USA : les jeunes boudent la télé payante

Le paysage audiovisuel américain, bien plus que celui de la France, est en train de se métamorphoser à vitesse grand V, les acteurs du web gagnant chaque jour du terrain sur les traditionnels groupes de télévision, trop chers et pas assez connectés.

Alors que les prix pour l'accès à un bouquet de télévision câblée devraient, aux Etats-Unis, atteindre 123 dollars par mois (!) en 2015 et même 200 dollars mensuels en 2020, les jeunes adultes (18- 34 ans) commencent, en toute logique, à abandonner ce modèle. Ainsi, un récent sondage mené par le site de réductions BluePromoCode.com montre que 35% des jeunes interrogés ont opté pour l'abandon de leur souscription à ces services de télévision traditionnels, délaissés en faveur de leurs quasi-équivalents sur le web. Il sont ainsi 5% des répondants à utiliser la VOD liée à un abonnement à un bouquet de télévision câblée pour regarder des films, contre 52% qui leur préfèrent un service en ligne. Et c’est Netflix qui décroche la palme du service le plus populaire, loin très loin devant ses concurrents (même si une étude affirme qu'il ne "cannibalise pas" la télé traditionnelle, d'ailleurs, Virgin Media vient de l'intégrer à ses TiVo en Grande-Bretagne.)

Le désamour des jeunes gens pour la télé câblée classique serait une question de prix, c’est certain, mais pas que. Car outre-Atlantique aussi le problème de l'accessibilité aux programmes via les terminaux mobiles se pose de façon de plus en plus urgente, au point que la compagnie Aereo, dont c’est le créneau, inquiète sérieusement les grands groupes établis, type CBS, PBS, ABC etc et vise déjà les 25% de pénétration en 5 ans. Et un nouvel acteur vient de naître ce jour avec l'annonce par DirectTV du lancement de "Play", qui propose pour l'instant quelque 5000 contenus, visionnables sur PC, smartphone ou tablette, mais n'a pas encore annoncé le prix de son service.

Cela dit, le modèle de la captation de programmes issus de chaînes payantes pour les transmettre, moyennant une petite somme, sur smartphone, ordinateur ou tablette, n'est peut-être pas promis à un si bel avenir. En effet, si Aereo a plutôt eu de la chance devant les tribunaux jusqu'à présent, ce n’est pas le cas de FilmOnX, un service similaire, qui s'est précédemment appelé "Barry Driller" (jeu de mot sur Barry Diller, boss de Aereo) mais aussi "AereoKiller" (pas besoin de traduction). Celui-ci a perdu, la semaine dernière, une énième bataille judiciaire contre les groupes de télévision qui estiment que leurs contenu sont pillés. De quoi redonner de l'espoir aux opposants à Aereo, qui peuvent penser que ce verdict influera sur la décision de la Cour Suprême sur le sujet, attendue en 2015.

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Rédigé par Diane Saint Réquier

Journaliste presse écrite, web, radio. Passionnée de politique, de culture et de nouvelles technologies.