Olivier Nusse plaide pour un nouveau pacte dans le streaming

Le secteur du streaming musical, en pleine croissance, doit faire face à la montée de l’intelligence artificielle (IA), qui pose des risques pour les artistes et leurs revenus. Dans un entretien aux Echos, Olivier Nusse, PDG d’Universal Music France, appelle à établir de nouvelles règles de rémunération lors de la France Music Week pour protéger les artistes authentiques, notamment en réponse à la proportion croissante de morceaux générés par IA sur des plateformes comme Deezer. Le patron d’UMG France plaide pour un « streaming 2.0″, où les plateformes valorisent mieux la musique réelle et luttent contre la fraude, tout en intégrant l’IA de manière transparente et éthique. « Nous souhaitons que les plateformes valorisent mieux ce qui est réellement consommé, qu’elles nettoient les masses de titres qui ne sont pas de la musique, qu’elles luttent contre la fraude et les copies, avec des morceaux qui imitent la voix de vrais artistes. Tout cela altère l’expérience et petit à petit, détourne la consommation« , souligne Olivier Nusse. Les plateformes ont déjà mis en place pour la plupart des modèles nouveaux de financement, avec la chasse au « bruit » et une sur pondération des revenus pour les vrais artistes. En parallèle, Universal Music est en négociation avec des startups générant de la musique par IA, en raison d’un litige sur l’utilisation de contenus protégés sans autorisation. Concernant la croissance future, Olivier Nusse évoque des offres de streaming premium adaptées à différents publics, et souligne que des genres émergents, comme la nouvelle pop, pourraient attirer de nouveaux consommateurs. Le streaming redonne aussi vie à des titres anciens grâce aux réseaux sociaux, et le merchandising représente une autre source de revenus, en particulier pour les artistes charismatiques. Enfin, l’évolution du live est marquée par la capacité de jeunes artistes à mobiliser leur communauté sur les réseaux sociaux, prouvant que la Gen Z valorise les expériences collectives.