Des intelligences artificielles (IA) sont désormais capables de rédiger et soumettre des articles scientifiques sans intervention humaine, comme le démontre le projet Agent4Science. Bien que cette avancée puisse sembler révolutionnaire, elle révèle plutôt les fragilités d’un système académique déjà sous pression, où l’impératif à publier entraîne une inflation du volume de textes dans la recherche, souvent au détriment de la qualité. Les IA intensifient ce phénomène en permettant une production rapide de textes et d’analyses, transformant le rôle des chercheurs qui deviennent superviseurs plutôt que producteurs directs. Cette évolution soulève bien sur des questions sur l’identité de l’auteur scientifique et la valeur de la connaissance produite sans conscience. Si les résultats générés par les IA peuvent être valides et utiles, leur absence d’implication éthique et réflexive pourrait transformer la science en une fonction technique. L’essor des IA représente ainsi un test pour la communauté scientifique, incitant à redéfinir les critères de valeur dans la recherche, en se concentrant sur l’impact et la robustesse des résultats plutôt que sur la quantité produite.