Dernière bataille de chiffres à la commission sur l’audiovisuel public

La dernière audition de la commission menée par Jérémie Patrier-Leitus et Charles Alloncle a été consacrée à Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions. Le ton est vite monté entre la présidente et le rapporteur Charles Alloncle. La passe d’armes la plus notable a eu lieu à propos du montant reçu par France Télévisions de la tutelle. S’appuyant sur un rapport publié dernièrement par NPA Conseil, Delphine Ernotte a affirmé que l’audiovisuel public coûtait « 600 millions d’euros de moins » aux Français en « euros constants » depuis sa prise de fonction. De son côté, Charles Alloncle a fait mention des chiffres publiés par la Cour des comptes, qui ventile en effet les ressources de l’audiovisuel public. Dans les rapports publiés par la CDC sur son site web, il y a en effet les chiffres cités par Charles Alloncle, soit les ressources budgétaires publiques de FTV en 2015 et en 2024. Le premier est page 39 de ce rapport; il mentionne une dotation de l’État de 2 481 millions d’euros en 2015. C’est dans un autre rapport que l’on trouve, page 58, le montant pour l’année 2024, qui est de 2 616,7 millions d’euros. Il convient de noter que les ressources publicitaires du service public ont augmenté sensiblement à partir de 2021, passant de 373 à 426 millions d’euros selon les chiffres publiés par la CDC. 2024 fut encore plus une réussite du point de vue publicitaire, avec les JO, avec un chiffre d’affaires de 503 millions d’euros. Enfin, pour être complet, la CDC note que la dotation publique a fait un bond entre 2008 et 2009, année de suppression de la publicité, pour passer de 1 945 millions d’euros à 2 412 millions d’euros. Les recettes publicitaires en 2008 avaient atteint 619 millions d’euros. Les dotations de l’Etat sont un sujets sensibles pour FTV. Il est exact que Delphine Ernotte s’est démenée pour maintenir un haut niveau, et elle a obtenu des fonds pour différentes missions, notamment la numérisation des chaines et des services de FTV. Cependant, 2024 est bien une année de forte dotation, après plusieurs années de baisse, par exemple entre 2017 et 2022, où l’Etat a fait passer progressivement sa part de 2 548 millions d’euros à 2 366 millions d’euros. 2023 avait amorcé un léger rebond à 2 397 millions d’euros.