Journalism Trust Initiative : la normalisation impossible, et non souhaitable, des médias
L’information n’est pas un produit industriel. Le pluralisme ne se certifie pas. Et un référentiel privé, qui n’a absolument rien à voir avec une norme ISO, ne devrait jamais servir d’étalon implicite prétendument objectif dans des politiques publiques qui concernent directement la liberté d’expression.
Sur son site, Reporters sans frontières (RSF) présente la Journalism Trust Initiative (JTI) comme « une certification de type ISO, transparente, neutre et globale, pour l’industrie de l’information », un dispositif destiné à « établir un standard global et neutre pour les médias dignes de confiance » et à « offrir aux citoyens un espace informationnel plus sain ». L’ambition est assumée : positionner la JTI dans l’imaginaire rassurant de la normalisation industrielle, symbole de rigueur, d’objectivité et de probité technique. Mais cette analogie, si efficace en communication, ne résiste pas longtemps à l’examen.
Soutien explicite de Paris et de Bruxelles
Avant même de se pencher sur le fond, un point politique mérite d’être posé : la JTI jouit aujourd’hui d’un soutien explicite, simultanément à Paris et à Bruxelles. Emmanuel Macron a récemment appelé à une forme de “labellisation” des médias, et la ministre de la Culture Rachida Dati a renvoyé directement à l’initiative…
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