueur, outre-Manche, des disquaires indépendants, qui ont vu leur ventes d'albums croître de 44 % en volume au cours des six premiers mois de l'année, selon des données collectées par la compagnie Official Charts pour le compte de l'Entertainment Retailers Association. Ce succès a reposé essentiellement sur les ventes de vinyls, qui sont les seules à afficher un fort taux de croissance sur le marché physique.

Alors qu'un seul label indépendant figure dans le top 20 anglais des meilleures ventes d'albums au premier semestre 2013 (Stylus Records, avec l'album Graffitti On The Train des Stereophonics), ils sont 14 à se hisser dans le top 20 des disquaires indépendants. Et alors que ces derniers ne génèrent en moyenne que 5 % des ventes d'un album, cette proportion a été de 35 % pour celles de l'album Tomorrow's Harvest de Board of Canada, de 32 % pour l'album The Raven That Refused to Sing de Steven Wilson, et de 31 % pour l'album Silence Yourself de Savages.

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Rédigé par Philippe Astor

Journaliste spécialiste de l’industrie de la musique et d’Internet, collaborateur de Haut Parleur et co-fondateur d’Electron Libre.