Clash à Cannes, Maxime Saada ferme le robinet

Maxime Saada est fâché. Le président du directoire du groupe Canal+  s’est exprimé devant les producteurs à Cannes : «je ne souhaite plus que Canal+ travaille avec les signataires de cette tribune. Si certains en viennent à qualifier Canal+ de « crypto-fasciste »… Cette mesure radicale est la réponse à une pétition dénonçant le « projet civilisationnel » réactionnaire que Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire, mènerait au sein du groupe. Maxime Saada, exprimant son indignation, a clairement indiqué refuser toute collaboration future avec les signataires, parmi lesquels figurent des personnalités comme Juliette Binoche, Raymond Depardon et Adèle Haenel. Cette décision intervient alors même que Maxime Saada réaffirme l’engagement de Canal+ envers le cinéma et son soutien au Centre national du cinéma (CNC), pilier de l’exception culturelle française. Il a d’ailleurs promis une augmentation des investissements du groupe dans la création cinématographique, tout en défendant Mediawan, cible de critiques politiques. Interrogé après cette déclaration du grand financeur du cinéma, Gaëtan Bruel, président du CNC, a d’ailleurs exprimé ses réserves. Sans cautionner les accusations directes des pétitionnaires sur l’influence de l’extrême droite ou de Vincent Bolloré sur le cinéma français, Gaëtan Bruel a rappelé l’importance fondamentale de la liberté d’expression. Il a également qualifié de « factuellement faux » l’argument selon lequel Canal+ aurait renoncé à soutenir la diversité du cinéma, tout en manifestant son incompréhension face aux accusations portées contre la chaîne.